CHRONIQUE FACEBOOK. Petite analyse des statuts et des commentaires des internautes français le soir du second tour des élections régionales sur le plus grand réseau social mondial.

Hier soir, à quelques minutes de l’annonce des résultats des élections, ma centaine d’ « amis » facebookiens semblait bien se désintéresser de cet événement national. Au final, sur mon mur facebook, seuls 3 de mes contacts faisaient allusion à leur civisme (ou non civisme). L’un d’eux a même posté une photo d’une petite fille votant à la place de son papa. Quant au second, il s’est évertué jusqu’au dernier moment à rappeler aux internautes qu’il était encore temps d’oublier le duel OM/OL pour se rendre aux urnes.

Paradoxalement, aux alentours de 18h, dans mon bureau de vote, de nombreux électeurs faisaient patiemment la queue pour déposer leur précieux bulletin dans une urne « funéraire » pleine à craquer. J’en déduis alors que les internautes français ne sont pas narcissiques au point de poster sur leur page, un beau et fier « A voté ! ». Sans doute craignent-ils de se voir retourner un « Ah ouais, c’est cool mais pour qui ? » – « Euh, ben pour le modem… » -« Dommage, leur liste a été éjectée au premier round ! » – « Non mais de tout façon, ça te regarde pas ! »… N’oublions pas qu’il est de mauvais ton d’afficher ses idées politiques sur le plus grand réseau social mondial.  Des recruteurs habiles pourraient s’en servir à nos dépens.

Je décide alors de prendre la température du côté des groupes et des pages des divers candidats et des partis politiques. Direction la page de Jean-Jack Queyranne, grand vainqueur de ces élections dans notre région. Pas encore d’explosion de joie mais des commentaires non modérés et bien salés d’une fan en colère. « Parce que y en a marre de voir les hommes ou femmes politiques qui se déchirent sans même penser au peuple… » Du côté du groupe des Jeunes Rhônalpins avec Françoise Grossetête, la tête de liste UMP, silence radio. Chez Europe Ecologie, pas de grandes réjouissances mais plutôt des remises en question sur l’alliance avec le Parti Socialiste. « J’étais contre une alliance avec le PS. Maintenant que le mal est fait, il faut continuer à soutenir EE pour la suite, s’engager et convaincre nos familles, nos amis, nos voisins que le projet de EE vaut le coup, pour qu’ils n’aient pas à nous refaire une mauvaise surprise en s’alliant avec le PS avant les présidentielles. » Sur la page du Front National, qui compte près de 9000 fans, on étale des petits cœurs et des « bravo Marine ». Et sur celle de l’UMP, quand certains affichent leur déception, d’autres proposent de « rejoindre le château en Alsace », l’une des seules régions où la droite a vaincu. Les commentaires sont tout de même rares, d’un côté comme de l’autre.

Peut-être y a-t-il plus de grain à moudre du côté des stars de ces régionales 2010 ? Comme pour vous, cher lecteur, le premier nom qui me vient à l’esprit est celui de George Frêche, tête de liste polémique de la région Languedoc-Roussillon. Bingo !  Sur sa page, les commentaires et les posts d’auto-congratulations affluent. « Ce soir le Languedoc a gagné, merci ! » – « Frêche plus fort qu’en 2004 » – « George Frêche l’emporte haut la main » – « Très nette victoire de George Frêche »… Voilà ce qu’on peut appeler une web promo politicienne bien orchestrée.

 

Malgré cette exception languedocienne, l’engouement pour le second tour des élections régionales reste bien faible sur Facebook.  Un bilan qui devrait être sans aucun doute bien différent lors des échéances électorales de 2012…

 
Crédit photo : Flickr lebeaupinagnes

Auteur : Pascale Lagahe

 

La rédaction

Crée en 2008, la rédaction du Lyon Bondy Blog s'applique à proposer une information locale différente et complémentaire des médias traditionnels.