Lors de son exposition picturale Fatima Azzahra, jeune artiste lyonnaise tente de dresser les murs de sa cité idéale. Impact visuel garanti !

A l’assaut de l’expo « On the wall » à Lyon dans une petite pièce mais intense visuellement. Fatima Azzahra, jeune artiste de 27 ans, expose ses tableaux pour « forcer le rire dans un monde qui ne rigole plus beaucoup », tétanisé par la perte de repères, la crise des valeurs et autres refrains relayés par la société moderne. Quiproquos picturale, images d’automates, délires obsessionnels et pulsions morbides, tout y passe. On a parfois l’impression d’interrompre une séance de psychothérapie, une parodie de la vie. « J’ai grandi dans la cité Tony Garnier, architecte moderne, un pionner de l’urbanisme. Les murs peints de la cité m’ont toujours interpellée, par leur diversité picturale mais également par leur taille. »

« Ces murs-là, on ne peut pas les ignorer. C’est dans cette cité aux murs colorés que j’ai grandi et que j’ai puisé certaines de mes inspirations. Aujourd’hui je souhaite présenter à mon tour les murs de ma “cité idéale” et susciter des émotions. Mes créations ressemblent à des schémas explicatifs comme pour résoudre des problèmes algébriques. Elles sont pleines de couleurs, de formes, de mots forts, de chiffres, de flèches… Chargées, agitées, parfois elles conduisent à une saturation visuelle. Je relis, je mélange, j’efface, je couds, je gratte. La spontanéité, la gestuelle et l’imaginaire sont les lois de mon univers. »

Cette jeune femme née à Lyon, de père et de mère marocain, a été bercée dans un environnement de créativité : son père ouvrier dessinait des portraits de famille, des dessins industriels, sa mère couturière (confection de robes, broderies marocaines…). Son entrée à l’école primaire est l’occasion de découvrir le monde des dictionnaires et des encyclopédies dont elle « ne me sépare plus. Ce ne sont pas les mots qui m’intéressent mais les illustrations et surtout les photos de peintures (notamment les peintures abstraites : Soulages, Klee, Kandinsky, Pollock). »

Malheureusement elle ne parviendra jamais vraiment à dessiner ce qu’elle voie, pas plus au collège que maintenant. C’est pour cela qu’à partir de 1996 « je me tourne vers la peinture abstraite. Mon imagination débordante peu enfin s’exprimer. Je produis mes premiers dessins avec des cartouches d’encres en utilisant sans le savoir la technique picturale du dripping (technique utilisé par Pollock). » Une période de boulimie productive « période ou je peins énormément, au premier jet, pas de brouillon, pas d’études. Je donne à mes peintures un titre, une date et même une heure. »

En 2001, dans le cadre d’un projet associatif, au sein de son université (IUT de Villeurbanne). Elle donne sa première exposition de peinture intitulée « L’envol » : une compilation de toutes ses créations ont ainsi été présenté au public. En 2004 Fatima part étudier l’anglais à New York. « Je profite ainsi du réservoir artistique de la ville (musée new-yorkais : MOMA, MET, Brook Ling Muséum, quelques galeries…) et me passionne pour la peinture abstraite américaine (les photos de peintures abstraites des dictionnaires sont vu en vrai).Durant cette période Je dessine avec la craie grasse une quinzaine de dessins figuratifs représentant des personnages imaginaires, le plus souvent tristes. »

Puis retour en France en 2006, où elle puisera des États-Unis une autre façon d’appréhender son art : « Cette fois-ci j’utilise les mots pour habiller ma peinture. Ce que je veux aujourd’hui c’est communiqué au melting-pot, je décide alors d’utiliser l’anglais (langue universelle). Je m’attaque enfin au grand format grâce à la récupération d’affiches publicitaires que j’utilise comme supports (la toile coûte cher et est difficile à conserver par manque de place). »

Puis les choses s’enchaînent : en juin 2007, lors de l’« Exposition 1981 » à la boutique Dope a Lyon de cinq de ses productions ; juillet, participation à la manifestation culturelle Muzz en fête ; octobre 2007, commande pour l’étranger et préparation d’un nouveau book. Et aujourd’hui l’exposition « On the Wall » pour celle artiste bientôt en haut de l’affiche !

Azzedine Benelkadi

Exposition « On the Wall »
3 juillet au 31 août 2008
Musée Urbain Tony Garnier – 4, rue des Serpollières Lyon VIII
Ouvert du mardi au dimanche 14h-19h
Tel : 04 78 75 16 75
musee@mutg.org

Fatima Azzahra Khoubba, azarart@hotmail.fr

Azzedine Benelkadi

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