Candidat des verts à la présidence de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard est l’un des favoris de cette course. Le Lyon Bondy Blog l’a rencontré.

Qu’est-ce qui a bloqué pour avoir une liste plus large à gauche ?

Mais rien n’a bloqué. Nous avons réuni nos écologistes, nos binômes têtes de listes de la Métropole. Sur les 14 circonscriptions, on a plus de gens qui sont pas EELV que de gens qui le sont. On a les gens qui ont organisé les marches pour le climat, des anciens présidents de la Ville à Vélo, des militants anti-pubs, des militants de la biodiversité, de la cause animale, de la défense des droits sur l’accueil, sur les biens communs. On voulait réunir le monde de l’écologie du quotidien au sens très large. On ne voulait pas faire d’accord d’appareil. Tout le monde voit des listes EELV, mais nous avons voulu faire des listes écologistes au sens très large.

J’ai vu par exemple la liste de Villeurbanne où ils ont réuni tous les partis de gauche aux municipales. Ils ont 20 premiers membres du PS, du PC, de FI, membres de je sais pas qui. C’est ça leur liste : un dispatching entre eux. Je l’ai fait pendant d’autres élections, je sais comment ça marche. Entre les étiquettes politiques de postes, quelle est la cohérence des compétences ? Quelle est la représentation sociétale de cela ? C’est celle des partis politiques. On n’a pas du tout voulu faire quelque chose comme ça, on a écarté cette hypothèse dès le début. Donc il n’y avait pas de volonté de faire autrement pour nous au premier tour.

Est-ce que vous pensez que le positionnement droite/gauche est encore pertinent ? La liste EELV dépasse-t-elle ce clivage ?

Quand on demande aux Français si le clivage gauche droite est dépassé, je crois qu’ils répondent à 75 % qu’il est dépassé. À partir de là il faut s’adapter au sens. Je connais mes valeurs, c’est celles de l’accueil, de la solidarité, de la défense du vivant. Contrairement à d’autres à gauche, on continue à tenir sur nos valeurs. Pas d’ambiguïté sur ce qu’on veut. L’enjeu est qu’il y ait de plus en plus de gens qui viennent vers l’écologie, pas de savoir d’où ils viennent. Personne ne nait écologiste, on le devient. Aujourd’hui le clivage est entre les écologistes et les productivistes, y compris la social-démocratie qui a un vrai sens avec des vrais avancés au 20e siècle. Le principe était quand même d’avoir une augmentation des richesses permanentes et de voir comment les distribuer, avec même un accord tacite entre le patronat et les syndicats. Ce qui compte c’est que nous nous mettions d’accord sur la redistribution. Tout s’effondre en termes de modèle économique et sociétal. Donc on est forcément sur autre chose aujourd’hui. Après mon cœur est à gauche, il n’y a aucun doute.

Y a-t-il eu des négociations avant le dépôt de vos listes ?

Je n’ai eu aucune discussion. J’ai croisé par exemple Renaud Payre (candidat gauche unie aux métropolitaines, Directeur de Sciences Po Lyon NDLR) dans des débats. J’ai dit que s’il veut qu’on se voie, on pouvait naturellement se voir. Je n’ai pas de souci à discuter avec les gens, ça ne veut pas dire qu’on fera ensemble. Je trouve normal en politique de discuter dans un cadre républicain avec tous ceux qui le souhaitent.

Comment voyez-vous la relation entre le président de la métropole et les maires des différentes municipalités, notamment de Lyon ?

Je pense qu’il faut essentiellement travailler avec les communes. Il y a encore du logement social qui n’a pas été fait dans des communes et qui aurait dû être fait. Parfois une piste cyclable n’est pas faite parce que le maire n’est pas d’accord. Les exemples sont nombreux donc le lien existe. Il faut continuer à ce qu’il existe, car cette proximité est importante.

