Retour sur la nouvelle police de proximité, les Uteq, installées aux Mas du Taureau à Vaulx-en-Velin et aux Minguettes à Vénissieux depuis près d’un mois.

Connue sous le nom d’Uteq (Unités territoriales de quartier), la police de proximité marque son retour dans les quartiers dits « sensibles », à la Grappinière et aux Mas du Taureau à Vaulx-en-Velin, et aux Minguettes à Vénissieux. Même si le préfet de région, Jacques Gérault, ne l’entend pas de cette oreille : « Je vous jugerai à vos résultats, j’attends de vous une baisse de la délinquance et une hausse du nombre d’interpellations » annonce-t-il le 23 septembre dernier lors de la mise en place officielle de fonctionnaires de police qui patrouillent désormais à pied.

Même si un des objectifs visés  est de rétablir le lien avec les habitants, il ne s’agit pas ici de faire du social en jouant au foot avec les jeunes par exemple. Le préfet est clair sur le sujet : « On ne vous demande pas de faire de l’assistanat, il y a des assistantes sociales pour cela ; votre rôle est de faire de la police, d’observer, de regarder et d’agir ». La priorité est donc donnée à répression plus qu’à la prévention, en vue principalement de mettre fin à la petite délinquance et à « l’économie parallèle », projet cher à Nicolas Sarkozy.

Dix-huit policiers sont répartis à Vénissieux, arpentant par groupe de trois les Minguettes de 16h30 à 0h40. Depuis leur établissement, les unités de l’Uteq ont procédé à deux interpellations suite à des jets de pierre. Qu’en est-il depuis ? Nous sommes allés interroger les habitants du quartier de la Darnaise aux Minguettes. « Je les ai vu passer plusieurs fois, mais ça ne change rien. Je préfère les voir en voiture, on se sent moins fliqués. De toute façon, en voiture ou à pied, on ne va pas les aborder». Pourquoi ? « A cause de ce qu’ils faisaient avant. C’est pas les mêmes aujourd’hui mais c’est resté… Ce n’est pas la police de proximité mais la BAC (Brigade anti criminalité) qui provoque » indique Kevin, 21 ans.
« Il s’agit d’un grand coup médiatique, au départ. On nous annonce qu’ils ne vont pas faire de la prévention et qu’ils vont mettre fin à l’économie souterraine. Ils ont procédé à deux interpellations avec la BAC de deux jeunes, rien de grave mais depuis on ne les a plus vus » raconte une travailleuse sociale. D’après le témoignage de certains habitants du voisinage, ils ne tourneraient pas dans le quartier. «  Je ne les ai jamais vus dans le quartier, même je trouve que c’est mieux de les voir à pied. Il y a plus de contact et de dialogue, même s’ils restent souvent invisibles » témoigne Fahardim, 21 ans.

Auteur : Rafika Bendermel
Crédit image : infographie 20 minutes.fr

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