Qui a dit qu’il ne fallait pas mélanger vie privée et vie professionnelle ? Jules Chignac, Gaspard Mariotte et David Fofana nous prouvent le contraire avec leur marque « 6.9.5 ». Du streetwear avec une identité bien propre, celle de Lyon et plus particulièrement du 5e arrondissement. Le lieu où ils se sont tous rencontrés, il y a une dizaine d’années et qui leur inspire les créations. Cela va du pull avec le 5 dans le dos, agrémenté d’endroits emblématiques comme Fourvière ou d’autres plus personnels, jusqu’aux t-shirts avec des designs originaux, d’inspirations diverses. Le Lyon Bondy Blog les a interviewés.

Comment vous est venue l’idée de 6.9.5 ? Comment vous vous êtes rencontrés ?

Disons que nous avons toujours eu dans l’idée de monter notre propre marque, du moins entreprendre un projet concret et aller jusqu’au bout de la chose. Nous avons toujours accordé de l’importance à l’habillage, aux vêtements, nous étions obligés d’essayer quelque chose qui nous est propre. Ça a commencé par le montage de vidéos avec nos iPhone sur notre train de vie, les moments que nous avons vécu avec notre équipe, les voyages que nous avons faits, ce qui nous a marqué. Tout ça sur des musiques qu’on aimait. Les vidéos étaient postées sur une page Instagram « 6.9.5_ » tout en ayant l’idée d’en faire une marque un jour, c’est comme ça qu’est né le projet. Et même si aujourd’hui officiellement nous sommes trois à entreprendre ce projet, il implique tous nos amis. C’est ce qui fait notre force aussi, nous sommes un groupe qui touche-à-tout, tous dans différents domaines, de quoi avoir des inspirations de partout et mettre en œuvre les compétences de chacun. Sur la rencontre, c’est facile, c’est comme si nous nous étions tous connus depuis toujours. Pour la plupart, nous nous sommes rencontrés au collège Saint-Just, 5e arrondissement. Nous avons grandi ensemble, nous nous sommes côtoyés au lycée, et toujours maintenant.

 

Pourquoi « 6.9.5 » ?

Gaspard :  6.9.5 ça représente tout simplement le département d’origine de la marque. 69 c’est le département du Rhône où se situe Lyon, et le 5 signifie le 5ème arrondissement.

Jules : Nous devions le représenter au mieux, par rapport à notre lien avec, les souvenirs que nous avons. Qui plus est, c’est l’arrondissement le plus grand de Lyon, il est marqué d’histoires.

 

Comment vous voyez votre lien avec cet arrondissement, plus particulièrement le quartier de Saint- Just ?

David : Une majeure partie de nos amis vient de là-bas, même si évidemment ce n’est pas le cas de tout le monde. Nos soirées, nos fous-rires, pour ma part, tout s’est passé dans le 5e, ma mère et mon père y vivaient. Mon lien personnel est familial, même si je pars, que je voyage, j’ai vraiment envie d’y revenir.

Gaspard : C’est particulier, certains sont partit vivre dans d’autres coins de Lyon, parce que nous avons nos activités à côté mais nous nous retrouvons là-bas très régulièrement.

Jules : Je suis vraiment très attaché au 5ème, je pourrai faire ma vie là-bas. Mais il faut bien voir ailleurs de temps en temps sinon tu gardes une vision restreinte du monde. Si demain, je devais quitter Lyon pour une durée indéterminée, ce serait pour mieux revenir dans le 5ème par la suite, obligé.

 

En quoi consiste votre marque concrètement ?

Jules : Les premières pièces qui sont apparus nous avons mis un cinq sur le dos d’un sweat, il est brisé en plusieurs parties, chacune d’entre elles représentant un endroit qui nous a marqué dans le 5e où nous avons passé du temps. Nous avons réuni nos idées pour faire ce pull, ensuite Gaspard qui est notre dessinateur nous a fait les dessins.

Gaspard : Le concept est assez simple dans le sens où nous voulons que ça reste vrai et naturel, que ça nous parle. Pour l’instant, la marque a 2 types de collections : une collection permanente (c’est le point de départ de notre travail.) avec le logo du cinq, comme le disait Jules, intitulée « OG Cinko ». Elle est déclinée en plusieurs couleurs et plusieurs modèles de t-shirts et sweat-shirts. Également une collection d’éditions limitées, qui concerne des créations plus ouvertes : les 2 t-shirts « Duo » et « Mac », un noir, un blanc et bientôt de nouveaux modèles.

