Avec Chimère, Frédérique Voruz livre au Théâtre des Halles une pièce à la fois intime et universelle, où le désir d’enfant devient le point de départ d’une véritable traversée humaine. Entre humour noir, récit contemporain et accents de fable, le spectacle explore les zones d’attente, d’espoir et de fragilité qui entourent la création de la vie.
Il y a, dans Chimère, quelque chose de profondément humain : une attente, une difficulté, une volonté qui se heurte au réel. Présentée au Théâtre des Halles pendant le Festival Off d’Avignon, la pièce de Frédérique Voruz s’empare du désir d’enfant pour en faire un récit théâtral sensible, parfois drôle, parfois cru, toujours traversé par l’émotion.
Au cœur du spectacle, il y a Stella et Neven, un couple confronté à l’épreuve des protocoles médicaux et à l’incertitude du temps qui passe. À partir de cette situation, Chimère ne se contente pas de raconter un parcours : elle le transforme en aventure scénique, presque en odyssée intime.

Frédérique Voruz choisit de mêler le réalisme à l’imaginaire, en faisant surgir sur scène des figures qui déplacent le récit vers le conte. Médecins, Bonnes Fées, personnages étranges ou familiers composent un univers où le quotidien prend parfois des allures de fable. Ce choix donne à la pièce une tonalité singulière, entre gravité et légèreté, avec un humour noir qui évite toute pesanteur.
La distribution, portée notamment par Salomé Diénis Meulien, Rafaela Jirkovsky, Eliot Maurel, Frédérique Voruz et Yuriy Zavalnyouk, accompagne cette traversée avec une énergie qui semble faire tenir ensemble le sensible et le symbolique. Au Théâtre des Halles, la pièce s’inscrit dans un rendez-vous avignonnais où le théâtre cherche souvent à dire le monde autrement, en partant de l’intime pour toucher au collectif.

Avec Chimère, Frédérique Voruz signe un spectacle qui parle de naissance, de manque, de désir et d’imaginaire sans jamais réduire son sujet à une seule lecture. En transformant une expérience personnelle en récit théâtral, la pièce propose un regard à la fois tendre, acéré et poétique sur ce que veut dire, au fond, donner la vie.





