Ibrahima Cissokho et Le Mandingue Foly ont fait danser la salle du Toï Toï le Zinc avec un groove afro-rock authentique, le 22 avril dernier. Ce projet peu ordinaire nous fait voyager entre le Sénégal et la France. Les basses, les percussions, la flûte et la kora se mêlent au chant mandingue. Une perle à croquer.

 

Mandingue Foly c’est Ibrahima Cissokho aka Ibou (chant et kora, un instrument de musique à cordes d’Afrique de l’Ouest) ; Françoise Veilhan Camara (basse et percussions) ; Laurent Baradel (flûte peule) et Shan Lotchi Ludmann (batterie).

Du Sénégal en France

Ibrahima Cissokho aka Ibou est né au Sénégal dans une famille de griots. Il suit les traces de sa famille de musiciens et apprend en profondeur la kora. Avant de débuter sur la scène française : « J’ai fait des tournées internationales avec une troupe de théâtre “Atelier Théâtre Sénégalais” et des tournées dans le cadre de la Semaine d’Éducation Contre le Racisme. » Se souvient Ibrahima.

À Lyon, le Mandingue Foly a débuté en 2008, mais l’histoire est plus longue que ça. Ibou entame la création de projet bien avant, au Sénégal, avec son entourage amical et familial. Il fait plusieurs allers-retours entre Sénégal et la France avant de s’installer à Lyon.

« J’ai rencontré une agence d’artistes qui bossait avec la « Fondation Cartier » de Paris. Ils m’ont fait jouer pendant un mois et demi dans un tournois de golf à Versailles. J’ai gagné un peu de thunes là-dessus. C’est là que je suis reparti au bled pour pouvoir m’investir avec mes cousins pour développer ce projet qui m’a toujours tenu à cœur, mais je n’avais pas les moyens pour le développer. On a bossé dans ce cadre pendant quatre ans. Après je suis revenu ici, parce que là-bas il n’y avait pas de soutien. »

Pour le projet Mandingue Foly, il a « pris le temps qu’il fallait, de cinq à dix ans » d’apprentissage sur les techniques et le travail du style. Certains morceaux actuels ont « un bon vécu au Sénégal sous une autre forme », nous confie Françoise.

« On est tous un peu “zola” »

La folie est le mot clé de la création même du projet. Shan, le tout nouveau batteur de l’équipe, raconte :

« Pour rentrer dans le projet, Ibou m’a dit : La caractéristique c’est d’être un peu “zola”. (NDLR : En Mandingue : “Le fou”) Et on s’entend tous bien, parce qu’on est tous un peu “zola”. Avant tout c’est la fête, c’est de se lâcher et de danser jusqu’il n’y a pas d’heure. C’est de faire toute sorte de folie. »

En s’installant à Lyon, Ibou rencontre Françoise lors d’un de ses concerts « il y a sept-huit ans ». Elle témoigne :

« J’ai entendu qu’il y avait un joueur de kora à Lyon. Je suis allée le voir, on a discuté j’ai dit que je jouais de la basse. Et on a commencé à travailler tous les deux. (…) Je l’ai présenté à des gens que j’aimais bien. Et petit à petit ça a formé l’équipe des musiciens et d’un ingé-son qui est sur ce projet depuis le début. »

Shan rejoint l’équipe il y a peu de temps pour remplacer Oliver Genin, l’ancien batteur du groupe : « J’ai dû bosser toutes les chansons en un mois pour ce concert. » Nous confie Shan. « Étant métisse, la musique africaine est dans mon sang ; et dans mon cœur, dans mes origines. »

« De la musique incroyable, mais vrai »

Tous les membres actuels de ce groupe franco-sénégalais habitent à Lyon et dans ses alentours. Ils travaillent soigneusement pour la sortie de leur nouvel album « Yanfu », prévu pour octobre prochain. C’est « un très joli bijou » comme le nomme Ibou. En attendant, on connaît déjà quelques noms en featuring : la griotte Malienne Hadja Kouyate ; le balafoniste Guinéen Sory Diabaté ; le percussionniste et guitariste Malien « Petit Adama » Diarra et le légendaire saxophoniste Nigérian Orlando Julius.

Chaîne YouTube : https://www.youtube.com/channel/UC1Cr6EqomtWDxtqS_Hhr51w

Site internet http://ibrahima-cissokho.com/

 

Jelena Dzekseneva

Née en Lituanie et ayant grandi au Kazakhstan, je suis arrivée en France en 2008. Pendant mes études d'anthropologie à Lyon 2, j'ai participé à divers projets associatifs qui m'ont fait venir au LBB en juin 2015.