Marylène Millet, élue municipale et métropolitaine du groupe UDI [« Union des démocrates et indépendants », centre, ndlr] de Saint-Genis-Laval, s’exprime sur la politique sociale du gouvernement. Son groupe politique a présenté ce jeudi son programme pour les élections européennes qui auront lieu le 26 mai 2019. Entretien.

Marlène Millet, deuxième en partant de la droite, nous a accordé un entretien à propos de la politique sociale du gouvernement. Crédit photo : Etienne Aazzab / Lyon Bondy Blog.

 

Lyon Bondy Blog : En Seine-Saint-Denis, cet été, 54 femmes SDF sont sorties de la maternité sans solution d’hébergement. Emmanuel Macron avait annoncé durant sa campagne « je ne veux plus (…) avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus ». Quelle est la situation aujourd’hui dans la métropole  ? 

Marylène Millet : Le rapprochement entre Métropole et CCAS [« Caisse centrale des activités sociales », ndlr] a permis de mieux échanger entre les travailleurs sociaux. Il y a une meilleure prise en charge. Une ville peut mettre plus facilement à l’abri une famille pour deux ou trois nuits à l’hôtel, mais n’a pas la capacité de faire plus.

LBB : Ce mardi, Jean-Paul Bret s’en est pris à Emmanuel Macron concernant notamment la baisse des APL. Qu’arrive-t-il si une personne ne parvient plus à payer son loyer ?  

MM : Une personne qui a des dettes de loyer peut solliciter un fonds de solidarité. Pour que l’on traite la dette il faut déjà que la personne ait recommencé à payer son loyer. Il faut aider à tout prix les personnes qui sont dans une situation de dette de loyer, mais en leur permettant de sortir de cette situation. Si l’on se contente de les aider à régler leurs factures, ils auront toujours un reste à vivre négatif.

Je suis présidente d’une association qui a collaboré à une étude de la Mission régionale d’information sur l’exclusion (MRIE), qui dit que de nombreuses personnes qui déposent des demandes d’aides sont déjà endettées avant de payer leur loyer. Elles ne peuvent pas s’en sortir si l’on n’améliore pas leur situation. J’ai l’impression que le plan pauvreté mise tout sur l’emploi.

LBB : Est-ce que cela ne risque pas d’être un nouvel effet d’annonce ?

MM : Je n’espère pas, car il y a enquête qui montre que l’écart entre riches et pauvres est en train de se creuser. Pour une société, c’est un risque de tension. Pour ce qui est des APL [« Aides personnalisées au logement », ndlr], on sait qu’elles peuvent avoir des effets pervers sur la hausse des loyers. En revanche, l’annonce a été plus que maladroite. Je ne sais pas quelle économie réelle cela a engendré, mais l’angle d’attaque n’était pas le bon.

LBB : Jean-Paul Bret a déclaré ce mardi en conférence de presse que « le talisman macronien était en train de se briser ». Quelle est la position du centre ?

MM : Il y a un groupe UDI à l’Assemblée nationale, qui sont avec certains Républicains dans le groupe AGIR. Ce qui est compliqué aujourd’hui avec l’Assemblée nationale en terme de représentation électorale, c’est qu’il y a une sorte d’effet de masse qui ne rend pas forcément visible le travail des députés. Pour le moment, il n’y a pas eu de grandes avancés sociales. L’idée de Macron, c’est de mettre l’accent sur le travail. Plus il y a d’actifs, plus il est facile d’aider.

Je suis présidente d’une commission aux affaires sociales qui reçoit des bénéficiaires du RSA [« Revenu de solidarité active », ndlr]. Pour certaines personnes, l’accompagnement est nécessaire. Une solution serait d’étendre l’expérimentation Territoire zéro chômeurs comme à Villeurbanne Saint-Jean. Le discours ambiant, c’est que certaines personnes seraient inemployables, mais ce sont les emplois qui ne conviennent pas. Il faudrait proposer des emplois en fonction des compétences de chacun.

Propos recueillis par Hugo Dervissoglou