Carte blanche à Mathieu Added, organisateur du tournoi de karaté de Oshukai France qui a eu lieu le 25 mars à Lyon au gymnase Nelson Paillou

(Crédits : Oshukai Lyon)

Véritable plaque tournante du commerce maritime en Asie du sud-est, le royaume des Ryükyü a connu son âge d’or au XVème siècle. Les échanges sont nombreux et divers et permettent un mélange culturel, en particulier dans le domaine des arts martiaux. Okinawa est ainsi considéré comme le lieu de naissance du karaté et du kobudo.

L’archipel d’Okinawa est situé à l’extrême sud-ouest du Japon, à mi-chemin entre Kyushu et Taïwan. Appartenant aux îles Ryükyü, il compose la préfecture d’Okinawa, annexée au Japon à la fin du XIXème siècle. Souvent appelée « Hawaii japonaise », Okinawa a la réputation d’archipel paradisiaque des Ryükyü. Les paysages magnifiques d’Okinawa ont été mis à profit dans les films Karate Kid 2 ou encore Kill Bill. Les Okinawaïens sont connus pour leur longévité : ils détiennent le record mondial du nombre de centenaires et la plus grande espérance de vie. La culture d’Okinawa est un véritable mélange de cultures chinoises et japonaises, avec de nombreuses spécificités, par la cuisine, la musique ou la danse, qui ponctuent une richesse de rythmes, de couleurs et de saveurs.

 

Le Karaté shorin ryu d’Okinawa provient du courant shuri-te développé par maître Sokon Matsumura. Shorin ryu est la prononciation okinawaïenne du terme chinois « shaolin », qui signifie « la petite forêt »., preuve de l’influence chinoise sur l’évolution du karaté tode. L’héritage du shaolin quan y est donc présent, caractérisé par sa mobilité, incluant des sauts. La spécificité du shorin ryu est la finesse des blocages. Cela met en évidence la supériorité d’une bonne technique sur la force physique. Le shorin ryu a donné naissance au shotokan et au wado ryu au Japon. Les techniques traditionnelles du karaté shorin ryu développent les qualités de force, stabilité, précision et rapidité, qui donnent au karatéka l’assurance d’une progression continue et harmonieuse du corps et de l’esprit.

(Crédits : Oshukai Lyon)

 

Le dojo kumite, combat avec les partenaires, a aussi toute son importance. Il n’est possible de progresser que si l’on s’intéresse sincèrement au travail de ses partenaires et que l’on met toute son énergie au service de leur progression. « Kobudo » signifie littéralement « art martial ancien ». Le kobudo d’Okinawa a connu une évolution parallèle au karaté, mais reste une discipline à part entière. Il offre de multiples techniques de travail par le maniement des armes. Le kobudo d’Okinawa a été créé au XIXème siècle par Shinchin Matayoshi.

L’école Oshukaï, qui signifie « école des techniques originelles », a été créée par maître Kenyu Chinen, 9ème dan. Il enseigne le karaté shorin ryu et le kobudo d’Okinawa dans le monde entier. Maître Kenyu Chinen est né en 1944 sur l’île d’Ie à Okinawa. Il a commencé à apprendre le kobudo en 1963 sous la férule du maître Shinpo Matayoshi, 10 ème dan, et le karaté do shorin ryu avec le maître Katsuya Miyahira, 10 ème dan. En 1976, il décide de tout abandonner au Japon pour transmettre en Europe les enseignements traditionnels qu’il a reçus de ces deux grands maîtres et s’installe à Paris.

Son organisation, la fédération Oshukai dento okinawa shorin ryu karaté & kobudo, a ses propres dojos dans près de 30 pays, dont la France et des pays d’Europe, ainsi que sur les cinq continents. Maître Kenyu Chinen est un des plus anciens et des plus hauts gradés de cette école traditionnelle. L’enseignement de l’école Oshukai contient la notion de travail, « entraînement technique », ainsi que la mise en place d’une discipline, en faisant des efforts dirigés sur l’élaboration d’un combat continuel sur soi-même, et ce afin d’arriver au contrôle de soi. L’esprit de groupe, d’équipe ; et d’organisation y sont développés. Tout d’abord, nous sommes amenés à faire des rencontres, puis à entretenir des relations et par la suite, faire des échanges sur tous les plans : nationaux, internationaux. Ces objectifs ont pour but de rapprocher les uns des autres, d’apprendre à mieux se connaître et de se lier afin d’élargir des amitiés entre tous.

(Crédits : Oshukai Lyon)

Au sein des arts martiaux, on essaie d’atteindre la perfection. Pour marquer cette progression, des passages de grade sont organisés avec, à la clé, l’obtention éventuelle d’une nouvelle ceinture de couleur indiquant le niveau de pratique atteint. Oshukai possède donc un « joyau de tradition » à travers une histoire riche d’une culture transmise de maître à disciple. L’école Oshukai est représentée en France par de nombreux clubs. Des stages sont proposés dans tout l’hexagone, mais aussi à Okinawa où les karateka et kobudoka français se rendent régulièrement.

Comme chaque été dans la ville thermale de Thonon-les-Bains, un stage international dirigé par maître Kenyu Chinen se tiendra du 16 au 21 juillet 2018. Puis maître Chinen se rendra à Okinawa pour diriger un stage international du 13 au 19 août 2018. Également, Oshukai sera présente au tournoi mondial lors de la première semaine d’août 2018, pour un grand rassemblement organisé par la préfecture d’Okinawa.

 

Rédigé par l’Oshukai Lyon

Pour le Lyon Bondy Blog

 

 

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