À Lyon, la droite locale tente de reprendre la main.

Réunis autour de Véronique Sarselli, les représentants du monde économique — la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA), la Chambre d’agriculture, le Medef, la CPME et l’U2P ont eu droit à un discours bien rodé : travailler ensemble, avancer concrètement, et se concentrer sur les “vrais sujets”. Traduction : parler d’économie, et éviter le reste.

Attractivité, foncier, commerce, agriculture, ré-industrialisation… la liste est longue et sérieuse. Tout est fait pour montrer que la machine tourne, que les priorités sont claires et que l’action continue. Une manière aussi de faire passer au second plan la crise politique qui secoue actuellement la majorité.

En effet, il est difficile d’ignorer l’affaire Roman Abreu et ses conséquences. Interrogée sur le retrait de délégations à Jean-Michel Aulas et à d’autres élus, Sarselli adopte une ligne prudente : une pensée pour la victime, le respect de la justice, et une décision prise “pour le bien de l’institution”. Le minimum pour répondre, sans s’attarder.

La stratégie est assez transparente : reconnaître l’affaire, mais ne surtout pas en faire un sujet central. Pas question d’ouvrir un débat politique plus large ou de s’exposer davantage. On referme vite le chapitre et on revient aux dossiers économiques.

Le monde économique, lui, suit le mouvement sans difficulté. Appels à l’unité, au partenariat, à la stabilité : un discours classique, qui permet surtout de maintenir le cap sans remuer les problèmes. L’essentiel, répète-t-on, c’est l’industrie, le commerce et le bâtiment.

Au final, la droite lyonnaise joue la montre. On parle beaucoup d’économie, parce que c’est plus simple — et surtout moins risqué — que de répondre aux questions politiques posées par l’affaire. Une façon de gagner du temps, en espérant que la polémique finira par retomber d’elle-même.

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