14ème chambre du Tribunal de Grande Instance de Lyon, comparutions immédiates.

Brahim, né à Rabat comparait aujourd’hui pour agression et vol en réunion en état d’ivresse sur la personne de Victor, 13 ans.

Le président lit le procès-verbal. Brahim a volé un téléphone portable avec un ami à un jeune de 13 ans. Un vol avec agression entraînant 6 jours d’ITT.

Le magistrat : « La victime se promenait et vous et votre ami lui avez demandé de vous prêter son téléphone afin de passer un appel. Vous lui avez mis une balayette et l’avez roué de coups. Ensuite vous avez revendu le téléphone à la place du pont. Avec qui étiez-vous lorsque vous l’avez agressé ? — Je vous dis pas ! Je suis pas une balance ! »

Sur le téléphone : « Où est le téléphone ? — Je l’ai vendu. — Combien ? — Autour de 80 euros. Je me suis acheté une veste et des clopes. — (Pas convaincu) Pourtant, vous parliez d’alcool dans votre déposition… — (en regardant sa mère) Non pas du tout. »

Brahim fait le rebelle. Ses rares interventions démontrent son manque d’intérêt pour cette audience.

Le procureur, outré, requiert huit mois fermes suivis d’un contrôle judiciaire et d’une obligation de soins concernant l’alcool. “L’accusé n’a pas l’air de regretter les faits, au contraire. Sachant que ce n’est pas la première fois, car mineure, il a déjà été coupable de faits similaires”.

Le président : “Que voulez-vous ajouter pour votre défense ? — Rien, j’ai rien fait, faites ce que vous voulez !”

Brahim, qui n’a pas souhaité être accompagné d’un avocat pour le défendre, ne veut rien ajouter de plus. Le magistrat, lui aussi outré, par son comportement lui assure : “Vous ne vous en sortirez pas aussi simplement que lorsque vous étiez mineur !”

Après les délibérations, sous les yeux éplorés de sa mère, son frère et ses amis, Brahim écope de deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme avec mandat de dépôt.

Au suivant…