L’association Idir Espoir et Solidarité et le Réseau d’Entraide Vérité et Justice appelaient à une mobilisation nationale ce dimanche 30 mai contre les violences pénitentiaires. À Lyon, le rassemblement s’est déroulé place Bellecour dès 14h.

Rassemblement national contre les violences pénitentiaires à Lyon, dimanche 30 mai 2021. Crédit : Kenza Sammari

Idir, 22 ans, est décédé en septembre 2020 au mitard de la maison d’arrêt de Lyon Corbas. Pour ses proches, il est difficile de croire que la prison n’y est pour rien. « Pas de justice, pas de paix. » sont les mots de la mère de la victime qui a participé à l’organisation du rassemblement où les prises de paroles et témoignages se sont succédé. Une minute de silence a également été observée pour Idir mais aussi les autres victimes.

Les quartiers disciplinaires remis en cause

En organisant ce rassemblement, les familles souhaitaient montrer qu’elles poursuivent leur combat contre les violences pénitentiaires mais également les morts en prison et les mitards. Les quartiers disciplinaires où se trouvent ces mitards sont fortement montrés du doigt.

« Le mitard, c’est la prison dans la prison. » lance un manifestant. Le mitard est l’endroit où les prisonniers sont envoyés par l’administration pénitentiaire pour être sanctionnés suite à une faute. Ce lieu d’isolement est une cellule de prison spéciale pour placer les prisonniers à l’écart des autres. Il est remis en cause par de nombreuses familles de prisonniers qui y ont perdu la vie comme Ralph Haouda, mort au mitard de la prison de Grasse le 28 juillet 2001 ou encore Amara Fofana, mort au mitard de la prison de Réau en 2019.

Reconstitution d’un mitard place Bellecour. Crédit : Kenza Sammari

D’autres familles de victimes étaient elles aussi présentes en soutien comme celle de Babacar Gueye, tué de cinq balles par des policiers la nuit du 2 au 3 décembre 2015 à Rennes. L’évènement a vocation à devenir un rendez-vous annuel pour faire entendre les voix des prisonniers et celles de leurs proches qui ne veulent plus de victimes.

Kenza Sammari