Entre pédiluve et bonnets de bain, c’est au centre des armées de Bron que l’équipe loisir de Lyon Rhône Water-polo s’entraîne une fois par semaine. Un groupe dynamique qui n’hésite pas à mouiller le maillot.

Cette jeune association qui a vu le jour début 2013, rassemble les nageurs de tous les niveaux après 16 ans. Assez peu mis en lumière, le water-polo a tout de même un bel avenir devant lui grâce aux nombreux inscrits et l’ouverture de l’équipe féminine en novembre dernier.

Une vague histoire du water-polo

Quelques tasses et une pointe de bonne humeur sont au rendez-vous. Mais cette vivacité n’a pas toujours existé. Le water-polo est un sport ancien qui prend de l’ampleur au 19e siècle. Réputé pour être assez violent, ce n’est que plus tard que des règles permettront de régulariser la discipline. Au Lyon Rhône Water-polo, les seuls coups donnés sont à destination du ballon. Quelqu’un s’est-il déjà demandé pourquoi ce sport est-il appelé water-polo ? Aux origines de ce jeu, les nageurs montaient sur des tonneaux de vin faisant office de chevaux avant de se passer la balle à l’aide de bâtons. Une forme de polo sans chevaux, et sans gazon.

Le water-polo peut s’apparenter au handball : les nageurs ont interdiction de prendre le ballon à deux mains. Deux équipes de 13 joueurs s’affrontent pendant une heure. Sept joueurs restent sur le bord de la piscine en attendant de prendre le relais.

Maude nage depuis 12 ans. Elle entraîne désormais l’équipe féminine du club et déclare : « Le but, c’est que toute l’équipe monte en attaque pour marquer et revienne toute en défense pour justement défendre sa cage. On cherche les fautes pour pouvoir construire le jeu, et même chercher les exclusions parce que c’est aussi une façon de travailler en attaque ».

« Savoir intercepter le ballon uniquement avec sa force et son énergie »

Les jeudis soir à 20h, l’entraînement commence à la piscine du centre des armées. Trois partis d’une quarantaine de minutes rythment la séance de deux heures : l’échauffement, les exercices et le match. Chaque équipe occupe une partie du bassin. Ils s’échauffent par petits groupes avec diverses activités. Pendant qu’un groupe fait un travail de miroir (les nageurs répètent les mouvements du coach), l’autre s’entraîne aux passes à une main. « L’exercice du miroir permet d’entraîner surtout les jambes parce que les nageurs n’ont pas pied ».  Beaucoup sous-estiment le water-polo, mais c’est un sport très physique : « Il faut savoir intercepter le ballon avec uniquement sa force et son énergie » affirme Maude pendant l’échauffement.

A Bron, tous les niveaux sont accueillis. En tant que club de loisir, le but de ces rencontres est de partager et de transmettre. Le groupe est très hétérogène : certains sortent de différents clubs de natation, d’autres ont exercé le water-polo dans des équipes nationales comme l’Algérie ou la France : « J’ai fait pendant deux ans la coupe de France. On a fini vice-championnes la première année et championnes la deuxième », déclare la coach.

L’investissement débordant du club

Pendant les entraînements, les nageurs se perfectionnent pour les tournois à venir avec l’aide de leurs coachs Maude et Robin. Le week-end du 13 au 14 mai se tenait la rencontre amicale entre les clubs de Lyon et Strasbourg. Compétition ou pas, l’investissement de tous est indispensable. Malgré l’aspect loisir de cette activité, les nageurs s’impliquent à leur tâche et prennent leur rôle très à cœur. Le water-polo est physique mais aussi mental : « il faut pouvoir créer des combinaisons (…) avoir une bonne stratégie et marquer ». Le quatrième match de la journée opposait l’équipe féminine de Lyon contre celle de Strasbourg. L’équipe à domicile a su se démarquer dès le début du match. Malgré quelques moments de fatigue, elles ont devancé une grande partie du match. Grâce à de belles combines et des rapides attaques les lyonnaises ont remporté le match avec des yeux rouges mais sous les applaudissements du club.

Un grand effort physique

Chacun à une vie professionnelle à côté. Le water-polo n’est qu’un loisir permettant de décompresser et de penser à autre chose que le travail. Il reste très difficile de vivre du water-polo. Les carrières se finissent vers 35 ans.  Pas toujours évident à pratiquer, c’est un rythme à prendre. Il faut savoir gérer sa respiration et ne pas avoir peur de s’abîmer les yeux : le port de lunettes est interdit. En tant que sport collectif « c’est important de ne pas avoir peur du contact parce que c’est quand même assez brutal comme sport ».  Avec cette vivacité de jeu, avoir un bon cardio est essentiel. Et pour Maude, cet élément fait partie des grandes difficultés : « C’est compliqué avec un 4×8 minutes. Même si on a autant de changement qu’on veut ça reste super physique. Ça demande un effort de chaque instant parce qu’il faut être capable de partir d’un côté, de partir de l’autre. C’est dur de tenir en distance. Se servir de ces jambes c’est très physique ».

Nageur débutant ou confirmé, tout le monde peut trouver son compte au Lyon Rhône Water-polo. L’ambiance dynamique du groupe se résume au « partage et à l’esprit d’équipe » où les compétences de chacun font la force de tous.