David : Nous visons d’autres horizons mais toujours en concordance avec la marque. Simple, représentative de Lyon, nous voulions mettre la ville en avant, pas seulement le 5e. A long terme cela doit évoluer.

Pull “Og Cinko”, issu de la collection permanente

Est-ce que le laps de temps entre l’apparition de cette idée et sa réalisation était long ? Ou vous vous êtes mis au travail rapidement ?

David : Il me semble que pour la première idée du pull, j’avais demandé à Gaspard de faire un logo, un cinq, j’avais vu un graffiti avec des morceaux de briques où l’on voyait un paysage, je lui ai demandé de faire le même concept mais avec un cinq dedans. Le talent a parlé et quand j’ai vu le rendu, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire, un pull par exemple. À la suite de ça Gaspard a mis le dessin au propre, l’a vectorisé pour l’imprimer en sérigraphie, je pense que c’est l’étape essentiel, qui n’a pas pris beaucoup de temps. L’étape la plus longue, c’était entre les vidéos et l’idée de faire un pull, je pense que ça a duré plusieurs mois. Même plus d’un an. Mais après cela ça s’est enchaîné malgré nos emplois du temps respectifs.

Jules : Nous avons d’abord fait des sweats juste pour nos proches, à force de les porter on a donné envie à du monde, c’est là que nous en avons fait en plus grande quantité pour permettre l’accès à qui le voulait.

 

Si vous deviez garder les étapes essentielles de création, quelles seraient-elles ?

Gaspard : Je dirais qu’il y a 4 grandes étapes concernant la création. D’abord le concept du modèle, l’idée de ce que l’on veut représenter. Ensuite, le choix des textiles correspondant. La troisième étape a été, elle me concernait particulièrement, de faire le dessin, tous les modèles sont dessinés à la main auparavant. Et enfin la sérigraphie, les graphismes sont imprimés en sérigraphie manuellement à Lyon.

 

Comment vous est venue l’inspiration pour les designs présents sur les pulls ?

Jules : Nous avons choisi le « Jardin des curiosités », « L’Abbé Larue » pour les locaux, nous avons passé du temps là-bas, que ce soit pour jouer au football ou pour se retrouver entre nous. Nous avons également choisi la pizzeria « Pizz’ Délice » juste à côté de là où j’ai grandi, une des meilleures pizzerias de Lyon encore aujourd’hui. Ensuite, il y a l’épicerie juste en face de là où je vivais, c’est un peu là où tout le monde passe, là où nous nous rejoignons, c’est des amis qui la tienne. Et enfin la basilique Fourvière, lieu historique où le panorama est presque aussi impressionnant qu’au Jardin des curiosités.

David : L’idée de base était de prendre quatre lieux représentatifs, qui nous tenait à cœur, deux lieux vraiment connus des gens du 5e, même de Lyon en général. Après nous avons choisi deux lieux plus personnels. L’idée de les mettre sur nos vêtements est venue vraiment naturellement.

Gaspard : Ensuite j’ai réfléchi à une composition de manière à ce que le tout forme la silhouette du « 5 ».

 

Vous avez rencontré des difficultés particulières jusqu’ici ? Ou tout s’est fait de manière assez fluide et naturelle ?

David : Nous n’avons pas eu trop de difficultés, que ce soit au niveau de la création des pulls, nous avons voulu faire ça de manière locale, pour la sérigraphie par exemple. Nous avons rencontré Jordi, qui a son entreprise, quelqu’un de super sympa, le feeling est passé très facilement. Ça rend les choses plus simples, que ce soit au niveau de l’entente générale et de l’honnêteté entre les deux partis, si quelque chose ne semble pas bien, il nous le disait clairement. L’autre difficulté cela a été au premier événement, dans un bar, nous ne savions pas où nous mettions les pieds. C’était une sorte de showroom et la chance nous a souri. Gary, qui est le propriétaire du bar « La Pêcherie », nous a fait confiance aussi parce qu’il avait des doutes légitimes. Cela s’est super bien passé, il y avait du monde, beaucoup de nos proches. Sur le moment, certaines personnes qui prenaient un verre, ont apprécié, nous ont encouragé et disaient qu’ils trouvaient que les dessins étaient beaux.

