Mercredi 9 mars, à 13 heures, place Bellecour, débute la manifestation contre la loi El Khomri. Étudiants, retraités, précaires, chômeurs et travailleurs sont au rendez-vous et manifestent main dans la main pour faire supprimer cette proposition de loi.

Plus de 7 000 personnes d’après la préfecture, au moins 20 000 selon les organisateurs. La manifestation du 9 mars commence à 13 h à Bellecour. Les jeunes, au premier rang, pancartes et banderoles à la main, animent le cortège : « Manu t’es foutu la jeunesse est dans la rue ! » Ils chantent et dansent sur la musique de Saez « J’accuse », qui dénonce le système gouvernemental français.

Exigeant le retrait de cette proposition de loi, les manifestants invitent chaque personne qui regarde de son balcon, à les rejoindre : « Avec nous dans la rue ! ». Et figurez-vous qu’un certain nombre sont effectivement descendus afin de les soutenir.

Les jeunes dénoncent ensemble la déchéance des droits des travailleurs et l’avenir médiocre qui les attend si cette loi est validée.

Naëlle, 19 ans étudiante en sciences politiques et anthropologie :

« Je suis là afin de me battre pour assurer un avenir meilleur pour les travailleurs et même pour le nôtre en sachant que c’est une réforme qui est inacceptable au niveau des droits qu’on a au travail. Le fait qu’on soit tous ensemble, qu’on lutte pour un projet commun et qu’on peut, nous-mêmes, la jeunesse, lutter contre cette loi, c’est magnifique. »

9 mars

« Les Khomri, ça suffit »

La jeunesse se mobilise pour son avenir, soutenue par les anciens. Pierre-Alain Millet résident aux Minguettes, militant communiste, et adjoint au maire de Vénissieux, témoigne :

« Je suis là parce que j’ai été délégué syndical dans ma petite société de services pendant dix ans. Le droit du travail, c’était quasiment la seule chose qui permettait de se défendre et de limiter les injustices. Le droit du travail est indispensable aux salariés et aux jeunes. C’est une attaque qui défait grosso modo tout le compromis social de la France du 20ème siècle. »

9 mars

Pierre-Alain Millet, adjoint au maire de Vénissieux, pendant la manif du 9 mars 2016

Militante contre « les lois liberticides qui nous tombent sur la tête » depuis son plus jeune âge, Linda 36 ans intervient.

« C’est une première manif, mais il faut que les gens se mobilisent. Les vraies gens concernés, les victimes du travail précaire : ce sont les gens qui habitent dans les quartiers, qui n’ont pas le bon nom ni même le bon faciès ! Il faut qu’ils sortent, qu’ils s’unissent, qu’ils participent et qu’ils parlent. Surtout sans laisser les gens parler à leur place ! »

9 mars

La marche continue jusqu’à Jean Macé, mais ne s’arrête pas comme prévu à cet endroit-là. En effet, déterminés comme jamais, avec leur slogan : « Jeunes, précaires, fiers et détèr’ », les manifestants prolongent leur combat et avancent jusqu’à la Guillotière où les choses se sont compliquées. Fumigènes et pierres ont volé dans tous les sens. On a dénombrait hier au moins trois interpellations et deux blessés.

 

Sirine Messaoudi, avec Julie Mazigh