Le Palais de Justice des 24 colonnes, cour d’assises, du 14 au 16 juin

 

Le troisième et dernier jour de ce procès marque la fin de l’instruction pour laisser place au temps de réquisition pour le magistrat et l’accusé.

 

Après avoir pris conscience de la gravité de son acte, Jean* erre dans les rues de Rillieux. Il pense alors à se suicider. En empruntant la voiture d’un ami, l’accusé se rend à Miribel où il jette les sacs poubelles contenant les couteaux et ses affaires tachées de sang. Ces sacs n’ont jamais été retrouvés. C’est au troisième jour qu’il se rend à la gendarmerie. N’attendant même pas d’être reçu, il déclare à l’interphone avoir commis un meurtre.

 

L’avocat de la défense fait part de « l’humiliation » de Jean : « ce procès a essayé de démontrer qu’il avait menti pour en rajouter plus sur son sort ». Pourtant les faits sont là. Les actes de l’accusé envers la victime ont été d’une extrême violence : « Il s’est vu mourir ! » déclare l’avocat de la partie civile. Rien ne pourrait excuser son geste. A quelques mois du meurtre, ses deux précédentes incarcérations pour cambriolage, ne jouent pas en sa faveur. Malgré ses déclarations et ses excuses auprès des proches de Luc*, la version de Jean « est entourée de mensonges » d’après l’avocat de la famille. De nombreux doutes s’installent sur la sincérité de l’accusé qui justifie son acte en mettant un point d’honneur sur la légitime défense. Mais pour les proches de la victime, sa version ne tient pas debout. En plus de la disproportion évidente des coups entre les deux hommes, le handicap et la personnalité de Luc ne laisse pas de doute à la famille : Luc n’a pas pu porter le premier coup de couteau.

Le passé de Jean ne montre pas de volonté de remise en question. Alors qu’il avait trouvé un emploi quelques jours auparavant, « il continue le cannabis et ôte la vie à une personne » déclare l’avocat.

Jean s’était rendu chez Luc pour 100 grammes de cannabis qu’il vendait à 5 euros le gramme. La mauvaise qualité de l’herbe et le comportement de l’accusé ont coûté la vie à cet homme de 36 ans, père de famille.

 

Après deux heures trente de délibération la famille de Luc, qui pour la plupart réside à Sainte-Luce dans le quartier de Epinay-Grand-Fleur, prend connaissance du verdict du président de la Cour.

Déclaré coupable pour meurtre aggravé, Jean encourt 12 ans de réclusion criminelle.

Ce verdict ne convient pas à la famille bouleversée qui juge la peine comme n’étant pas à la hauteur de la cruauté des actes de Jean. Leur avocat demandera certainement l’appel.

 

*Les prénoms ont été modifiés.