Romain Blachier, adjoint LREM à la culture et au numérique du 7ème arrondissement, a accordé une interview exclusive au Lyon Bondy Blog. L’occasion de faire le point sur le retour de Gérard Collomb.

 

“Est-ce que les événements de l’été (affaire Benalla…) ont eu raison de la carrière de ministre de Gérard Collomb ?

Je pense que c’est plutôt l’inverse. Gérard Collomb voulait déjà rentrer et l’affaire Benalla a différé son retour. Il était question avant l’affaire qu’il revienne avant l’été.

Il était question avant l’été d’un retour ?

L’affaire Benalla a contribué à retarder son retour. Il ne voulait pas donner l’impression de partir car il y avait une affaire en cours. Il devait l’annoncer à ce moment-là, puis l’avait prévu pour les Européennes.

L’image de Gérard Collomb peut-elle être écornée par cette démission ?

C’est plutôt une preuve d’indépendance d’arriver à choisir son destin. Quelque part lorsque vous regardez les bagarres pour les postes de ministres, ou moins que ça, et qu’il revient, qu’il se dévoue pour sa ville, c’est quelque chose d’intéressant.

Sous quelle étiquette peut-il se présenter à la mairie ?

Avec quelle étiquette s’est-il présenté la dernière fois ? Pas celle du PS. Il ne s’est jamais présenté sous l’étiquette d’un parti. (NDLR : Gérard Collomb était bien tête de liste Union de la Gauche en 2014 et 2008). Dans le cas contraire il faut expliquer pourquoi il y a 7  groupes différents au sein de la majorité municipale. Vous avez des gens qui sont En Marche et d’autres non. Comme avant, il y avait des PS et des non-PS (NDLR : C’était une liste d’union de la gauche avec le PCF, EELV ou le PRG). Les deux premières fois, il n’avait pas l’étiquette PS  et ça lui a souvent été reproché. Si on met une étiquette, il faut faire disparaître les 7 groupes de la majorité qui n’ont rien à voir avec ça.

Gérard Collomb peut-il parvenir à rassembler comme il l’a fait auparavant ?

Oui, bien sûr. Il faut éviter de faire quelque chose qui a été faite très souvent par le passé qui était d’inventer des partis. Il y a un certain nombres de partis politiques à Lyon qui ne servent à rien. Il faut arriver avec du sang- neuf dans tout ça et sortir d’une politique de notable.

Pensez-vous que les élus qui l’ont critiqué pourraient se rallier à lui ?

Vous pourriez me citer le nom d’un élu de la majorité qui l’aurait critiqué ? Il y en a dans l’opposition mais même David Kimmefeld n’a pas critiqué son retour. Regardez ses interviews : il dit qu’il veut jouer un rôle. C’est un excellent président de Métropole. Il a raison de vouloir jouer un rôle, c’est légitime, mais il n’a jamais dit que son retour était une mauvaise chose. Personne ne lui a jamais demandé de rendre son siège à Gérard Collomb.

D’après nos informations, vous seriez tête de liste dans le septième arrondissement, est-ce déjà fait ?

Ça signifie que j’ai une certaine crédibilité et je m’en réjouis. C’est un peu tôt pour y penser. Si ça revient souvent, c’est que je bouge beaucoup, que je suis visible sur les réseaux sociaux, que je suis sur le terrain. Je n’ai rien négocié, c’est trop tôt. Ensuite, il faut voir quel est le projet, l’équipe. Tout est envisageable. J’ai des projets professionnels, j’aime ma liberté de parole. Ma maire d’arrondissement, Myriam Picot, fait du très bon travail. Je ne pense pas à prendre sa place.”