Quand on pense capoeira, nous vient en tête l’esprit du Brésil, de la fête, etc. Sur Lyon, beaucoup d’associations se sont créées autour de ce sport artistique. Mais la capoeira est plus qu’un art de combat, c’est aussi une culture. Pour en savoir plus, nous avons rendu visite à Jules et au professor Caroço, de l’association Senzala, à Debourg. Un groupe connu et reconnu pour sa maitrise des techniques d’enseignement.

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L’histoire de la capoeira commence au Brésil, au temps de la traite négrière. Les esclaves, maltraités et forcés de travailler, avaient pour seul moment de repos la soirée. C’est à ce moment que s’est créé un rituel de danse spirituelle qui s’est ensuite tourné en art de combat, au milieu des « hautes herbes » (« capoeira » en portugais). Ce qui a permis à de nombreux esclaves de s’échapper de leurs propriétaires et de le diffuser à d’autres colonies.

Aujourd’hui, la capoeira peut être observée comme un art ou une culture avec des notions théâtrales. Diverses valeurs, comme le respect envers l’autre et celui de la hiérarchie, rendent ce sport plus complet que les autres. Avec du chant, des instruments, des acrobaties et des techniques de combat toujours enseignées sur un doux rythme qui parfois s’enflamme, c’est une discipline à part entière.

La création d’un sport lyonnais

S’agissant de l’implantation de ce mouvement à Lyon, elle a été facilitée par la forte communauté brésilienne déjà présente sur place. Les associations ne se sont pas autant développées qu’à Paris, mais cela n’a pas empêché plus d’une cinquantaine de professeurs de donner des cours différents dans la ville des Gones.

Au niveau de l’ancrage institutionnel de cette discipline, plusieurs problèmes ont été rencontrés. La capoeira n’a pas été référencée comme sport, ce qui empêche par exemple les associations d’obtenir des gymnases pour s’entrainer. « Les obligeant parfois à se réunir dans des salles de réunions non prévues » pour cette pratique, déplore le Professor Caroço, de l’association Senzala.

De nombreuses difficultés rencontrées qui divisent la discipline

En effet, il n’y a pas de fédération de capoeira en France. Cela est dû au fait que chacun des maîtres brésiliens créé son propre groupe indépendamment des autres avec des méthodes d’enseignements différentes. Cela empêche d’organiser des compétitions et d’être référencé par l’Etat comme sport. Il y a tout de même des rencontres et des passages de cordes, mais chaque groupe de capoeira s’organise comme il le souhaite.

De plus, cela est « réducteur de définir la capoeira comme un simple sport », affirme le Professor Caroço, « c’est bien plus que cela ». Et les nombreux points de discorde entre les anciens maîtres n’arrangent pas les choses. Il est difficile pour eux d’accepter un « mestre » français par exemple, et chacun à sa vision de la capoeira. « Certains vont privilégier le côté évolutif et d’autres voudront rester à la tradition », ou quand les uns veulent en faire un art martial, les autres vont privilégier le côté divertissant. Enfin, « certains ne veulent pas diffuser la capoeira », et d’autres ne veulent pas de « professora ».

Le fait qu’il n’y ait pas de grand maître de la capoeira pour imposer une décision finale, et que chacun des élèves apprennent de professeurs différents avec des philosophies et des méthodes différentes, cela pose encore des barrières à l’obtention de l’agrément « jeunesse et sports ».

Et l’avenir de Senzala sur Lyon, ça donne quoi ?

« Nous allons faire des manifestations de capoeira dans la rue l’été prochain avec tout le groupe Senzala et le Mestre Chào (de l’association Senzala) tous les mercredis soirs dans les rues de Lyon ». Et en Juin, le Professor Caroço organisera dans le 7ème arrondissement des spectacles pour les habitants du quartier et les enfants, dans le but de diffuser la culture de la capoeira, et, qui sait, convertir des résidents.

Petite vidéo youtube sur la capoeira : Best Capoeira Brazil

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