À l’approche de la rentrée scolaire, les dépenses liées à l’école ne se limitent pas aux fournitures. Cantine, vêtements, matériel scolaire : pour les familles, la rentrée constitue un moment important dans le budget annuel. À Lyon et dans la Métropole, les données de l’Insee permettent de mesurer le contexte économique dans lequel s’effectuent ces dépenses.
La rentrée scolaire approche et, avec elle, le traditionnel achat des fournitures. Cahiers, stylos, cartables, vêtements ou encore repas à la cantine : derrière cette liste, se trouve une réalité économique différente selon les familles.
À Lyon, le nombre d’enfants et d’adolescents concernés est important. Selon les données de l’Insee, la commune comptait en 2022, 25 055 enfants âgés de 6 à 10 ans et 35 084 jeunes âgés de 11 à 17 ans. À l’échelle de la Métropole de Lyon, ces effectifs atteignaient respectivement 86 501 et 118 244.
Un contexte de pauvreté qui touche particulièrement les enfants
La question du coût de la rentrée prend une dimension particulière dans un territoire où les situations économiques sont très contrastées.
Dans une étude publiée en 2023, l’Insee indiquait que près d’un mineur sur quatre dans la Métropole de Lyon vivait sous le seuil de pauvreté. Au total, la Métropole comptait alors environ 220 500 personnes pauvres, soit un habitant sur six.
Les familles monoparentales et les familles nombreuses sont particulièrement exposées. L’Insee relève notamment que, parmi les mineurs pauvres de la Métropole, près de 60 % vivent dans un ménage de cinq personnes ou plus.
Derrière les dépenses de rentrée, l’enjeu est donc aussi celui du pouvoir d’achat des familles.
Les fournitures scolaires : un poste de dépenses suivi par l’Insee
L’Insee inclut dans son suivi des prix différents produits directement associés à la rentrée : articles de papeterie, stylos, crayons, fournitures scolaires, livres scolaires, cartables ou encore certains vêtements et chaussures.
Dans une étude consacrée aux prix de la rentrée scolaire, l’institut avait constaté que les prix des articles de rentrée hors habillement avaient augmenté de 25 % sur quinze ans. L’Insee soulignait également un phénomène saisonnier : les prix de certains produits diminuent traditionnellement en août et septembre, période correspondant aux promotions de rentrée.
Aujourd’hui, l’Insee continue de suivre ces catégories dans son indice des prix à la consommation. La nouvelle nomenclature comprend notamment les articles de papeterie et le matériel de dessin, parmi lesquels les cahiers, stylos, crayons, gommes, règles, instruments de géométrie ou encore certaines fournitures éducatives.
La cantine, autre dépense incontournable
Pour de nombreuses familles, le budget de rentrée ne s’arrête évidemment pas au contenu du cartable.
L’Insee suit également l’évolution des prix des cantines scolaires et universitaires. Pour les cantines et cafétérias des écoles, collèges, lycées et établissements universitaires, l’indice annuel est passé de 94,55 en 2022 à 100 en 2025, soit une progression de près de 5,8 % en trois ans.
Plus largement, l’indice Insee des « autres cantines, cafétérias et réfectoires » est passé de 91,73 en 2022 à 100 en 2025, soit une hausse d’environ 9 % sur la période.
En 2026, la tendance s’est poursuivie sur certains mois : l’indice des « autres cantines, cafétérias et réfectoires » atteignait 103,24 en mai 2026, contre 100 en moyenne annuelle en 2025.
Une rentrée qui ne représente pas la même dépense pour toutes les familles
Les données de l’Insee ne permettent pas de calculer précisément le montant de la rentrée pour chaque famille lyonnaise. Elles montrent cependant deux réalités qui se croisent : le nombre important d’enfants concernés et les fortes disparités de revenus au sein de la Métropole.
La rentrée scolaire n’est donc pas seulement une affaire de cartable neuf ou de cahiers à acheter. Pour les familles disposant des revenus les plus faibles, chaque dépense supplémentaire peut peser dans un budget déjà contraint.
À Lyon comme dans le reste de la Métropole, la « rentrée » constitue ainsi un révélateur des inégalités économiques qui existent au sein du territoire.