Il faut donc travailler avec les 59 maires, y compris les maires d’arrondissements (de Lyon NDLR). Mais il faut aussi que les conseillers métropolitains élus en circonscription deviennent des interlocuteurs naturels des citoyens et qu’on crée un nouveau contact. Ce sont eux qui sont élus donc c’est à eux de rendre des comptes. Il faut qu’ils fassent des permanences dans leur circonscription. Les maires sont donc pour moi un élément important. Mais je souhaite, une fois qu’on a décidé d’une politique publique et qu’on l’a portée devant les électeurs, que l’on puisse l’appliquer.

Quelles idées innovantes avez-vous concernant les transports dans la métropole ?

L’objectif est qu’on arrive, dans la décennie qui suive, à supprimer tout pic de pollution dans la métropole. Notre volonté est de préserver le climat et de supprimer cette pollution. C’est notre objectif premier. Pour cela, notre analyse, peu originale, c’est de dire qu’il faut donner des alternatives à la voiture pour que les gens puissent avoir le choix de ne pas prendre leurs voitures. Et dans les 59 communes, il y a une question de pollution, mais aussi d’inégalités territoriales et de mobilité. Ceci donne deux types d’actions.

À court terme, avec un impact rapide, sous 24 mois. Et des actions en mobilité qui sont de plus long terme parce qu’évidemment quand vous faites un tramway et un métro, cela ne prend pas 24 mois. On doit avoir la mobilité d’ici 2024, pour tout le monde, c’est ce que souhaite l’Europe.

Je vois à 24 mois, à 6 ans et à encore plus long terme. En 2022/2023, il faut qu’on ait changé les choses et que l’on voie une différence. On oublie souvent la marche, mais on peut également faire un plan piéton métropolitain. Il y a encore beaucoup de déplacements en voiture pour un kilomètre ou deux, c’est un peu incompréhensible. Même pour amener les enfants à l’école, qui n’est normalement pas très loin du domicile.

Les enjeux ne sont pas les mêmes au centre de l’agglomération qu’en dehors, où il y a quand même des endroits sans trottoirs. C’est-à-dire qu’il y a des endroits dans l’agglomération ou lorsque l’on fait 1,5 kilomètre, il faut être en voiture pour être en sécurité.

Si on ne peut pas y aller à pied à l’école d’une commune, c’est qu’il y a un autre problème à résoudre. Tandis qu’au centre de l’agglomération, le sujet c’est plutôt de respecter les trottoirs. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de voitures, de trottinettes, de vélos, ou je ne sais quoi dessus.

Cela passe aussi dans la charte travaux de la métropole, on a besoin de travaux sur les trottoirs. Cela n’échappe à personne, il faut qu’on revoie le cheminement piéton. Le piéton doit parfois traverser 4 fois des passages piétons temporaires, quand ils y sont. Moi qui marche beaucoup, à pied j’y arrive sans problème. Mais en vérité quelqu’un qui marche moins bien par son âge, soit par un handicap, soit du fait d’une poussette ne peut pas traverser.

Le cours Émile Zola à Villeurbanne par exemple possède une voie pour les voitures, pour les bus, et des chemins piétons.

Je parlais de la période de travaux pendant laquelle on n’intègre pas correctement les cheminements piétons. Par exemple le carrefour de laLe plus souvent rue Paul Bert, je traverse au milieu, ce n’est pas compliqué, je ne vais pas traverser quatre fois pour aller au même endroit. À un moment donné il faut que le piéton soit prioritaire y compris pendant les travaux. La solution c’est de mettre une barrière sur les trottoirs et on continue sur le même chemin. C’est possible et nous ne le faisons pas. Également l’installation de panneaux indicateurs sur la marche, savoir combien de temps cela met pour aller à Cordeliers c’est une info. Nous savons qu’il y en a pour 15 minutes par exemple. Si vous ne le savez pas vous n’essayez pas, si vous avez un panneau qui vous donne la direction ça peut aider aussi. Nous pouvons mettre des bancs pour que les personnes âgées puissent se reposer. Moi je fais tout à pied, sauf quand je suis trop en retard. Et ça marche très bien dans l’agglomération quand on est valide. Avec les associations on va prendre les 30/40 points noirs de l’agglomération, pour faire des aménagements provisoires. Les carrefours les plus difficiles nous allons faire des sas.

