Ce mercredi 2 mai se tenait la conférence de presse de mi-parcours de mandat des élu.e.s Lyon Citoyenne & Solidaire du 1er arrondissement. Une conférence de presse lors de laquelle quatre grands axes ont été évoqués tels que la défense du service public municipal, le développement de la participation citoyenne, la protection écologique et la création de solidarité internationale. En marge de cette conférence, Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement est revenue pour le LBB sur son actualité.

 

Concernant votre actualité, on parle principalement d’une situation quelque peu tendue au sein du GRAM, qu’en est-il de votre situation ?

« Je ne suis pas parti du GRAM et je n’en suis jamais parti. Le GRAM nous l’avons cofondé avec Renaud Payre à la fin de l’année 2011. C’était un collectif c’est devenu une association en 2013. Je n’ai jamais occupé de fonctions au sein du GRAM, je n’ai jamais été présidente ou autre, le président a toujours été Renaud Payre. Il y a eu une tentative de la part du bureau du GRAM d’exclure un certain nombre d’adhérents, de m’exclure également, mais moi je n’en étais jamais parti et les adhérents ont convoqué une assemblée des adhérents comme nos statuts le permettent et face à cette demande des adhérents d’un débat sur la direction du GRAM, sa ligne directrice, puisque Renaud Payre en tant que Président avait fait des déclarations dans la presse, notamment dans le Progrès. Le Président et les membres du bureau ont préféré démissionner le jour même de l’assemblée des adhérents pour ne pas avoir à rendre compte aux adhérents de leurs propos et de ce fait ils sont démissionnaires, mais le GRAM lui reste, j’en fais toujours partie, des membres anciens en font toujours partie, des nouveaux sont également arrivés. Non seulement le GRAM continue, mais je n’en suis jamais parti et je ne partirai pas. »

 

Aujourd’hui comment faites-vous pour travailler avec les autres élus (André Gachet, Jean-Pierre Bouchard, Marwan Martelli, Arthur Remy et Corinne Soulanet) ?

« Les adhérents qui étaient sur la ligne de monsieur Payre sont partis avec l’ancien président. Selon moi, qu’un Président et qu’un bureau ne veuillent pas dialoguer avec les adhérents d’une association, ne veulent pas rendre compte de leurs propos dans la presse, cela me pose question. Pourquoi au lieu d’en discuter en interne, ils ont préféré démissionner, faire une conférence de presse le jour même de notre assemblée des adhérents ? J’ai envie de dire qu’ils ont fait le choix de s’exclure et de partir tout simplement, et après concernant les membres actuels du GRAM, il y a des anciens, des nouveaux, et on est toujours sur la même notion d’une association citoyenne, engagée en politique, engagée à gauche, pour des valeurs humanistes, écologistes et on continue. »

 

Vous en êtes à votre 3ème mandat en tant que maire du 1er arrondissement, quels sont vos projets pour 2020 en politique ?

« Moi je souhaite pouvoir contribuer à une liste de gauche, mais une liste de gauche non pas comme on voudrait parfois nous présenter comme une gauche radicale, une gauche extrémiste, mais simplement de gauche. On voit sur l’échiquier politique un déport vers la droite, donc ceux qui restent sur leurs valeurs initiales. Aujourd’hui on est qualifié d’extrême gauche, mais non, on est simplement là où on était déjà il y a quelques années avec les mêmes valeurs et je ne vois pas pourquoi on nous qualifierait d’extrême gauche aujourd’hui. Donc c’est rassembler sur cette base de convictions, moi je parle d’une gauche de convictions et de constructions. La conviction c’est qu’on ne peut pas continuer avec un modèle économique et social qui nous emmène droit dans le mur, que le mythe de la croissance c’est fini, qu’il faut réfléchir à un développement plus respectueux de la planète, mais aussi des hommes cela signifie aussi défendre les services publics de proximité, et donc les fonctionnaires aussi qui rendent des missions pour l’état, il faut arrêter de mettre en concurrence les Français entre eux. Donc nous on est contre cette destruction programmée de l’état social, on pense aussi que le modèle économique libéral nous amène droit dans le mur, que les ressources ne sont pas infinies et donc on veut un nouveau modèle de développement plus respectueux, plus écologique, plus égalitaire aussi. C’est ce modèle-là qu’on veut défendre et je ne pense pas que c’est d’être extrême gauche que défendre ce modèle. C’est être écologique, c’est être humaniste. Donc mon objectif c’est rassembler toutes celles et tous ceux qui ont envie de défendre cette vision pour notre ville. »

