Zoom sur le Centre d’addictologie de la Presqu’île, porté par l’association Addictions France

Le Centre de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) de la Presqu’île, géré par l’association Addictions France, a ouvert ses portes ce jeudi 5 mai pour présenter au public leurs différents services. Pour l’occasion, le Lyon Bondy Blog est allé rencontrer les différents acteurs du centre.

Pour ses 150 ans, l’association Addictions France a organisé les portes ouvertes de leur Centre de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA), situé sur la Presqu’île. Anciennement dédié uniquement aux personnes avec des problèmes d’addiction à l’alcool, l’association accompagne aujourd’hui tous types d’addictions (tabac, cannabis, médicaments, écrans, jeux etc.), depuis l’année dernière.

Un système d’accompagnement individualisé et pluridisciplinaire

Le fonctionnement est simple : la personne dans le besoin appelle l’association et est dirigée vers un type d’accompagnement spécifique, selon le profil du public (jeune, prioritaire, envoyé par la justice). En général, l’orientation commence par un premier entretien avec l’intervenante sociale ou l’infirmière. Un parcours de soin se met ensuite en place individuellement ou en groupe (groupe sophrologie, groupe sport adapté, groupe accueil femmes) si la personne est intéressée. Le plus important pour les accompagnateurs est de partir de la demande de la personne et de répondre à ses besoins : « On ne va pas dire, nous, de manière arbitraire, il vous faut un psychologue ou un médecin. On va voir avec eux plutôt ce qu’ils attendent en venant ici, où ils veulent aller et comment nous pouvons les accompagner au mieux », explique Alice Delorme, infirmière au CSAPA. »

Le parcours du patient. Crédit : Inès Pallot

Le CSAPA garanti l’anonymat, la gratuité, la bienveillance, la confidentialité et la pluridisciplinarité avec des professionnels qui suivent les personnes dans le besoin (psychologue, intervenante sociale, médecin, secrétaire et infirmière). Pour Alice Delorme, l’accompagnement « est un travail du quotidien. Ça veut dire qu’on va travailler sur comment se passe la journée, comment se passe la consommation, pourquoi à ce moment-là je consomme, qu’est-ce que je vais rechercher ? » Elle travaille à entretenir la motivation et la confiance de la personne : « c’est la clé, il faut se pencher sur toutes les petites victoires du quotidien pour cheminer ». En moyenne, les personnes sont suivies un an et demi, mais ça reste variable en fonction du profil. Pour les jeunes par exemple, le suivi est rarement très long.

Certains professionnels sont d’ailleurs plus spécialisés sur certaines addictions, comme Alice avec le tabac et le cannabis ou Yann Calandras avec l’addicton aux jeux. Le centre propose par exemple un dispositif « Jeux excessifs » (comprend les jeux d’argent et de hasard, et les jeux vidéos). Le psychologue spécialiste de ces questions explique recevoir plus de 10 % des patients qui sont des joueurs d’argent tandis que 3 à 4 % sont des joueurs de jeux vidéos. L’addiction arrive lorsque la personne ne peut plus se passer de ladite consommation : on remarque une perte de contrôle et une accoutumance (en fonction du temps passé).

Un accueil spécialement dédié aux jeunes

Dans le centre, on retrouve des Consultations spécifique pour les Jeunes Consommateurs (CJC), âgés de moins de 25 ans. « Bien souvent, ce sont les familles qui appellent pour prendre rendez-vous pour leurs enfants de 15-17 ans. On les reçoit dans les quinze jours qui suit l’appel, généralement », précise Patrick Dubois, animateur pour la CJC. En effet, en tant que dispositif à part entière du centre (avec des moyens supplémentaires), la CJC a un cahier des charges particulier qui impose de respecter un délais de deux semaines entre l’appel et le premier entretien. « Ce jeune public moins de 25 ans fait partie de notre public prioritaire », indique Patrick.

Le dispositif Consultations spécifique pour les Jeunes Consommateurs. Crédit : Inès Pallot

Tout l’intérêt de ce dispositif d’accès aux soins, c’est réaliser une évaluation de la situation, en trois-quatre entretiens en moyenne. L’objectif est de dresser un bilan et faire comprendre au jeune sa consommation. Ça reste un espace de parole. « S’il y a besoin d’un suivi, le jeune va être orienté au CSAPA, ici dans les mêmes locaux, vers des chargées de prévention, des assistantes sociales », enchaîne le psychologue de la CJC. Ce sont ensuite aux professionnels médicaux de prendre le relais (infirmière, médecin, psychologue). Quand c’est nécessaire, les intervenants de la CJC peuvent orienter vers les hôpitaux ou les cures de sevrage.

Prévenir tous les publics

L’un des enjeux importants du centre est la prévention chez tous les types de publics. « Globalement, on est très sollicité pour des ateliers pour les jeunes par des établissements dans l’enseignement, la formation, mais aussi des foyers d’hébergement, explique Sophie Revert, chargée de prévention formation. Dans les interventions, les acteurs recherchent vraiment l’interactivité : « On s’appuie sur leurs propres connaissances et on échange aussi au-delà du cœur de l’addiction : la situation, le contexte de consommation, les alternatives, les émotions, la communication entre les jeunes. On travaille beaucoup de manière transversale les compétences psycho-sociales. »

Ils proposent aussi des actions avec une cible très jeune, comme l’explique Cloé Desbles, chargée de projet Prévention : « Les compétences psycho-sociales (CPS), on peut les travailler dès tout petit : on les a tous et on les renforce et développe tout au long de notre vie. Nous on va suivre des enfants du CM1 à la 6ème avec comme objectif de lutter contre l’entrée du tabagisme chez les jeunes. Mais à aucun moment on va parler de tabac avec les petits. On va surtout repérer les émotions, comprendre les rapports dans un groupe, en travaillant avec des images. » Les projet sont généralement co-animés avec les enseignants et sur la base de jeu ludique. « Les outils sont vraiment prétexte à évoquer certains sujets et attirer l’œil  », ajoute Cloé Desbles.

Ils présentent aussi des dispositifs pour « réduire les dommages et les risques», par exemple un capuchon sur les verres en soirée pour éviter que l’on verse des substances, ou encore les éthylotests.

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