Tribunal de grande instance de Lyon, comparution immédiate du mardi 24 avril 2018.

C’est devant une salle bien remplie et mouvementée entre les va-et-vient du public et des avocats, que se présente dans le box des accusés, Amine*, un franco-tunisien âgé d’une trentaine d’années. Amine comparaissait en ce jour pour agression sur deux contrôleurs TCL et deux agents de sécurité, ainsi que pour outrage aux forces de l’ordre. Malgré les faits qui lui sont reprochés, c’est un homme serein qui se présente dans le box. Un calme sans doute dû à l’habitude de ce dernier de se présenter en comparution immédiate. En effet Amine, ressortissant tunisien né à Béja, possède un casier judiciaire assez fourni : violence avec arme, usage de stupéfiants, un mois d’emprisonnement et divers autres outrages aux autorités. À l’annonce du protocole judiciaire fait par le juge, Amine décide d’être jugé immédiatement.

L’examen des faits peut alors débuter. Un dimanche matin à 6h30, alors que Lyon s’éveillait, Amine lui, était déjà dans un état d’ivresse prononcé. Après avoir consommé huit bières de 50cl chacune, rien ne présageait un dimanche matin paisible pour l’accusé. « Il vous arrive souvent de boire autant comme ça » demande le juge – « Non par forcément mais j’aime boire oui. Et les cannettes étaient de 33cl » dit Amine – « ça c’est vous que le dites mais rien n’empêche que ce sont huit cannettes d’affilé que vous avez consommées » rétorque le juge. Fort de s’être bien désaltéré, l’accusé s’est pris alors d’une envie pressante et c’est là que le dimanche matin d’Amine s’est animé. Interpellé par deux contrôleurs TCL en train d’uriner en pleine station de métro Bellecour, Amine très certainement dans un état tout sauf normal, s’est montré très agressif avec les contrôleurs. Le juge l’interpelle : « Vous trouvez ça normal d’uriner dans un lieu public ? c’est une infraction ! »« J’avais vraiment trop envie je n’ai pas pu me retenir » répond Amine. La partie civile prend alors la parole : « Ces deux agents des TCL ont pourtant indiqué à l’accusé que des toilettes publiques étaient disponibles à seulement quelques mètres mais monsieur Amine n’en avait que faire visiblement ».

S’en suit alors, un contrôle de la part des deux agents et une perte de contrôle pour Amine. Ce dernier s’est mis à porter des coups des injures et autres menaces de morts aux deux agents : « sales fils de putes je vais vous crever ! Je vais vous fracasser la tête avec un marteau ! ». Deux agents de sécurité sont intervenus afin de porter assistance aux contrôleurs. D’origine africaine, les agents ont eut droit à un « bande de sales nègres » de la part de l’accusé.

Les forces de l’ordre sont elles aussi intervenues quelques instants après afin d’embarquer Amine en cellule de dégrisement. Lors de sa garde à vue, ce dernier n’avait visiblement pas décuvé et s’est laissé aller à quelques insultes aux policiers : « C’est un délit de me casser les couilles, allez vous faire enculer ! ».

Une envie pressante donc, qui s’est conclue par une journée au poste de police et par une comparution immédiate. Au tour de la défense de plaider en faveur de son accusé : « Vous n’avez pas devant vous un délinquant, mais un malade. Constatez par vous-même l’attitude de monsieur Amine aujourd’hui, qui, malgré le fait qu’il soit jugé, est d’un calme olympien. Il y a tout simplement un vrai problème d’alcool dans ce dossier et il faut prendre monsieur Amine par la main et l’accompagner dans une obligation de soin. Il n’y a aucune utilité de l’envoyer en prison. Ce n’est pas là-bas qu’on soigne les personnes victimes d’alcoolisme ».

Un plaidoyer qui aura le mérite de faire réfléchir monsieur le juge et madame le procureur lors des délibérations. Une chose est sûre pour Amine, peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. Ce dernier risque un an d’emprisonnement et 15.00 euros d’amende.

Affaire suivante !

 

*Les prénoms ont été modifié afin de conserver l’anonymat.

La rédaction

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