Ville communiste depuis 1935, Vénissieux semble avoir brisé la tradition aux dernières municipales : Monsieur Boumertit, député LFl, passe devant Michèle Picard au second tour avec 25 voix de plus. Une avance certes minuscule mais non négligeable.
Cependant, l’ex-mairesse communiste, en poste depuis 17 ans, ne compte pas renoncer à un quatrième mandat si facilement et a d’ores et déjà déposé un recours avec son équipe dans l’attente d’une annulation des dernières élections. Entre Picard et son ancien adjoint Boumertit, la bataille est bel et bien engagée.
Pour asseoir sa présence et éclairer la situation, Michèle Picard à tenu un « Conseil municipale populaire » mercredi 8 juillet, sur la Place de la Paix à Vénissieux. Maître Régis, l’avocat représentant du recours y a livré les deux raisons principales justifiant les manœuvres en cours :
En premier lieu, une des listes présentées aux élections vénissianes, celle du candidat Quentin Taïeb, soutenue par le Rassemblement National, s’est révélée être irrégulièrement constituée. Le candidat aurait ainsi falsifié des documents pour pouvoir se présenter aux élections en inscrivant ses proches sur sa liste. Une telle manœuvre constitue une fraude et le Conseil d’État considère d’ailleurs qu’elle peut vicier les scrutins. Un jugement est donc en cours au tribunal judiciaire de Lyon.
En second lieu, c’est le faible écart de voix entre le PCF et LFI qui justifierait la demande d’une nouvelle élection. En effet ce paramètre associé à la mise en garde à vue de Taïeb et de ses proches entre les deux tours (il perd alors 600 voix), accompagné en plus de l’annonce d’une potentielle annulation des élections par la presse, expliquerait le changement de dynamique complet des élections entre le premier et le second tour. Picard étant effectivement en tête avant le fameux tour décisif.
La question peut donc être posée légitimement : sans problématique de liste irrégulière, le sens des élections en aurait-il été changé ? C’est ce que va étudier le juge électoral.
« Il y a ce recours pour rétablir la sincérité du scrutin et revoter dans des conditions normales pour Monsieur le Maire ou Michèle Picard » plaide Maître Régis. Selon lui, il est évident que « le sens des élections a été changé puisque la dynamique entre le premier et le second tour a été complètement changée ».
Le tribunal administratif de Lyon devrait normalement se prononcer entre septembre et octobre. Cependant en cas d’appel, le fin mot de ce bras de fer politique ne sera donné qu’en mars ou avril. Cette situation rappelle particulièrement l’année 2014, où un recours avait déjà été formé : le vote avait alors eu lieu un an après les municipales classiques.
Suite à cette clarification de Maître Régis, le Conseil municipal populaire a pu débuter. Onze délibérations ont été examinées : chacune adoptées à l’unanimité. Parmi elles, un plan fraîcheur, un forum social habitat-logement pour lutter contre la crise du logement ou encore la préservation de l’autofinancement pour réaliser les investissements essentiels de la ville.
Michèle Picard a par ailleurs exprimé ses inquiétudes concernant la politique d’investissement de Monsieur Boumertit : « J’ai beau chercher dans le programme d’Idir Boumertit, je n’ai pas vu une seule ligne sur l’investissement. Je ne sais pas ce qu’il va faire en matière de gymnase, en matière d’école… Je ne vois pas une ligne là dessus et c’est inquiétant car une vision sur une ville c’est sur 20ans, 30 ans…. Il faut prévoir, gérer… Il faut une vision. C’est ce qui m’inquiète pour l’équipe actuelle : les choses imposée, distribuée..».
Pour terminer le conseil, l’ex mairesse a insisté sur le besoin de se battre bec et ongles contre la droite métropolitaine et son choc des rigueurs qui menace la ville et ses projets. Elle a également exprimé sa surprise concernant la plainte déposée la veille par Idir Boumertit contre Monsieur Truscello et « X ». Sa réponse a déjà été portée au directeur de cabinet et ne tardera pas a être communiquée.
Elle affirme : « Quand certains disent qu’il y a des tensions entre nous : non, Il a choisi la division. Et il est fébrile. Je pense qu’il a peur de repasser devant les électeurs alors il nous attaque. Et il y a quelque chose de malsain dans cette façon de nous attaquer et de sedéfendre face à la fraude du RN… Je peux comprendre qu’il défende son élection mais les agissements du RN, non ça, ce n’est pas possible. »
« Ces méthodes me font très peur pour Vénissieux. Il accuse qu’on ait donné des éléments du procureur, des signalements au tribunal, mais le tribunal pouvait les écarter et il a choisi de les conserver. Nous devons transformer cette inquiétude en quelquechose de très positif pour nous car cela signifie que nous pouvons gagner aux prochaines élections ».
Le parti communiste de Vénissieux paraît ainsi croire fermement en une nouvelle élection et surtout en leur victoire.
Affaire à suivre.