On a une très forte volonté sur le vélo, notre objectif est de multiplier par trois les déplacements sur le mandat. Ce qui est tout à fait réalisable. Même si nous ne faisions rien, les déplacements à vélo seraient multipliés par deux naturellement. Nous voulons surtout permettre à tous d’avoir une option vélo. Aujourd’hui il y a des freins importants à sa pratique, la sécurité des pistes cyclables ou leur absence et des points noirs qui privent une partie des gens, souvent les femmes ou les enfants. On veut faire un réseau express de Vélo, réseau de 400 km, dont 250 km qu’on veut faire dans le mandat. Ce sont des axes structurants, numérotés, marqués. Pour avoir vraiment des accès à chaque fois sur les lieux d’établissements scolaires, facs, etc., sur les métros, sur les gares SNCF.

Et des espaces de parking ?

J’y viens, c’est le deuxième point bloquant, le premier c’est la circulation et le deuxième c’est le vol du Vélo. Les stationnements sécurisés, c’est prendre des places importantes dans les parcs auto. Par exemple, pour le parking privé de la Part Dieu, nous n’allons pas attendre 2023, on va enlever les voitures et mettre des vélos.

Allez-vous créer une police spéciale ?

Alors dans les Lyon Parc Auto, pas besoin de police. Les utilisateurs sont prêts à payer pour se garer aussi. Pas trop cher, mais s’il faut payer un abonnement à l’année, les cyclistes ne sont pas bloqués là-dessus. Donc nous allons multiplier les stationnements sécurisés devant les parkings existants, créer aussi sur la voirie avec une priorité aux axes forts, stations de métro, de tramways, les gares. Nous voulons aussi des lieux sécurisés devant les collèges.

Le deuxième axe fort c’est créer un marquage gratuit des vélos avec un registre métropolitain, consultable par les polices municipales et nationales pour que lors de contrôle ou de ventes d’occasions de vélos, on ait tout de suite une vérification du fait que le vélo soit déclaré volé ou pas. Alors ça, il faut le travailler avec les services de police, mais gravage du vélo cela ne coùte rien, il y a un investissement pour la machine et après ils le facturent 5 euros, donc on ne parle pas de montants énormes. En plus, cela fait connaitre les ateliers vélos, qui sont des lieux importants, car quand quelqu’un a une panne soit-il sait faire donc il répare, soit il ne sait pas faire et il risque de laisser son vélo.

La dernière étape ce sont les transports communs, avec un axe dans les 24 mois, qui est l’augmentation de l’offre bus. Nous avons chiffré à 20 % de plus le kilomètre bus que nous voulons faire dans les 24 mois. C’est plus que beaucoup de communes en France, c’est à peu près 50 millions de plus de frais de fonctionnement. Donc là c’est augmenter les fréquences, c’est augmenter les amplitudes. Il y a beaucoup de communes où après 21 h, il n’y a plus de bus. Cela veut dire qu’il faut venir en voiture si on veut sortir à Lyon le soir. Il faut absolument qu’on améliore l’offre de bus, avec également une priorité aux feux. Tous les bus n’en sont pas équipés, ça doit être 1500 euros pour équiper un bus. Ce sont des aménagements. En termes d’inégalité territoriale, Lyon – Villeurbanne, personne n’y prête attention. Nous n’avons pas besoin d’autant de bus dans l’agglomération, mais quand on s’écarte du centre c’est nécessaire.

Et justement est-ce que vous pensez à créer des lignes périphériques plutôt que des lignes qui vont toutes vers le centre ?

