Un arrêté publié le 6 octobre 2017 au Journal officiel l’annonçait : depuis le 1er janvier 2018, les candidats à l’épreuve pratique du permis B et B1 sont désormais tenus de répondre à une question liée aux notions élémentaires de premiers secours.

Pas de geste à effectuer sur un mannequin, ni même d’épreuve pratique : juste une simple question posée par l’examinateur sur les bons gestes à avoir lors d’un accident ou le comportement à prendre face à un blessé, qui s’ajoutera à celles déjà posées au cours de l’examen pour vérifier la connaissance du véhicule et la sécurité routière. Par exemple : « quels sont les numéros d’urgence ? » ou « faut-il sortir un blessé de sa voiture ? ». C’est donc 100 nouvelles questions exclusivement tournées vers les premiers soins et leur administration qui seront fournies aux examinateurs. Une mauvaise réponse n’est pas éliminatoire, tandis qu’une bonne réponse apportera un point supplémentaire à la note finale du candidat.

Cette réforme fait suite aux diverses initiatives déjà réalisées depuis quelques années, afin de redonner à l’introduction aux premiers soins une place centrale dans l’apprentissage de la conduite. L’ajout d’une formation concrète aux gestes de premiers secours, comme cela se fait lors de la Journée défense et citoyenneté, a longtemps été préconisé afin de compléter la formation traditionnelle dispensée au sein des auto-écoles, mais n’a jamais réellement pu voir le jour, faute de mise en place concrète ou de financements suffisants. C’est désormais chose faite avec cette mini évaluation théorique.

À nouvel examen, nouvelle formation. Les candidats recevront désormais un apprentissage sur les premiers secours de la part de leurs formateurs, qui vont devoir agrémenter leurs sessions d’apprentissage du code par de nouveaux supports pédagogiques dédiés aux premiers soins, en plus de ceux orientés vers la conduite.

 Une bonne chose » selon Christophe Tellier, gérant des autoécoles HTC. Selon lui, « cette formation est importante pour chaque élève, dans le sens où elle lui permet d’assurer au mieux la sécurité de ses passagers ».  Cette réforme n’a pas la même vocation que celle de la Journée d’appel, mais il la juge tout de même utile, car « si les apprentis conducteurs sont supposés déjà avoir été formés aux premiers secours durant la Journée d’appel à la défense, ils ne retiennent pas forcement les gestes qui sauvent ». Il ajoute qu’un «rappel n’est jamais inutile, peu importe l’âge ».

Même si positive, cette réforme ne change pas fondamentalement sa manière d’enseigner, ni même la place qu’occupe l’introduction aux premiers soins dans sa formation. Pour lui, même si aujourd’hui codifié et imposé durant l’examen final sous la forme de cette mini-évaluation théorique, « ce travail [de formation aux premiers soins] était déjà en soi réalisé depuis longtemps par les auto-écoles, notamment par l’affichage au sein des locaux des différents numéros d’urgence, ou encore des gestes importants à connaitre ». Cette information passive a d’ailleurs été complétée dans certains cas par la prise de rendez-vous pédagogiques au cours desquels interviennent gendarmes, psychologues et professionnels de la sécurité, en vue de sensibiliser les futurs conducteurs.

 

Florent CLERQ

La rédaction

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