Suite et fin de notre enquête sur le recyclage alimentaire en supermarché. Nous clôturons ce sujet avec une visite guidée de la Banque alimentaire du Rhône le jeudi 14 décembre dernier. Une visite organisée par son président Patrick Charvin qui a accepté de nous plonger dans les coulisses de la redistribution alimentaire au sein de sa structure solidaire.

 

L’impressionnant stock de la Banque alimentaire du Rhône. (Crédits : http://www.ba69.banquealimentaire.org )

 

« La Banque alimentaire du Rhône est une structure qui couvre tout le département du Rhône avec la zone de Vienne. Nous faisons parti d’un réseau qui s’appelle la Fédération française des banques alimentaires, créé en 1984. Il faut savoir qu’il y a soixante-dix-neuf banques alimentaires en France qui couvrent tout le territoire. Ici à Lyon, nous avons cent dix bénévoles pour neufs salariés seulement, car le grand principe de la banque alimentaire c’est de travailler sur le don. Ce que nous cherchons à faire, c’est récupérer la marchandise qui est en fin de vie, pour la donner à des associations, qui elles la redonnent ensuite à des personnes démunies, des étudiants, des travailleurs, des personnes âgées, des chômeurs, des migrants… des gens qui sont dans le besoin et parfois même dans une grande misère. Ce que nous ne voulons pas, c’est de participer à un circuit financier. Nous sommes complètement indépendants des Restos du Cœur, souvent on nous amalgame mais nous sommes deux réseaux complètement différents. Les Restos du Cœur font appel à la générosité de la population en demandant de l’argent, alors que nous historiquement nous avons toujours passé des contrats soit avec les grandes surfaces, soit avec l’industrie agroalimentaire, pour pouvoir récupérer des dons alimentaires. La banque de Lyon a été créé en 1986 et depuis cette date il y a des partenariats qui sont développés au fur et à mesure du développement du secteur alimentaire. Nos partenariats ont été passé avec toutes les enseignes GMS : Casino, Lidl, Leclerc, Carrefour, Auchan… Nous avons une flotte de sept petits véhicules et nous avons tous les jours trente points d’enlèvement sur la métropole, donc trente points de collecte, et nous récupérons la denrée qui est retirée des rayons de supermarchés. Il y a différents circuits, nous ne sommes pas les seuls bénéficiers, les Restos du Cœur le sont également, et d’autres associations aussi. Avec ces collectes que nous faisons tous les jours, nous ramenons ici près de quatre tonnes de produits par jours. Ces denrées sont triées produit par produit, c’est très important, pour être sûr que les dates limites de consommation soient encore bonnes. Nous sommes complètement liés à l’hygiène alimentaire et la chaîne du froid. La préfecture et les services vétérinaires contrôlent nos frigos, nos températures, pour s’assurer que la marchandise que nous donnons est en bonne état. Notre but, c’est vraiment de donner de la marchandise de qualité. »