 

Est-ce que dans ces projets il n’y aurait pas une possible alliance à gauche avec France Insoumise par exemple ou le front de gauche tout simplement pour rester dans une politique de gauche ?

« L’idée c’est que tout le monde soit le bienvenu c’est-à-dire que moi je souhaite qu’il y ait cette union-là. Je préfère parler d’union que d’unité. Une union responsable, une union en se disant qu’on a la responsabilité de mettre fin à cette braderie municipale, à cette perte des services publics, cette perte de solidarité sur notre territoire. Donc on doit aujourd’hui gagner la ville de Lyon et pour gagner il faut s’unir alors unissons-nous sur ce qui nous rassemble. Nous ne sommes pas identiques, mais nous avons des valeurs communes, un socle suffisant pour faire campagne ensemble, unissons-nous. Ce message il s’adresse à la France Insoumise, à Génération Hamon, au Parti communiste, à Europe Ecologie Les Verts, il s’adresse aux citoyens, il s’adresse donc à un ensemble et après l’idée c’est de dire dépassons simplement la logique d’accord entre partis, présentons ensemble un socle commun, peu importe nos étiquettes. Ce qui compte c’est le fond de notre proposition et chacun y aura sa place et ce que j’aimerais c’est qu’on arrive à présenter autre chose que l’alliance PC, Génération, FI, ELV, mais qu’on soit véritablement sur une proposition pour Lyon où chacun se retrouve et où chacun est le bienvenu. »

 

Nous aimerions revenir maintenant sur les événements de ce lundi avec Renaud Payre, président de science politique Lyon. Vous êtes intervenue à l’institut Science-Po, invitée par les étudiants, pour une conférence concernant l’accueil des migrants, et il semblerait qu’il y aurait beaucoup de difficultés à ce que cela se fasse ? Avez-vous des explications là-dessus ?

« Je n’ai pas d’explications, moi je sais que les étudiants engagés dans l’IEP Lyon en lutte m’ont invité à venir pour parler sur un sujet sur lequel je suis engagée depuis de nombreuses années, la question des migrations, la question de l’accueil, de l’hospitalité et plus récemment les mineurs non accompagnés puisque la Métropole à pris cette compétence à partir du 1er janvier 2015. Ces étudiants de science-po m’ont reconnu cet engagement sur la question et ils m’ont donc invité à parler de ce sujet. Je n’y suis pas allée en tant que Nathalie Perrin-Gilbert du GRAM, j’y suis allée en tant que Nathalie Perrin-Gilbert engagée depuis de nombreuses années dans la défense des migrants. Que certains aient eu peur de ma présence à l’IEP et aient voulu l’éviter et aient fait pression sur des étudiants j’ai envie de dire que ça les appartient, cela montre aussi des méthodes qui ne sont pas les miennes, l’essentiel c’est que la conférence s’est faite. Il ne faudrait pas confondre le rôle de ces étudiants qui défendent, ils sont solidaires avec Lyon 2, avec l’ensemble des étudiants qui voient leur université devenir sélective à l’entrée, ne plus pouvoir choisir leur voie d’étude, donc les étudiants de l’IEP se veulent solidaires de ce mouvement-là. C’est un mouvement qui dépasse bien l’IEP et Lyon et il faut que la direction de l’IEP en ait conscience et n’importe pas au sein de l’IEP des conflits politiciens qui n’ont pas lieu d’être. On attend du directeur de l’IEP qu’il soit bienveillant avec ses étudiants, le reste n’a pas à faire au sein de l’école. »

La rédaction

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