Tout à fait, sur notre plan tramway on veut créer la ligne qui est au P2 depuis très longtemps, cela fait 20 ou 30 ans qu’elle y est. C’est le tramway qui fait Gerland-Saint Fons, Vénissieux, Bron, Vaulx en Velin, ce qu’on appelle le T8. Nous voulons aussi développer le T3 donc mettre fin à la concession Rhône express. C’est un scandale économique. Pour aller à Meyzieu, on peut voir passer un Rhône Express vide, et nous ne pouvons pas monter dedans. Notre premier objectif c’est d’améliorer la fréquence du T3. On verra techniquement si l’on garde une navette ou pas pour l’aéroport, mais on peut même imaginer que les navettes aéroports auraient une tarification différente, mais s’arrêteraient quand même partout. Si cela permet à plusieurs dizaines de milliers de personnes d’améliorer leurs transports tous les jours, si ceux qui vont à l’aéroport mettent cinq minutes de plus, ce n’est pas problématique. Nous voulons créer aussi la ligne de tramway qu’on appelle T7. On coupe donc la ligne T1 en deux, la partie Confluence —Debourg s’arrêtera à Part-Dieu. L’autre ligne qui fait la Doua – Part-Dieu, on va prolonger la jusqu’à Vaulx-en-Velin, comme ça on maille avec le nouveau tramway. Et Part-Dieu continue vers la Guillotière, mais là on la fait aller jusqu’à Bellecour. Nous allons rajouter le kilomètre qui manque et comme ça on aura une liaison Bellecour —Part Dieu qui pourra être faite dans le mandat. Je crois que pour le moment, il n’y a pas de liaison forte Bellecour —Part-Dieu, c’est plutôt le C3. Nous voulons totalement réaménager les quais du Rhône et notamment la rive droite qui fait l’équivalent de 4 voies de voitures. Nous voulons donc faire notre réseau express vélo, mettre du tramway, nous voulons aussi végétaliser. Il y’a le T6 qui est prévu, que nous allons continuer jusqu’à la Doua également.

Justement, cela demande beaucoup de financements, vous allez hausser la tarification ?

Sur le financement il y a deux choses, le fonctionnement et l’investissement. Sur l’investissement, les données Sytral d’aujourd’hui prévoient 1,4 milliard d’autofinancements. Sachant qu’on investit 1,1 milliard dans le mandat qui se termine, ce qui est très faible. La bonne santé financière du Sytral, qui est une bonne chose, on peut s’en féliciter. Mais on avait les capacités d’investir beaucoup plus, et quand je vois tous les projets de mes concurrents qui proposent beaucoup de projets : Vous aviez le poids, vous aviez l’argent, vous auriez pu le faire !

Donc en partant de 1,4 milliard, nous voulons porter à 3 milliards le budget d’investissement dans le mandat. Cela fait 1,6 milliard d’emprunt et ça porte en fin de mandat la capacité de désendettement à 7 ans du Sytral. Nous estimons que pour des investissements importants pour l’avenir on peut se permettre de porter notre capacité de désendettement à 7 ans. Ce qui reste très correct dans les normes, et sur la partie exploitation, étant donné que lorsqu’on augmente l’offre il y a des coûts d’exploitation. Nous estimons cela à 450 millions sur le mandat.

Nous avons la subvention de la métropole que nous augmentons. Elle est aujourd’hui à 140 et quelques millions, on va la porter à 200 et quelques millions vers la fin de mandat. 60 millions, c’est une forte augmentation.

Nous augmentons également le versement transport des entreprises. Nous sommes une des seules agglomérations où nous ne sommes pas au maximum. Le maximum c’est 2, nous on est à 1,85, on va l’augmenter à trois fois. Si on augmente de 0,05 le taux, pour 2000 de salaire brut ça veut dire que les entreprises vont cotiser 1 euro de plus. Cela ne choque pas certains patrons, ce qui les intéresse c’est que le bus arrive dans leurs zones artisanales et que ce soit mieux desservi. Le fait qu’ils doivent payer 1 euro c’est pas forcément le sujet. Nous voulons aussi développer le réseau express métropolitain, le RER à la lyonnaise, c’est exploiter nos 35 gares. Il y a des choses à faire. Par exemple pour venir de Givors à Lyon, c’est quand même le moyen le plus efficace. Il faut faire le contraire de ce qu’a fait la région qui a supprimé des trains, depuis que Laurent Wauquiez est là. Avec Étienne Blanc, qui dit le contraire. On veut un réseau express métropolitain et exploiter au mieux les voies ferrées, là c’est un peu compliqué, on espère en fin de mandat déjà arriver à faire des trucs, mais ça dépend de beaucoup plus d’acteurs. Il faut négocier avec la région et la SNCF, et en plus il y a une élection régionale au milieu.

