Les lycéens de Lyon ont défilé ce vendredi entre la place Jean-Macé et la bourse du travail (place Guichard). Le cortège a réclamé le retrait des réformes touchant les futurs étudiants à savoir Parcoursup, le Baccalauréat et l’augmentation des tarifs pour l’entrée à la fac.

 

A 9h30, le cortège des lycéens de Lyon s’est mis en marche depuis la place Jean-Macé. Emmené par les Jeunes Communistes et protégé par le service d’ordre de la  CGT, il a emprunté l’avenue Berthelot. Au son des enceintes portables, crachant de la musique techno, il a tracé son chemin sans incident, excepté un jeune homme perché tout en haut de l’arrêt de tramway pour filmer.

Bien qu’unitaire du point de vue des arguments le mouvement a eu du mal à se coordonner. Excepté le tube principal de toutes les sortes de manifestation, « X t’es foutu, la jeunesse est dans la rue », il y eut peu de diversité et peu de rythme. Du côté des arguments sont visées les réformes du baccalauréat, la plateforme d’admission Parcoursup et la très décriée hausse des prix d’inscriptions en faculté pour les étudiants étrangers. Elèves de seconde, première générale et technologique ainsi que de terminale reprochent à Jean-Michel Blanquer de favoriser les quartiers huppés. Les craintes recueillies sont les mêmes que la veille à Bron pour ces élèves scolarisés à Juliette-Récamier (Lyon 2ème) ou à Charlie-Chaplin (Décines) dont il s’agit très souvent de la première mobilisation contre une loi. ils étaient également soutenus par les syndicats d’enseignants CNT et le SNES notamment représenté par le professeur de philosophie Benoît Schnekenburger, candidat insoumis aux élections européennes.

Des lycéens très imaginatifs pour leurs slogans. crédit photo : Hugo Dervissoglou / Lyon Bondy Blog

La tête du cortège avant le départ. Crédit photo : Hugo Dervissoglou / Lyon Bondy Blog.

Des incidents sur la fin 

Un premier mouvement de foule a eu lieu non loin de la manufacture des Tabacs mais ce n’est qu’arrivé sur le cours Gambetta que la situation a commencé à se tendre. Les premiers jets de grenades lacrymogènes irritent les yeux et les bronches. La foule se dispersent dans les petites rues alentours pour rallier la place Guichard, totalement bloquée par une compagnie de CRS. En attendant de pouvoir rejoindre le troisième étage de la bourse du travail pour assister à l’assemblée générale, les manifestants ont fait le pied de grue  devant la façade du collège Raoul-Dufy. Moment choisi par certains par certains pour prendre à partie les forces de l’ordre en lançant non pas des pavés mais des bouteilles de bière. A quelques minutes de la sortie des cours, la place est couverte des effluves de gaz lacrymogène, incommodant une jeune fille atteinte d’asthme.

A l’issue de la manifestation la préfecture a annoncé l’arrestation de 19 personnes pour violences urbaines et destruction de mobiliers urbains. Vingt autres ont été arrêtés à Bron suite à de nouvelles violences. A noter que l’assemblée générale a voté pour le blocage des lycées après avoir réclamé l’abrogation du Service National Universel et de la plateforme Parcoursup. Sous les applaudissements de la salle les orateurs ont réclamés l’injection de 3 milliards d’euros dans l’éducation.