Tribunal de grande instance de Lyon, comparution immédiate du 09 août

Début de journée et première affaire plutôt complexe avec l’entrée de Pierre*, 20 ans, dans le box des accusés. La présidente commence par rappeler les chefs d’accusation retenus contre le jeune homme originaire de Tassin-la-Demi-Lune.

Un échange de SMS à double tranchant

Tout commence par l’après-midi ensoleillé du 28 juin, Pierre va à la rencontre de sa compagne, Julie*, âgée de 17 ans. Rapidement, les esprits s’échauffent et Pierre s’empare du téléphone de la jeune femme. La cause du litige ne serait autre que des messages envoyés à un autre jeune homme et qui auraient fortement déplu à Pierre. S’en suit alors une dispute virulente, et c’est là que Pierre va commettre l’irréparable en sortant un couteau de sa poche. Aveuglé par l’énervement, il aurait asséné un coup de lame au niveau du coude de sa compagne, entraînant un saignement abondant de la jeune femme. Prise de panique, Julie s’était alors enfuie. Pierre, de son côté, réalisant son acte, avait décampé et caché l’arme blanche dans une gaine d’ascenseur. Alertés par les cris de la jeune femme, des passants au loin avaient alors contacté les forces de l’ordre qui n’ont pas mis longtemps avant d’arriver sur place.

Après expertise des pompiers présents eux aussi sur la scène, la plaie présente sur la jeune femme indiquait bel et bien l’utilisation d’une lame. La présidente fait alors part de son désarroi. Pierre, quant à lui, se tient debout dans le box, la tête baissée et réplique « qu’il a perdu pied » et « qu’il s’est laissé emporter par la colère », ce qui n’a pas l’air de satisfaire la présidente. 

« Je ne me suis pas rendu compte de la gravité des faits »

Elle énonce par ailleurs le casier judiciaire déjà bien fourni du détenu, mettant en valeur la récidive du jeune homme, déjà inculpé pour violences aggravées avec une arme blanche six mois auparavant. En détention provisoire depuis le 30 juin, Pierre avait alors sollicité l’aide de son avocat, car il souffrait de multiples lacérations au niveau du torse. Compte tenu de ces faits et des antécédents du jeune homme, une expertise psychiatrique avait dû être mise en place. Le jeune homme avait effectivement un trouble du comportement minime, et marmonne à voix basse qu’il « ne s’était pas rendu compte de la gravité des faits ». Le tribunal ne s’est pas laissé attendrir pour autant, notamment à cause des dix mentions présentes dans le casier judiciaire de Pierre. La victime, de son côté, était représentée par un avocat au vu de son jeune âge, mais avait clairement fait savoir qu’elle ne souhaitait pas quelconque réparation au sujet de cette affaire. Peut-être par empathie, possiblement par peur a d’ailleurs signalé l’avocate de Julie.

L’avocate de la défense se lance alors dans sa plaidoirie. La tension est palpable dans la salle, la famille du prévenu, assise au premier rang, se tient la main. L’avocate a alors tenté d’émouvoir la présidente en évoquant les différents problèmes de santé mentale qu’éprouvait son client ainsi que les blessures qu’il a subies pendant sa détention provisoire. Le procureur, quant à lui, s’est montré bien moins tendre avec Pierre en rappelant qu’il était alors en cas de récidive et qu’il subissait une interdiction de port d’armes blanches. Une peine mixte de 36 mois d’emprisonnement, dont 18 avec sursis, une injonction empêchant Pierre de recontacter Julie, et enfin un suivi psychologique forcé ont été requis par le procureur.

Affaire suivante.

*Par soucis d’anonymat, les noms des prévenus et des victimes ont été modifiés.

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La rédaction

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