Votre idée de remettre des trains sur les lignes RER dans l’ensemble de la métropole, voir plus loin ?

Pour revenir aux tarifications nous avons quand même plusieurs mesures, nous avons fait la gratuité pour les plus démunis, ceux qui actuellement payent dix euros par mois. Nous faisons la gratuité jusqu’à 11 ans, et on passe le tarif étudiant de 32,50 à 20 euros.

Parce que ce n’est quand même pas très juste que l’étudiant paye la même chose que le salarié. Le salarié paye en effet 65 €, mais il a la moitié qui est payée par l’employeur. Donc aujourd’hui cela veut dire que le reste à charge est le même que le salarié, donc ça, c’est des dizaines de millions d’euros de recettes en moins, ça fait partie de nos équilibres globaux. Nous ne sommes pas les plus loin sur la gratuité ou sur autre chose parce qu’à un moment donné il faut améliorer l’existant, les gens demandant un moyen de transport en commun qui marche.

Le ticket à l’unité serait à 1,90 € ?

A priori cela ne bougerait pas, nous n’avons pas pour l’instant de projet de baisser. Nous avons des projets d’applications qui permettraient de payer à la fin du mois et de retourner sur la meilleure formule, étant donné que c’est souvent la personne qui paye à l’unité qui paye le plus cher. Il y a de l’injustice à ce niveau-là. Nous allons travailler parce que les TCL sont à 4 ou 5 applications, qui sont très bien, mais il va quand même falloir regrouper les choses, et avec le paiement et le postpaiement, on va travailler à des solutions plus équitables.

Vous avez parlé de l’aménagement des berges du Rhône, le tunnel de Fourvière, maintenant qu’il est déclassé, qu’est-ce que vous voulez en faire ?

Alors il y a des voies de covoiturage, nous devons regarder cette question-là. Nous avons peu de retours d’expériences en France sur le covoiturage spontané. Sur Blablacar ça marche, mais quand on va travailler tous les jours, ce n’est pas le bon outil. Il faut donc créer des lignes de covoiturage spontanée. Grenoble l’a prévu et devrait les ouvrir d’ici un an ou deux. Nous allons regarder de façon très attentive comment ça se passe. Ils garantissent les retours, c’est-à-dire que si vous prenez votre covoiturage du matin, au moment où vous voulez rentrer si vous n’avez pas de solution, ils vous amènent une voiture. Après nous, allons utiliser ces voies pour des bus express pour Givors qui s’arrêtent uniquement une fois à Confluence, une fois à Bellecour. Cela fait partie des choses sur lesquelles il faut innover, mais il n’y a pas forcément de vérité. Je n’ai pas parlé des télécabines d’ailleurs, il n’y a pas qu’une solution. Le Sytral a enfin étudié les télécabines, ce serait une première étude d’approche où ils ont un peu exagéré les coûts et diminué les fréquentations. Nous sentons que ce n’est pas leur idée première. Nous on va faire la télécabine pour Francheville, Sainte-Foy-lès-Lyon, soit Confluence soit Debourg. Il faut étudier plus. Nous allons en étudier d’autres, notamment au-dessus de Vaise. Il y en a plusieurs à l’étude et il y en a une qu’on veut faire tout de suite.

Réalisées pendant le mandat ?

