La compagnie parisienne “Tamérantong !” est venue présenter, le 7 et 8 avril, sa pièce de théâtre « La Tsigane du Lord Stanley » au centre d’art Ramdam de Sainte-Foy-lès-Lyon. Les comédiens, avec une majorité d’enfants , offrent un spectacle digne des grandes compagnies sur le tabou sociétal des Roms.

“Les enfants de la lune…” – Crédit : Nina-Flore Hernandez

22 enfants au cœur du projet

Sur les routes depuis 2013, l’aventure a commencé bien plus tôt pour ces enfants du quartier de La Plaine Saint-Denis. En 2011, ils commencent leur initiation au théâtre et à la vie. Christine Pellicane, la metteuse en scène à l’origine de la pièce, voulait « éclairer les quartiers et les esprits » sur la situation des Roms. Inspirée du conte « Norma et le beau Lord écossais » de Jean Portail, la représentation raconte la vie de bohémiens s’installant dans un village où ils sont rejetés, complétée par une histoire d’amour entre une tsigane et un lord. La metteuse en scène s’est également inspirée du livre d’Alexandre Romanès, époux d’une tsigane, du témoignage d’Ilona Lockova et de poèmes de Papusza. Malgré des déplacements coûteux, la compagnie s’est déplacée en métropole lyonnaise avec l’aide de la compagnie Maguy Marin, dont il connaissait déjà l’existence. Accompagnés de quatre adultes professionnels se délectant des danses sur scènes, les enfants de 6 à 16 ans nous transportent dans l’univers des bohémiens et de la violence autour de cette communauté. Le centre artistique, Ramdam, qui accueillait également des centres scolaires pour assister à la représentation, a voulu ouvrir ses portes à cette compagnie afin de continuer de promouvoir l’art.

Photo : « Les Gaulois… » – crédit : Geoffroy de Boismenu

Bien plus qu’une pièce, un débat sociétal

Alors que la pièce se déroulait pendant la journée internationale des Roms, le 8 avril, les membres de la compagnie n’ont pas oublié de « sensibiliser le public » pour montrer que l’on peut tous « vivre avec nos différences et dans un monde juste ». Malgré cela, un membre de Ramdam, David, pense que cela devrait être « tous les jours une préoccupation, pas uniquement lors de cette journée ». Le scénario de la pièce démontre la violence en la chorégraphiant et en utilisant l’humour pour la dénoncer. Christine Pellicane veut prouver que la « différence est intéressante et qu’il ne faut pas en avoir peur ». De plus, le conte dont elle s’est inspirée, offre le coté positif et négatif également présent chez les Roms. Les enfants du spectacle sont donc à la fois initiés aux méthodes du théâtre et au ‘vivre ensemble’. Cette pièce colorée donne à réfléchir sur la xénophobie et le racisme auxquels les Roms sont souvent confrontés. Une tournée qui continuera jusqu’en 2018 pour la compagnie Tamérantong !.

Photo : « Marababa et le Dindon migrant.. » – crédit : Geoffroy de Boismenu

Alexandra SABADELLO