Soom’street crew, un concentré de talents, mélangeant amitié et art, par des danses sur du Breakbeat. « Soom », comme le sous-marin, représente bien ce petit groupe solidaire mais solitaire de jeunes de 20 à 26 ans. Passions, voyages… Un membre du groupe détaille son aventure.

Un petit timide et élancé, Soirmi, 20 ans, rentre dans le local pour répondre à nos questions. Son style urbain s’assemble parfaitement avec le jeune danseur passionné qu’il est. Si un ami ne l’avait pas poussé à faire un stage avec le Pokemon Crew, Soirmi ne ferait pas partie, aujourd’hui de Soom’Street Crew. Avant eux, il s’intègre à un groupe se nommant Dreams Crew, qui finit par être dissous. Un échec qui s’est finalement bien soldé pour le jeune danseur, qui est intégré au sein de l’étoile montante du hip-hop. Un moyen de prolonger un héritage culturel qu’il tient de ses sœurs danseuses et de son père musicien. Soom’Street Crew semble arriver au bon moment pour le danseur. Un groupe dont il vante les mérites avec fierté.

« Soirmi, 20 ans » (crédit : Benoît )

La passion au cœur de leur union

Aujourd’hui, la bande est constituée de 2 garçons et d’une B-Girl. Anaïs, Djalim, Ilyes et Soirmi se déhanchent au rythme du Hip-hop, et parfois même du Jazz, en dehors de leurs heures de cours et de travail. Car, ces jeunes danseurs sont conscients que la danse est « un métier précaire » et qu’il faut « privilégier ses études pour avoir une sécurité». Alors, quand ils ne dansent pas, l’un d’eux prépare un bac professionnel en alternance, ou l’un étudie pour être animateur et les autres travaillent. Une activité qu’ils ne partagent pas avec leur famille, admet Soirmi : « Mes parents sont au courant depuis très peu de temps ». Une façon de vivre, plus simple pour ce dernier, pour ne pas inquiéter ses parents. Le corps humain reste fragile et Soirmi en est parfaitement conscient.

La bande lyonnaise, s’attribue petit à petit une réputation, grâce à ses nombreux spectacles. « Un jour, quelqu’un nous a aidé à nous mettre en association car il estimait que c’était beaucoup de travail et que l’on méritait d’être récompensé pour cela » explique Soirmi. Un geste qui leur a permis de mettre un pied dans le monde professionnel avec de nombreux contrats pour des mariages, des spectacles au théâtre et même pour des shooting photos. Depuis 2014, la date de création de l’association, le crew s’est fait une réputation, qu’il continue de défendre dans les rues de Lyon, notamment dans la rue de la République, près de Bellecour.

Photo « Soom’Street Crew » (crédit : Stephane Valotteau)

Repérer aux milieux des quartiers

Leur désir de performances ne s’étend pas seulement à Lyon. Ils ont déjà effectué des spectacles dans toute la région Rhône-Alpes, en allant de Annecy à Nice en passant par Cannes et Paris. Grenoble les a également pour des spectacles, dont un avec plus de 2000 personnes, et des concours comme « Grenoble Got Talent ». Ils ont également tenté leur chance au casting de « La France a un incroyable talent » mais n’ont pas été retenu. Une défaite qui ne les a pas démotivé pour autant, car ils continuent de vouloir se montrer à l’étranger, comme il l’ont fait à Milan ou encore en Espagne. Lui-même, Soirmi a essayé de conquérir la Martinique. Chaque déplacement signifie également un possible contrat à la clé, c’est pour cela que la bande ne lésine pas sur les moyens. Se faire connaître à l’étranger n’est-il pas le rêve de tous les artistes ?

Lyon reste la base de cette association qui s’entraîne parfois, avec les autres danseurs, devant les murs de l’opéra lyonnais. Une reconnaissance locale qu’ils ont essayé de faire partager par une qualification à la Battle de Vaulx-en-Velin mais dont ils sont ressortis demi-finalistes. Leur côté loup solitaire ne les empêche pas de côtoyer de nombreux danseurs lyonnais comme le célèbre B-Boy Lilou du Pokemon Crew.

Photo « Soom’Steet Crew » (crédit : Stephane Valotteau )

D’autres cultures afin d’évoluer

La passion l’emporte sur tout, car ce n’est sûrement pas pour l’argent que ces jeunes montrent leurs chorégraphies. Sans sponsors, seules leurs performances remplissent la cagnotte de l’association. Une trésorerie utilisée pour combler leur autre passion : le voyage. Des virées amicales mais aussi éducatives : « Voir d’autres danseurs, avec différentes façons de danser, nous permet d’évoluer » puis ajoute : « Je m’inspire de tout ce que je vois ». Des voyages, comme celui à Annecy, qui pour Soirmi est le meilleur moment car c’est là-bas que tout a débuté entre les quatre.

Ces autodidactes, qui se complaisent dans la fascination pour la danse, se sont forgés par eux-même et non-grâce à un entraîneur. C’est ensemble qu’ils créent leurs chorégraphies, s’occupent des costumes et de la musique. Un travail d’équipe qui n’a fait que renforcer les liens entre eux. « C’est super important d’avoir une bonne entente pour la cohésion du groupe » commente Soirmi. Un groupe qui s’est soudé sur des liens d’enfance ou d’autres plus récents et qui perdure par leur appétit commun de ce sport. Une amitié solide construite sur les fondations de ces premières vacances inoubliables à Annecy.

La bande des quatre jeunes n’en a pas fini avec leurs projets car, le 16 mai prochain se déroulera à la Duchère, l’évènement SOOM’S organisé en collaboration avec la MJC. Un groupe à surveiller de près..