Gaspard : Je dirais que tout s’est fait de manière assez naturelle, donc pas trop de difficultés pour l’instant, à part le Covid-19 qui est arrivé au moment où nous allions organiser notre deuxième événement.

Jules : Franchement, comme on s’entend super bien tous les trois nous avons toujours réussi à nous mettre d’accord sur les idées, et bien se répartir les tâches, comme le dit Gaspard, tout au naturel. Après, il nous reste encore pleins de truc à mettre en place, en espérant que comme jusqu’ici tout se passe pour le mieux par la suite.

 

Comment vous avez mis la marque en avant ?

Gaspard : Pour l’instant nos seuls moyens de communications sont Instagram via la page 6.9.5, ainsi que Facebook. Toute la collection est disponible sur le site. D’ailleurs, il y a une nouvelle page 695clip où l’on va continuer de mettre des vidéos aux formats courts et pleins d’informations telles que les prochains événements, les nouveaux modèles. Ça passe aussi beaucoup par le bouche à oreille au départ.

Jules : Nous essayons de mettre du contenu pour que les gens suivent et ne se désintéressent pas du projet. Mais comme je t’ai dit aussi, nous sommes en train de mettre en place pleins de choses pour encore mieux la mettre en avant, pleins d’idées qui sont en train d’être réalisées et qui vont arriver.

David : Ça passe aussi par des connaissances personnelles que nous avons qui relayent nos actualités.

 

Vous avez eu des retours sur les produits ? Le concept en général ?

Jules : Que des retours positifs, que ce soit sur les dessins ou sur la qualité des produits. Donc c’est cool, ça fait plaisir à entendre. Même si aujourd’hui, les retours viennent principalement de gens que nous connaissons, c’est sûr.

David : Ces retours nous ont poussés à continuer car nous étions en phase test à chaque fois. Pour l’anecdote, dans mon école, je portais un pull, et on vient me voir en me disant « Tu portes le même pull qu’un ami à moi, c’est une connaissance qui les fait » je ne lui ai même pas dit que cette connaissance, c’était moi. Mais c’est ce genre de moments, tout simples, qui motivent.

 

Quels sont vos aspirations pour la suite ? Notamment en termes de développement de la marque ?

Gaspard : Pour la suite nous comptons faire une série de nouvelles éditions limitées sur un même thème qui arrive, je peux pas trop en dire plus pour le moment, le premier modèle ne va pas tarder. Aussi, dès que nous pourrons de nouveau faire notre événement, à la suite du confinement. La collection permanente va probablement avoir des nouvelles déclinaisons.

David : Les aspirations pour la suite c’est de continuer ce que nous faisons, ne pas déroger à notre fil directeur. En termes de développement, nous pensions à faire des survêtements, cela n’est pas encore totalement défini. L’idée est là. Nous voulions créer un vêtement plaisant pour tous, ne pas seulement coller un logo sur du textile. Le concept de la soirée reportée par exemple, qui consiste à prendre des voyages que nous avons fait, postés sur notre page Instagram, à l’étranger ou en Europe. En fonction de ces voyages-là, nous voulions faire des soirées en lien. Enfin, continuer à prendre du plaisir et faire plaisir aux autres évidemment.

Jules : Maintenant que nous avons bien représenté le 5e, il faut pouvoir atteindre plus de personnes. Faire des sweats aux inspirations du 5e, même si nous sommes vraiment super satisfait d’avoir mis ça en place, c’est aussi se restreindre, il faut voir plus loin. Le but, c’est de faire des pièces plus ouvertes, qui peuvent intéresser toutes sorte de personnes, inspirés de nos voyages, et de notre quotidien, avec les meilleurs dessins de Gaspard. Également, communiquer plus régulièrement dessus, notamment grâce à des événements, ou des opportunités comme celle-ci, c’est le premier média qui parle de nous et ça fait plaisir, merci !

Retrouvez le lien de leur site ici, ainsi que celui de leur page Instagram en cliquant .