Oui, la première on va faire une étude plus complète et la lancer sur l’Ouest parce qu’il y a un vrai souci sur l’Ouest. Nous avons une voirie sur l’Ouest où les voitures ne peuvent plus du tout passer, les télécabines semblent être la meilleure solution.

Concernant la question du logement, les prix ont explosé dans Lyon intra-muros. Plus largement dans la métropole les loyers ont augmenté, les gens sont obligés de partir de plus en plus loin du centre-ville, qu’est-ce que vous proposez ?

La question du logement, je la traite par une vision globale de la métropole. Parce que si on a des prix de logements qui ont explosé c’est par notre politique globale d’attractivité. Nous sommes à plus de 10 % d’augmentation par an depuis deux ans. Nos équipements publics saturent, et les transports en commun aux heures de pointe saturent aussi avec en plus de la pollution. Cela n’a pas de sens, si les gens à qui nous donnons un emploi ici doivent habiter à Saint-Étienne, nous en sommes quasiment à 10 000 trajets jours pour les trajets domicile-travail. Pour moi cela n’a pas de sens de vouloir toujours plus d’attractivité et après de vouloir corriger les défauts de la politique qu’on a pris. Il faut réfléchir en termes économiques à mieux répartir sur la métropole nos emplois, nos activités. Il y a des terrains disponibles à Givors et avec les pôles autour de nous, c’est pour ça que je veux travailler avec Saint-Étienne, avec Roanne, avec Bourg-en-Bresse, avec Mâcon. Mon objet premier c’est que les habitants habitent mieux dans la métropole.

C’est tout à fait compatible avec l’emploi et malgré notre attractivité, notre taux de chômage évolue différemment des autres. Nous avons toujours des taux de pauvreté de 30 % sur plusieurs communes de la métropole : Vénissieux, Vaux-en-Velin, Saint-Fons, Givors. La puissance publique notre rôle c’est quand même de trouver de l’emploi à ceux qui sont ici et qui sont le plus éloignés. C’est le dispositif zéro chômeur par exemple qui à Villeurbanne a permis de créer 80 CDI de personnes qui étaient tellement éloignées qu’elles avaient très peu de chances de retravailler. Cet emploi-là n’a pas la même valeur que si je mets un siège social à Part-Dieu et que je fais déménager des gens pour venir travailler à Part-Dieu.

Ensuite sur le logement, nous voulons recadrer les loyers et c’est dommage de ne pas l’avoir fait il y a deux, trois ans, car malheureusement nous allons le faire trop tardivement parce que le dispositif est expérimental. Il faut d’abord négocier avec l’Etat. Il ne reste plus que jusqu’à septembre/octobre pour le mettre en place, pour les personnes dans des situations difficiles, pour les étudiants en situation précaire cela changera les choses. Nous allons naturellement faire du logement, surtout là où nous avons des lignes fortes de transports qui vont être mises en place. Il faut intensifier dans ces endroits-là. Mais globalement il faut réfléchir pour attirer le moins de monde, c’est-à-dire que nous ne voulons pas avoir cette volonté de grossir, nous nous voulons au contraire plus réguler et être en coopération avec notre territoire, et y compris avec des entreprises qui sont ici déjà. Moi je vais travailler avec elles pour voir notamment les plus grosses et comment nous pouvons installer des succursales autour de la métropole. Parce que quand une entreprise ici a déjà 20 % de ses salariés qui habitent Saint-Étienne, il faut qu’ils mettent un bureau à Saint-Étienne.

En tant que président de la métropole vous voudriez travailler avec Grenoble, Saint-Étienne, Roanne, Valence ?

C’est cela, moi je veux répartir les choses dans l’intérêt de tous. En revanche toute notre politique sur les mobilités et sur la rénovation des bâtiments va créer de l’emploi local. Il faut juste avoir une vision un peu globale des choses avant de partir sur le principe que nous aurions une politique qui continuerait de se faire au détriment de la qualité de vie. Nous allons essayer d’arrêter de créer des problèmes, c’est un peu un changement de paradigme.

