66 933 “j’aime” Facebook, 11 000 abonnés Youtube, les pages d’Henry De Lesquen sont virales en ces temps sur internet auprès des jeunes. Suscitant effroi ou admiration, rire ou dégoût, de nombreuses rumeurs courent sur l’identité de la personne, mais aussi du personnage internet qu’il est devenu. Nous avons décidé d’enquêter sur la véritable identité de l’administrateur de toute cette campagne internet.

Un parcours politique construit à l’extrême droite

Henry De Lesquen [leskɛ̃] est un homme politique quasi invisible de la scène politique. Nommé par exemple en 1987, par Jacques Chirac, secrétaire général de l’office public d’aménagement et de construction (OPAC) de Paris, il prendra  sa retraite en juillet 2013. “Nationaliste, libéral, démocrate, républicain, traditionaliste, identitaire et populiste” comme il l’affirme lui même au banquet des 65 ans de Rivarol (un journal hebdomadaire français d’extrême droite se réclamant de «l’opposition nationale et européenne »), Henry De Lesquen est également co-fondateur du club le Carrefour de l’Horloge un “cercle de pensée politique” de droite, voire extrême droite. Non contre une Union avec le FN, De Lesquen est également membre du Parti Nationaliste – Libéral, dont on ne trouve aucune trace exceptée sur sa page officielle. Pour couronner le tout, il est également le président de Radio Courtoisie, une radio nationaliste qui prohibe toutes musiques “nègres”.

Grand adepte de la “réémigration”, qui consiste à renvoyer les “congoïdes” et autres immigrés dans leur pays, De Lesquen s’amuse de par des montages photos ou vidéos à faire passer ses messages. Humour noir ou racisme banalisé, je vous laisse le bénéfice du doute. Doute, qui n’est que très peu présent sur les réseaux sociaux face aux commentaires hilares des internautes. Homme ridicule et peu influent politiquement sur la nouvelle génération, il a cependant une influence sur leur humour. Ses termes farfelus tels que “caucasoïdes”, tout droit sortis de son rapport sur Les 5 races de l’humanité sont renforcés par des explications pseudo-scientifiques. Il s’explique dans un interview de Planet + qu’il est plus partisan du “racisme positif”, car “la haine est un sentiment qu[’il] ignore”. Nous pouvons comprendre son point de vue plus en profondeur grâce à son livre Penser l’antiracisme (1999) avec écrit en 4e de couverture : “Il faut distinguer un antiracisme identitaire, qui défend la dignité et l’identité de chaque peuple, et un antiracisme égalitaire, qui remet en cause notre identité nationale. Cette forme perverse de l’antiracisme n’est qu’un des masques de l’égalitarisme totalitaire qui menace nos sociétés démocratiques ; elle risque, par ses excès, de provoquer une véritable guerre des ethnies.

Mais ceci n’est pas tout, il semble aussi mener un combat contre “la religion de la Choah” -qu’il préfère à Shoah, terme anglicisé selon lui-, où il nous explique très clairement en 10 points en quoi il faut abolir la loi Gayssot (13 juillet 1990) qui condamne le négationnisme. Nous rappelons que le négationnisme est un courant de pensées qui nie l’existence de la Shoah et des chambres à gaz ayant exterminés 6,5 millions de juifs au cours de la Seconde Guerre mondiale. Même si certains rient beaucoup des publications démentielles de ce “mauvais-pensant mais de bonne intention”, il ne faut pas que les internautes oublient que ce personnage politique est bien réel, et qu’il prône des idées condamnables en tous points. Henry De Lesquen est un homme bien étrange : le regard et le ton doux, on a vite de la sympathie pour ce nationaliste raciste “positif”. La communication est en effet son point fort : il parodie des images et memes virals d’internet pour accrocher l’attention des autres. Il publie des vidéos “humoristiques” : tels que ce musulman donnant des freehugs à des passants : https://www.youtube.com/watch?v=TdFvVXfFsWw ayant fait le buzz sur internet. Utilisant des symboles ou encore des voix telles que celle de google traduction, Henry De Lesquen a réussi ce qu’il voulait faire : du racisme positif.

Le racisme positif, on en rigole,  mais on ne le condamne pas.

Il est cependant important de rappeler que de véritables personnes partageant ses pensées et ces idéaux (Voir Marie S’infiltre :

Une page Facebook et des vidéos “à mourir de rire” ne devrait pas euphémiser la portée de ces propos. Babor Le Fan, un youtuber humoristique, avait réussi dans sa vidéo La vérité sur Henry de Lesquen à tromper les internautes sur sa véritable identité. Faisant croire à un “Fake” inventé par des jeunes Nantais en Communication,  la tromperie passe sans problème face à un personnage aussi aliéné. Détournant le Parti Nationaliste-Libéral en PNL, le groupe de rap, la blague est si grosse que cela passe. De Lesquen à la retraite depuis 2013 puise peut-être un certain amusement à ces montages et à ces réactions en masse. Même si sa personne est insignifiante dans notre vie politique, il faut tout de même lever le voile pour les 66 933 personnes qui likent et commentent sa page facebook. Nous avons bien eu confirmation que ce compte lui appartenait, la question qui subsiste est la suivante : qui sont les jeunes gens qui l’aident, cachés derrière la toile ?

Henry De Lesquen au banquet de Rivarol :