Les corruptions immédiate s’enchainent ce jeudi 5 novembre 2026 au tribunal correctionnel de Lyon. Le deuxième prévenu arrive dans la salle d’audience. Il s’agit d’un homme originaire du Val-de-Marne, né en 1994, il passe en comparution immédiate cette après-midi là pour répondre de faits de tentative de vol avec violences commis en décembre 2025. Le prévenu, au casier judiciaire déjà lourdement chargé, est accusé d’avoir attaqué le conducteur d’un camion logistique à l’aide d’un marteau pour dérober une cargaison de téléphones portables.
À l’audience, la victime, un employé camionneur assis au premier rang, est venue raconter à la barre le traumatisme de cette agression, qui lui a valu dix jours d’incapacité totale de travail (ITT). Selon son récit, deux véhicules l’ont bloqué, l’un à l’avant et l’autre à l’arrière, avant qu’un homme d’environ 1,90 m ne lui assène plusieurs coups de marteau. Le conducteur a par ailleurs insisté sur le caractère suspect de l’opération : « les itinéraires sont constamment modifiés et tenus secrets », la présence des braqueurs laisse supposer l’existence d’une « taupe » au sein de l’entreprise, poursuit la victime. À la barre, il décrit des agressions de camion courantes, après une deuxième agression, il a arrêté ce travail.
Face aux accusations, le prévenu a nié toute implication, affirmant « j’étais au travail le jour des faits », en tant qu’agent de nettoyage ou sous-traitant. Cependant, il a été invité plusieurs fois par le président du tribunal à présenter des fiches de paie ou un planning pour confirmer ses dires. Le prévenu s’est montré particulièrement hésitant et incapable de fournir le moindre justificatif.
Pour expliquer la présence de son ADN sur le siège passager, le siège conducteur et la plaque d’immatriculation d’une camionnette liée à l’affaire, le prévenu a livré une version plutôt surprenante : alors qu’il faisait un footing le 23 décembre, il aurait aperçu ce véhicule portière ouverte. Il s’y serait installé pour fouiller la boîte à gants et un sac plastique, touchant par hasard le marteau qui s’y trouvait, avant de repartir, en footing, avec une cigarette électronique trouvée dans la boîte à gants. Une ligne de défense que les magistrats n’ont pas manqué de qualifier de « farfelue ».
Le président du tribunal a ensuite retracé la personnalité et le passé judiciaire du prévenu. Déjà incarcéré à plusieurs reprises, son casier comporte de multiples mentions depuis 2013, incluant des condamnations pour vol, dont une peine de quatre ans de prison avec un an de sursis.
Le tribunal a également mis en lumière une autre étrange coïncidence dans son parcours : l’homme a déjà été condamné pour quatre vols ciblant spécifiquement des téléphones portables, notamment chez les opérateurs Orange et SFR.
« Pourquoi les téléphones ? C’est facile à revendre, c’est ça ? », s’est interrogé le président.
Lors de ses réquisitions, la procureure de la République a blâmé le mode opératoire, « une agression, un vol aggravé en réunion par des individus cagoulés » et la réitération des faits par un « habitué de ce type de délits ».
Pointant du doigt l’absence totale de contrats de travail ou d’attestations clients pour prouver son alibi, « il aurait pu aisément se justifier s’il avait fourni l’un de ces contrats ». Elle a requis une peine de 15 mois d’emprisonnement délictuel, assortie d’une interdiction de détenir ou porter une arme pendant 5 ans.
La défense a utilisé les discussions scientifiques autour de l’ADN pour nuancer les conclusions de l’accusation.
Il a rappelé que l’ADN est une matière « transportable » et qu’il n’avait pas été retrouvé seul dans le véhicule. Plaidant le bénéfice du doute, l’avocat conclut : « Le doute est important et doit profiter à celui qui est relaxé. »
Le tribunal s’est retiré pour délibérer. Affaire suivante.