Vous parliez d’encadrement des loyers, est-ce que vous iriez jusqu’à la réquisition des logements vacants ?

Nous n’avons pas forcément le pouvoir et malheureusement ils ne sont pas si nombreux. Ce que nous voulons faire sur l’hébergement d’urgence, nous avons des bâtiments disponibles sur la métropole. Nous payons d’ailleurs des marchés de gardiennage pour surveiller ces bâtiments avant qu’ils ne soient démolis ou rénovés. Je veux avoir un stock de bâtiments disponibles pour l’hébergement d’urgence et que nous assumions que nous n’avons pas laissé les gens dormir dehors alors que nous avons des hébergements libres. Nous allons travailler là-dessus pour avoir moins de personnes qui dorment dehors. Nous ne voulons pas avoir des écoles occupées par des parents d’élèves pour que des gamins ne dorment pas dehors. C’est notre responsabilité de trouver des solutions et cela ne nous coutera pas forcément plus cher que de mettre des gardiennages.

Nous parlions de projets immobiliers par rapport à la métropole, vous voulez créer des espaces verts, est-ce que vous pourriez préciser ?

Notre volonté est de végétaliser, notamment pour modifier des villes, pour garantir qu’en période de canicule cela se passe mieux. Il y a plusieurs axes. Il faut intégrer la végétalisation automatiquement, cela doit être comme une piste cyclable. Le deuxième axe est de développer les parcs avec les communes, et de transformer les parcs existants pour qu’il y ait plus de forêts urbaines, d’arbres. Le troisième axe est sur les bâtiments qui sont les nôtres, que nous puissions en végétaliser les toitures, que dans nos collèges nous puissions débitumer les cours d’école, etc. Et le quatrième axe, qui pour moi est le plus important, est de travailler avec le parc privé, notamment les copropriétés. Parce que nous avons vu avec le dispositif Eco Renov pour l’isolation thermique, nous savons travailler avec les copropriétés. C’est beaucoup plus rapide pour nous d’agir sur de l’espace privé de copropriété. Beaucoup plus simple surtout parce que sur une voirie, quand vous voulez mettre des arbres, on a quand même toutes les canalisations. Nous ferons au mieux, mais si nous voulons faire du massif il faut passer par l’espace privé. Et surtout cela nous coutera beaucoup moins cher de mettre un arbre dans l’espace privé, même si nous finançons d’une façon ou d’une autre. Nous pouvons avoir des études gratuites pour dire comment nous pouvons faire. Voilà à peu près les quatre axes sur lesquels nous allons travailler.

Pensez-vous qu’il faille rénover le Stade Balmont, de l’AS Duchère ? Étant donné que l’AS Duchère est en Nationale ?

Le stade appartient à la ville, et je vous avoue que je ne connais pas le sujet. Je peux vous parler du stade Georges Lyvet à Villeurbanne, parce que je connais mieux les stades villeurbannais en tant que Villeurbannais et oui il faudrait le rénover. Il n’y a plus de vestiaires, il n’y a plus rien. Il devait faire la salle de l’ASVEL dessus, du coup elle ne se fait pas, on manque de terrains de sports.

Nous pouvons parler aussi du sport féminin ?

Bien sûr, mais là c’est plutôt sur nos programmes municipaux. À Villeurbanne, à nouveau parce que c’est le projet que je connais le mieux, nous voulons encourager les pratiques féminines dans le sport.

Est-ce que la Métropole pourrait mettre en avant ces clubs ?

D’abord sur les gros clubs professionnels que sont l’OL et l’ASVEL, Le LOU RUGBY, ils n’ont pas besoin de nous. Nous sommes plus là pour aider des clubs intermédiaires, là où nous pouvons estimer avoir un intérêt métropolitain. Cela peut être du hand, mais c’est quand même plutôt municipal. La métropole a tellement de compétences que je ne voudrais pas piquer celle des mairies. Le hand féminin est aidé par la métropole.