Quand on parle rugby, on pense bien évidemment au rugby à quinze avec ses différentes sélections internationales faisant parties désormais de l’histoire de la discipline : XV de France, XV de la rose, ou encore All-Blacks, pour ne citer qu’eux. Mais un nouveau format du rugby a connu un « boom » médiatique ces dernières années grâce notamment au Kenya, vainqueur du dernier tournoi mondial. Le rugby à sept a su faire la part belle dans le paysage du rugby.

Après le rugby à quinze et à treize, le rugby à sept est devenu pour la première fois sport olympique lors des JO de Rio en 2016, permettant l’éclosion de petites nations. On pouvait alors penser que ce sport avait fait son apparition seulement quelques années auparavant. Faux ! Il faut remonter à plus d’un siècle en Grande-Bretagne, plus précisément en dans la petite ville de Melrose, pour découvrir sa génèse. Sorti tout droit en 1883 de l’imagination de deux bouchers écossais, Ned Haig et David Sanderson, le rugby à sept avait comme simple but de multiplier le nombre de matchs en tournois et surtout, mettre l’accent sur le « show ».

Vitesse et spectacle comme maîtres mots

À la différence de son homologue à quinze, le rugby à sept lui se joue sur deux périodes de sept minutes chacune, avec une pause d’une seule petite minute. Si le nombre de joueurs est réduit de moitié, le terrain reste cependant le même qu’au rugby à quinze. Couvrir la même surface de jeu avec moitié moins de joueurs recquiert une énorme dépense physique et les organismes sont donc mis à rude épreuve ! Fini les occupations territoriales, les combats dans les mêlées ; place aux sprints, aux percussions et aux évitements sans interruptions et de surcroît à très haute intensité. C’est ce qui fait le sel de la discipline.

Naissance d’un véritable engouement

L’absence de tournois internationaux a empêché l’éclosion du rugby à sept pendant de nombreuses années. Il faudra attendre cent ans après sa création pour assister à la première coupe du monde de Sevens à Edimbourg, en Écosse, en 1993. Justement, parlons-en des Sevens. Les Sevens World Series sont la principale compétition internationale de l’élite du rugby à sept. Un tournoi annuel comprenant différentes étapes à travers le monde, dans lequel s’affrontent les quinze nations de l’élite, dites les « Core Teams ». Une nouveauté qui a davantage médiatisé la discipline et qui a notamment permis le retour du rugby sur les devants de la scène olympique.

Une alternative au rugby à quinze ?

« Le VII est également une alternative pour les joueurs, il leur offre la possibilité de participer au circuit mondial et de s’améliorer techniquement. C’est un complément de formation. Le VII peut les mettre en valeur et agir comme un tremplin », évoquait pour Libération en 2006 Thierry Janeczek, sélectionneur de l’équipe de France de rugby à sept de 1996 à 2010.

Une alternative qui vaut également pour le public, qui grâce à cette formule de jeu peut assister à plusieurs matchs à la suite au lieu de consacrer 80 minutes pour un seul. Le téléspectateur peut ainsi assister à de nombreux essais, là où un match de XV semble moins rythmé.

Cette alternative du rugby à quinze se retrouve surtout dans des pays d’Afrique, où le rugby à sept est récemment devenu le sport national par excellence. Le parfait exemple de cette popularité le Kenya, qui avait fait sensation lors de sa victoire au circuit mondial du tournoi de rugby à sept. Il l’avait emporté face aux Fidji, premier du classement mondial. Cette variante du rugby à quinze a été adoptée dans certains pays d’Afrique, car il semblait presque impossible de rivaliser avec les grandes nations du XV. Par manque de joueurs d’expérience pour être suffisamment compétitif au niveau mondial, le Seven apparaissait alors comme une parfaite variante pour les athlètes africains, connus pour leur vitesse, leur physique et leur endurance. Le niveau plus homogène du Seven a donc permis à des pays comme le Maroc, le Sénégal, le Nigéria et bien d’autres, de s’aventurer dans ce nouveau sport olympique.

Le Seven a donc permis au rugby de faire son grand retour aux JO après 92 ans d’absence. Une preuve de plus que cette variante spectaculaire du rugby s’est aujourd’hui faite une place dans le panorama ovalistique.

Damien Mounia

La rédaction

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