A Lyon, sur la place Jean Macé située dans le 7ème arrondissement. Un bus pas comme les autres s’arrête chaque mercredi pour offrir café, vêtements et surtout un moment d’échange.
Derrière cette initiative, le « Bus du partage », porté par l’association Réflexe Partage, ne se revendique ni sociale ni dispositif médical. Son objectif est de récréer du lien humain avec des personnes en situation de précarité, souvent invisibilisées, en leur offrant un espace d’écoute et de bien être.
Une initiative née de l’engagement
À l’origine du projet, Gérard Pascal, engagé depuis une dizaine d’années sur cette place. Avant de lancer cette action à Lyon, il a participé à des missions humanitaires à l’étranger, notamment au Mali, en Roumanie et en Mongolie. Une expérience qui a façonné sa vision : agir localement, au plus près des besoins, avec des moyens simples mais concrets.
Le principe du « Bus du partage » est d’être accessible à tous. Chaque mercredi, il permet d’accueillir environ une trentaine de personnes par jour. Café, thé, viennoiseries, pain : les produits sont proposés selon les dons reçus. Les bénéficiaires peuvent également demander des vêtements, toujours en fonction de ce que les donateurs ont apporté.
Un lieu d’échange avant tout
Mais ici, l’essentiel n’est pas uniquement matériel. « Le but, c’est de rencontrer les gens, d’échanger avec eux », explique Gérard Pascal. Contrairement à d’autres dispositifs, le bus ne propose ni accompagnement médical ni suivi social. Il se positionne plutôt comme un point relais, capable d’orienter, si nécessaire, vers des assistantes sociales ou d’autres structures adaptées.
Au fil des années, l’initiative s’est développée dans plusieurs villes, comme Châteauroux, Aix-les-Bains, Caudebec-lès-Elbeuf ou encore Tours tout en conservant le même objectif : recréer du lien là où il s’efface. À Lyon, elle bénéficie notamment du soutien de la mairie du 7e arrondissement, qui accompagne l’action.
Occasionnellement, le « Bus du partage » organise des journées dédiées au bien-être. Coiffeurs, masseurs, kinésithérapeutes ou encore sophrologues interviennent pour offrir aux bénéficiaires un moment de détente, d’écoute et de valorisation. Une manière de rappeler que la précarité ne se limite pas aux besoins matériels.
Une solidarité humaine avant tout
Les bénévoles jouent un rôle central dans ce dispositif. Majoritairement retraités, ils s’inscrivent dans une démarche de long terme. L’association ne cherche d’ailleurs pas à multiplier les recrutements ou les donateurs, mais plutôt à fidéliser ses équipes, afin de garantir une présence régulière et des relations durables avec les personnes accueillies.
L’accueil est au cœur du projet. Sur place, chacun est reçu avec bienveillance, dans un climat de respect et de simplicité. L’objectif est clair : permettre à chacun de trouver une écoute, un échange, parfois un simple moment de répit dans une situation souvent difficile.
« On veut remettre de l’humain », résume Gérard Pascal. Une ambition modeste en apparence, mais essentielle pour ceux qui franchissent les portes du bus.





