L’artiste lyonnaise Nat Van Ba se révèle avec un style pourtant peu connu du grand public. Avec son label Extatic Beats, elle s’attèle à réaliser des performances vocales, mais aussi visuelles qui apportent une nouvelle fraîcheur à la scène lyonnaise. Découverte.

À les voir, on se laisse convaincre que la musique est une affaire d’amitié. La passion scelle les liens entre des individualités aux histoires et aux parcours relativement différents. Nat Van Ba, chanteuse de trip hop, écrit les notes de son histoire aux côtés de Buzz et 3”16 les deux compositeurs et ingénieurs du son du label Extatic Beats, créé en janvier 2013. La structure basée à Villeurbanne s’est associée avec de nombreux représentants du hip-hop local comme L’araignée, Libann Style ou encore Bami Bassi.

Depuis un peu plus d’un an, les trois artistes forment une entité qui fait son chemin au fil de clips et de scènes qu’ils abordent comme un combat vers l’excellence.

Arrivée fraîchement dans le milieu, Nat Van Ba était auparavant une adepte du RnB. Elle déclare chanter depuis toute jeune sur des faces B. Séduits par sa motivation, les deux fondateurs du label lyonnais lui ont proposé une autre perception de la musique en apportant un côté électro. Cette rencontre a permis à l’artiste d’entrer dans un projet de développement qui prend vraiment forme depuis ces six derniers mois. Elle a ainsi découvert de nouvelles instrumentations qui l’emportent et la poussent vers le trip hop.

Le trip hop, un style plus introspectif

« Ce qui est bien, c’est d’apporter quelque chose de différent. Ne pas imiter avec du copier-coller des artistes qu’on entend tous les jours. Même si au début, les gens n’adhèrent pas et que l’on débarque comme un ovni dans le milieu musical, il faut croire en ce que l’on fait. C’est ainsi qu’au fil du temps, on peut faire découvrir notre style musical. »

Buzz et 3”16 confirment qu’ils ont baigné dans le trip hop. Ils perçoivent ce style comme plutôt ancien.

« On écoutait déjà ça il y a dix ou quinze ans. Appuie 3”16. Il a été importé par le groupe Massive Attack qui sont perçus comme les fondateurs du mouvement. C’est une musique très lente qui intègre beaucoup d’autres influences avec des breakbeat à 80 bpm comme sur le hip-hop. On utilise donc les codes du hip-hop avec des techniques électroniques. »

Et de préciser que des touches mélancoliques sont souvent présentes dans la voix des artistes. On vogue dans un registre plus sombre, plus mental comme dans le deuxième clip « Tout à un prix ». Ce titre est une véritable invitation à l’introspection. On y évoque le thème des relations amoureuses ou familiales oppressantes qui mettent la force mentale au plus bas. Dans le texte, l’artiste exprime avec profondeur sa volonté d’en sortir.

 Clip Tout à un prix : 

« Faire de la vidéo sans copier les codes »

Les clips « Tout à un prix » ou « Tout léger » ont été réalisés respectivement par Buzz et le vidéaste Tarentinoïz. Le visuel prend une place prépondérante avec des objets, des perspectives ou des plans originaux faisant office de symboles : « Le visuel est très important. On plonge dans une ambiance cinématique. Les gens en ont besoin, ce qui nous pousse à dépasser nos limites. C’est stimulant émotionnellement » reconnaît Nat Van Ba.

Clip Tout léger :

Mais ce sont des teasers retraçant la vie artistique du trio qui lui ont permis de se faire connaître.

On voit les trois artistes en pleine écriture, en séance d’enregistrement ou de visionnage, toujours dans un Nat van ba 12 biscontexte très naturel.

« Je fais de la vidéo depuis seulement deux ans, explique Buzz. Je veux en faire comme je fais du son, sans copier les codes. C’est-à-dire au feeling. J’adore filmer des gros plans dans la vie intime du groupe. Moi je m’efface, je capte ces moments. »

Sur le cheminement de la scène

Nat Van Ba écume les scènes depuis quelques semaines tout en se préparant avec une grande rigueur. Même si elle est encore novice, elle compte tout de même des faits d’armes comme sa victoire au tremplin Am’Artist à Bron en mars dernier où elle a fait une interprétation remarquée du titre de Lynda Lemay : « Le plus fort, c’est mon père ».

« Il y a encore un gros travail à faire, la scène, ça ne s’apprend pas comme ça. C’est une autre facette du métier. Il y a un stress sur scène qu’on ne trouve pas en studio. J’ai compris qu’il faut en faire énormément et passer par des répétitions. »

Vidéo tremplin Am’Artist : 

 

L’association Rilleux Events a choisi la chanteuse pour interpréter le générique qui accompagnera les chorégraphies des modèles participant au gala de mode C.A.R.R.I.E, le 12 novembre prochain. Extatic Beats assurera la composition de ce titre qui pourrait marquer un premier tournant dans la jeune carrière de l’artiste lyonnaise. En attendant, d’autres clips sont dans les tuyaux et un EP est en préparation.

 

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Mohamed Braiki

Natif de Lyon et enfant des Minguettes,je suis diplômé de Lettres de la Fac de Lyon 2 et l’EFAP Rhône Alpes. J’ai roulé ma bosse dans des rédactions lyonnaises comme la radio Lyon Sport 98.4, Le Progrès,Foot 69.fr, Tribune de Lyon et Lyon Capitale.

braikimohamed@yahoo.fr