Colère lycéenne : la jeunesse lyonnaise unie dans la rue

Initié dès la semaine dernière en Île-de-France : dans le Val-de-Marne, en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d’Oise, nourri par l’exaspération face au manque de professeurs, des classes surchargées et un sentiment d’abandon de l’État, la mobilisation lycéenne a pris une ampleur nationale ce mardi 29 septembre 2026. Elle s’inscrit dans la journée de grève générale de la fonction publique.

Dans la métropole lyonnaise, la colère lycéenne à debuté au lycée Frédéric-Faÿs de Villeurbanne. Hier matin, à la suite de tirs de feux d’artifice dans le hall de cet établissement et du droit de retrait des personnels, l’intervention des forces de l’ordre s’est soldée par des violences d’une « brutalité injustifiable » selon Sud Éducation 69, qui fait état d’une élève mineure grièvement touchée à l’arrière du crâne par un tir de LBD. Aujourd’hui le lycée est fermé mais les mobilisations ce sont étendues dans la métropole.

Le Lyon Bondy Blog a rencontré Pauline* en marge des manifestations qui se sont tenues ce matin sur la presqu’île lyonnaise. Élève en première générale à la Cité Scolaire Internationale, elle décrit son établissement comme privilégié. Si elle a décidé de se mobiliser, c’était avant tout pour témoigner son soutien aux lycées des banlieues lyonnaises, là où les conditions d’éducation sont nettement moins favorables que celles qu’elle vit au quotidien.

Rencontre avec Pauline, en marge de la manifestation

La contestation s’est organisée dès l’aube raconte Pauline.

Arrivée à 7h30 devant son établissement pour participer au blocus, elle a assisté au rassemblement progressif des élèves. En à peine une heure et demie, l’action a réussi et le lycée s’est retrouvé totalement bloqué pour la journée.


La solidarité s’est ensuite étendue. Apprenant que les élèves du lycée Charles-Mérieux, situé dans le 7e arrondissement de Lyon, peinaient à se faire entendre. Elle et ses camarades ont décidé de s’y rendre pour « unir leur force » face aux même discours tenue.

Le mouvement a ensuite convergé vers le centre-ville, en direction du lycée Juliette-Récamier, situé lui, dans le 2ème arrondissement de Lyon, faisant face au Rhône et proche de la gare de Lyon Perrache.


C’est là que la situation s’est tendue et que les forces de l’ordre sont intervenues face aux manifestant·es.

Parmi les violences constatés, un policier est allé jusqu’à tenir des propos misogynes à l’encontre d’une lycéenne.


Pauline nous a raconté ce qu’elle a vu ce matin. On l’écoute.

41 interpellations au total ont été recensées par la police et la gendarmerie selon les chiffres rapporté par France 3 Auvergne-Rhône Alpes et rapporte par les sources de la préfecture « Les forces de l’ordre ont fait usage de moyens ponctuellement». Les principaux lycées touchés sont ceux situés à Décines, Vénissieux, Rillieux-la-Pape, Villeurbanne, Vaulx-en-Velin, Lyon 9e.

*Le prénom a été changé

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