Le Secours populaire a vu le nombre de personnes demandant de l’aide s’envoler depuis la crise sanitaire. Près de la moitié des demandeurs n’était jusque-là pas connue de l’association. Le Lyon Bondy Blog a contacté Christiane Cointy et Evelyne Lucas du comité de Vaulx-en-Velin afin de nous éclairer sur la situation locale.

 

 

Le Secours populaire alerte sur l’augmentation des inégalités suite à la crise sanitaire qui a mené de nombreux français à la précarité alimentaire. L’association d’aide aux plus démunis annonce qu’un français sur trois a subi une perte de revenu à cause de la crise du coronavirus. Au niveau national, 45% des demandeurs d’aide ne s’étaient jamais rendus au Secours populaire.

La secrétaire générale de l’association, Henriette Steinberg a expliqué que le Secours populaire n’a pas connu une telle situation depuis la Seconde guerre mondiale. En 2019 l’association a aidé plus de 3 millions de personnes et bien qu’on ne connaisse pas encore les chiffres de cette année, ils devraient être largement supérieurs. 

 

Christiane Cointy responsable du comité du Secours populaire à Vaulx-en-Velin et Evelyne Lucas, trésorière de l’association témoignent sur la situation locale.

Vous aussi à Vaulx-en-Velin comme le reste des secours populaires en France vous connaissez depuis le confinement une recrudescence du nombre de demandeurs d’aide ? 

Oui depuis la crise sanitaire on a sans doute doublé le nombre de familles qu’on reçoit et ce n’est pas fini. Hier on a délivré une quarantaine de paniers. En ce moment on a une soixantaine de famille par semaine. Depuis le début du mois de septembre, 7 nouvelles personnes nous demandent de l’aide chaque semaine. 

Depuis la crise sanitaire, avez-vous assez de dons pour tenir ?

On a des gros problèmes avec la nourriture de l’Union Européenne, ils sont en rupture de stocks. De la part de l’UE on a plus que du riz et des flageolets. Avant on recevait au moins du café, de la farine et un tas de produits de premières nécessités. Il me semble que la situation est la même au niveau national. On appelle toujours aux dons, c’est ce qui nous a permis de tenir.jusqu’ici.

Avez-vous vu une augmentation des dons pendant le confinement ?

Les gens ont été très généreux pendant le confinement effectivement. Maintenant on a un tout petit peu moins mais ça va encore. Cela a fait beaucoup de bien qu’il y ait autant de générosité !

Par rapport à l’agenda du secours populaire, prévoyez-vous des actions à Vaulx-en-Velin ou à Lyon ? 

Au vu de la conjoncture, c’est très difficile d’organiser quoi que ce soit. Les actions sont limitées. Tout est en stand-by. Toutes les braderies solidaires ont été annulées y compris celle de décembre, et pourtant c’est un gros soutien financier pour le Secours populaire. Cet été, toutes les vacances qu’on organise habituellement pour ceux qui ne peuvent pas partir ont aussi été annulées. 

Avez vous plus de bénévoles depuis la crise sanitaire ? 

Non, malheureusement c’est plutôt l’inverse. On a moins de bénévoles, même si au moment du confinement de nombreuses personnes sont venues spontanément, comme des instituteurs ou d’autres associations. Ils sont venus nous donner un coup de main pendant qu’ils ne travaillaient pas mais à la reprise on a manqué de bras. 

De quelle manière la crise du coronavirus a-t-elle changé vos méthodes de travail ?

Il y a une nouvelle organisation. Nous devons faire beaucoup de manutention puisque les personnes ne viennent plus à l’épicerie comme avant, nous devons préparer et donner les colis. Maintenant, ceux qui viennent ont un rendez-vous bien précis. C’est pareil au niveau de la friperie : bien qu’on ait rouvert le magasin, les conditions d’accès ont changé. Cela nous demande beaucoup d’effort, c’est une réorganisation complète. Pour ça, il faut du monde !

De quelle manière pouvons-nous aider le Secours populaire ?

De toutes les manières ! Dans un premier temps on a besoin de dons, parce que tout ce qui vient de la banque alimentaire est acheté. Surtout qu’on n’a pas pu mener nos activités qui nous amènent des revenus. On vit beaucoup grâce aux activités qu’on met en place. Cette année, on a un gros manque. On a aussi besoin de bras, de plus de bénévoles.