Les équipes professionnelles lyonnaises étaient invitées pour le lancement en grande pompe de la saison 2014-2015 des équipes de niveau national à l’hôtel de ville de Lyon. Celles-ci sont de plus en plus présentes en banlieue lyonnaise. Le Lyon Bondy Blog a soulevé la question du rôle des clubs dans les quartiers avec les invités présents.    

Ingrédient : placer un cadre prestigieux pour créer le lien entre des disciplines et des clubs dont les histoires, les budgets et les affluences n’ont rien en commun. À part le combat mené en périphérie. C’étaient bien les représentants exclusivement lyonnais qui avaient reçu un carton d’invitation puisque l’ASVEL ou d’autres grandes formations de l’agglomération n’étaient pas présentes sur le parvis de l’hôtel de ville. En tout, ils étaient cinq représentants nationaux de l’élite (Olympique Lyonnais, LOU Rugby, Lyon Basket féminin, Lyon Hockey Club, ASUL Lyon Volley). L’année sportive était en fait déjà lancée pour certains. L’Olympique Lyonnais, arrivé en grande pompe sur la Place de la Comédie, se réjouissait de son dernier succès face à Lorient (4-0) et le LOU Rugby sortait glorifié de sa joute contre Castres Olympique (28-18) dans le Top 14. Chacun des présidents de clubs, plus ou moins médiatisés, est monté à la tribune en compagnie de Yann Cucherat, nouvel adjoint aux sports et ancien gymnaste de haut niveau (titres nationaux et européens, participations aux championnats du monde et aux JO). Les mots d’ordre étaient cohésion, formation et surtout continuité. Cela concernait surtout le rugby et le hockey sur glace, dont les équipes venaient d’accéder respectivement au Top 14 et à la ligue Magnus.

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L’adjoint des sports Yann Cucherat et les présidents des clubs (de gauche à droite : K.Todorov, G. Berthet, JM Aulas, Y. Cucherat, Yann Roubert, N. Forel)

« Jouer un rôle en banlieue »

Les banlieues lyonnaises étaient également à l’ordre du jour avec des équipes, des dirigeants et des sportifs très concernés. Comme le président du LOU, Yann Roubert, dont le club chevauche le huitième arrondissement et Vénissieux : « On essaie d’ouvrir le rugby qui n’est pas forcément le plus facile d’accès. Il n’y a rien qui nous rendrait plus heureux de jouer un rôle incitatif à travers la réussite de certains joueurs. Beaucoup d’acteurs sportifs ont conscience du rôle qu’ils ont à jouer à travers leur attractivité. Nos interventions dans les écoles en périphérie et notamment sur le plateau de La Duchère en témoignent qui viennent aussi au stade Matmut pour découvrir nos structures. Nous travaillons avec des associations comme Les Clowns à l’hôpital, un maillot pour la vie ou Sport dans la ville. »

Vainqueur de la ligue des champions 2006 avec le FC Barcelone, Ludovic Giuly est né à Vénissieux et a fait une partie de sa scolarité au collège Elsa Triolet aux Minguettes. Le joueur et président d’honneur du MDA Foot Chasselay reconnaît : « Même si les abonnements et les licences sont un frein pour les jeunes des cités, on fait le maximum en tant que bénévoles pour ouvrir les portes des stades. Les subventions des municipalités sont bien sûr un vecteur. Beaucoup de jeunes de banlieue intègrent les centres de formation comme l’OL car on va chercher à la source, dans les quartiers. »

Formé à l’Olympique Lyonnais, le défenseur Mehdi Zeffane, fraîchement sélectionné en équipe d’Algérie, ne cachait pas ses objectifs de qualification en coupe d’Europe pour cette saison avant de noter :

« Nous nous déplaçons souvent pour des rencontres avec les supporters dans les quartiers. Cela entretient une flamme chez eux, mais aussi une envie de réussir également. Le football offre beaucoup de choses comme la possibilité de voyager et découvrir plusieurs cultures ou pays. C’est là qu’on se rend compte du chemin parcouru. Mais il faut savoir garder la tête froide. »

Les joueurs de l’Olympique lyonnais présents à l’hôtel de ville

Les joueurs de l’Olympique lyonnais présents à l’hôtel de ville

Faire le lien entre l’associatif et la formation

« Ces grandes équipes professionnelles doivent être un exemple pour nos plus jeunes, appuie l’adjoint Yann Cucherat. Le sport de haut niveau, qu’il soit professionnel ou axé autour de l’olympisme, doit tirer les jeunes vers le haut. Le tissu associatif a vocation à être le plus conséquent possible pour alimenter les centres de formation. Si le maillage se fait bien entre ces deux échelons, tout va dans le bon sens. »

Les sports considérés comme « trop fermés » commencent à se démystifier. D’une part grâce aux efforts du Lou Rugby. Mais aussi de Lyon Hockey Club et son concept Ice Hockey Academy qui consiste à installer des patinoires éphémères dans des quartiers de Vaulx-en-Velin ou Givors par exemple. 15 000 enfants en ont bénéficié depuis cinq ans.

Mohamed Braiki

Natif de Lyon et enfant des Minguettes,je suis diplômé de Lettres de la Fac de Lyon 2 et l’EFAP Rhône Alpes. J’ai roulé ma bosse dans des rédactions lyonnaises comme la radio Lyon Sport 98.4, Le Progrès,Foot 69.fr, Tribune de Lyon et Lyon Capitale.

braikimohamed@yahoo.fr