Après l’orage, le beau temps? Non.Les conséquences de la crise financière sont bien réelles. Rencontre avec une famille habitant Vaulx-en-Velin qui en a fait les frais.

Karima, c’est ainsi que je l’appellerai, mariée à Adel, vivent tous deux dans une paisible maison située à Vaulx-en-Velin, entourés de leurs trois enfants. Cette mère de famille de 37 ans a été l’une des victimes de la crise. Travaillant dans le textile comme échantillonneuse au sein d’une entreprise de 21 salariés pendant 9 ans, Karima est en cours de licenciement. La cause : son poste n’existe plus.

L’entreprise, dans laquelle elle travaillait, était située en plein coeur de Lyon. Le coût élevé du loyer a entrainé son déménagement en espérant son sauvetage. Mais celle-ci a eu du mal à sortir la tête de l’eau. L’employeur a donc été dans l’obligation de licencier une dizaine de salariés dont la malheureuse Karima, qui fut la 13e sur la liste. La nouvelle est tombée il y a un mois. Pour la mère de famille, le soulagement l’emporte sur le désarroi : « Oui, je m’y attendais et je l’espérais car mon domicile est maintenant à 35 km de l’entreprise. C’est un voyage beaucoup trop long pour moi ».

Actuellement en congé parental, Karima n’a pas encore perçu les indemnités de licenciement, aucun accompagnement n’est prévu. Elle m’a révélée « l’absence de plan social et de syndicat dans cette entreprise », ce qui m’a laissée perplexe. Des mesures doivent être prises par chaque employeur afin de favoriser le reclassement des salariés licenciés pendant la période de crise.

« Aucune négociation n’a été engagée entre les employés et le chef d’entreprise. Ce dernier n’a rien proposé. Tous ont suivi pour le déménagement », affirme Karima. D’autre part, elle dévoile le manque d’honnêteté de son employeur. Il a tenté de lui refuser les indemnités en souhaitant la licencier pour faute grave car les caisses de l’entreprise seraient vides.
C’est un mal pour un bien puisque son licenciement l’a boosté et lui a donné une opportunité de bifurquer dans la branche du social. Ce fut pour elle, « un coup de pouce et une délivrance pour se réorienter », me confie t-elle. Karima a donc trouvé un emploi à mi-temps, depuis le 1er mars. Elle effectue un remplacement dans un foyer de vie pour handicapés mentaux en s’occupant notamment des tâches quotidiennes, de la toilette et des repas.

Adel a connu un cas similaire à celui de son épouse. Ouvrier dans une PME, cet homme de 47 ans ne s’est pas vu licencié mais muté dans l’Ain, après que l’entreprise ait, elle aussi, déménagé. Deux usines, situées à Pusignan et à Balan, régnaient dans la région mais l’une d’elle a périclité. Une vague de licenciement s’est alors abattue. L’aventure pour Balan se poursuit puisque la société est propriétaire de l’usine. Les indemnes de l’exclusion dont Adel, ont été affectés dans l’Ain

Depuis 2009, Adel et les salariés sont forcés de chômer chaque vendredi du mois. De plus, ils ont été contraints à une baisse de leur revenu de façon temporaire, c’est-à-dire à la suppression d’une semaine de salaire par mois.

Ce couple, comme des millions de personnes, a vécu une période noire à cause des entreprises qui ne sont pas armées face à la crise. Les licenciements deviennent quotidiens et les salariés des sociétés les plus vulnérables en font les frais.

Auteur : Dalila Khenfri

La rédaction

Crée en 2008, la rédaction du Lyon Bondy Blog s'applique à proposer une information locale différente et complémentaire des médias traditionnels.