La Métropole de Lyon et la ville de Villeurbanne présentaient vendredi dernier les principaux avancements de l’opération Gratte-Ciel centre-ville. L’objectif du projet urbain : doubler la taille du centre-ville de Villeurbanne de 7 à 14 hectares.

« Changer la ville pour changer la vie » : telle était l’ambition du maire socialiste et médecin Lazare Goujon après son élection en 1924. Le docteur souhaitait créer un vrai centre symbolique de Villeurbanne pour sa population, moderne et hygiénique. Entre 1927 et 1934, le quartier des premiers gratte-ciel en France, qui constitue l’actuel centre-ville de Villeurbanne, sort de terre. Aujourd’hui, l’opération du médecin ambitieux se poursuit à travers le projet Gratte-Ciel centre-ville, lancé en 2008. De quoi s’agit-il concrètement ?

Un centre-ville élargi

La ville de Villeurbanne et la Métropole de Lyon souhaitent conforter le quartier historique et lui donner une nouvelle dimension de cœur d’agglomération. « Une opération sans équivalent en France », selon le maire de la ville, Jean-Paul Bret. Il s’agit d’une construction de plus de 100 000 m² de surface de plancher. Les espaces publics occupent une large part de l’opération : 25 000 m², soit 35 % des 7 hectares de terrain. 900 logements seront réalisés, dont près de 50 % d’habitat social. Au-delà, les équipements publics seront renforcés. Un nouveau complexe sportif municipal sera mis en service à l’automne, et le groupe scolaire Rosa-Parks ouvrira ses portes à la rentrée 2020. Toutefois, le renouvellement urbain se trouve face à deux grand défis.

« On a essayé de faire quelque chose de moderne qui s’harmonise avec le quartier existant. »

D’abord, les nouveaux bâtiments doivent respecter l’architecture audacieuse des années 1930, date à laquelle le quartier a été érigé à Villeurbanne. Cela ne pose pas de problème à David Kimelfeld, président de la Métropole de Lyon : « Rien n’oppose la modernité au respect de nos racines, de notre patrimoine ». En effet, le projet prévoit le prolongement de l’avenue Barbusse en reprenant l’architecture en gradin mise en place dans les années 1930. « On a essayé de faire quelque chose de moderne qui s’harmonise avec le quartier existant. », explique Jean-Luc de Passano, président de la SERL qui porte l’aménagement de la Zone d’Aménagement Concerté (ZAC).

Lors de la visite du nouveau groupe scolaire Rosa-Parks au centre-ville. Crédit Photo : Pauline Beger

Une accession facilitée à la propriété

De plus, l’enjeu social du projet urbain est extrêmement fort. Peut-il répondre à l’urgence actuelle d’accès au logement ? « Aujourd’hui le prix du marché offert aux Villeurbannais est devenu inaccessible. », constate Benoît Tracol, directeur de l’entreprise Rhône Saône Habitat. La société est en charge de l’îlot C, portion du projet développant une programmation de logements majoritairement sociaux. « Seulement les investisseurs et les personnes ayant largement les moyens pourraient encore acheter », selon le promoteur. Pour faciliter l’accès à la propriété, la société a récemment créé un dispositif de dissociation du foncier, portée par un organisme dédié.

 

      Interview de Benoît Tracol - Le foncier dissocié

 

Accompagné d’une TVA réduite, ce dispositif permettra au promoteur de proposer des prix en moyenne 40 % moins chers qu’avant. « Cela veut dire qu’on passe d’entre 3 000 € et 4 000 € le mètre carré à 2 500 € ou encore moins », précise Benoît Tracol, qui assure vouloir créer une offre réellement accessible aux foyers les plus modestes.

 

      Interview de Benoît Tracol - Une chance pour tous ?

 

Le renouvellement urbain à Villeurbanne, va-t-il pouvoir répondre à son double enjeu ? Pour la réponse définitive, il faut attendre l’année 2030, la date prévue pour la fin du projet.