Pour la reprise de la D2, l’équipe de l’ASUL Vaulx-en-Velin s’est imposée poussivement à domicile face à Octeville-sur-Mer ce samedi 8 septembre. L’essentiel a été assuré, mais cette première reste laborieuse. Score final : 32-29 pour les Vaudaises.

Vaulx-en-Velin (en bleu) recevait Octeville-sur-Mer (en rose). Crédit Alexis Demoment / Lyon Bondy Blog.

Vaulx-en-Velin (en bleu) recevait Octeville-sur-Mer (en rose). Crédit Alexis Demoment / Lyon Bondy Blog.

Pour cette première journée de D2 féminine, les deux plus petits budgets du championnat s’affrontaient au Palais des sports de Vaulx-en-Velin. Si les objectifs vaudais pour cette saison sont bien plus ambitieux que ceux d’Octeville, les normandes étaient depuis quelques années devenues une bête noire pour l’ASUL. La saison passée, leurs rencontres s’étaient soldée par un nul et une défaite pour Vaulx .

Octeville percute d’entrée

Dès le début du match, les visiteuses ont cherché à imposer leur rythme. Au terme d’une contre-attaque, elles ouvraient le score et annonçaient la couleur : un jeu en contres rapides. Les premières minutes ont du sembler longues aux Vaudaises, assez en difficulté défensivement. Elles ont néanmoins pu compter sur le bon démarrage de Maimouna Fofana, qui a permis par deux fois à son équipe de revenir au score en inscrivant les buts de 2-2 puis de 4-4. La jeune recrue a bien su gérer l’entame face à son ancien club qu’elle vient de quitter.

Alors que la défense vaudaise se réveillait doucement, Maimouna Fofana – encore elle – écopait de deux minutes d’exclusion. Minées par trois exclusions en moins d’un quart d’heure, dont deux pour leur pivot Maïlys Sochay, et fébriles sur leurs ailes en défense, les bleues n’arrivaient pas à prendre les dessus et se retrouvaient à 10-10.

Vaulx prend les dessus progressivement et dans la douleur

À la 17ème minute, le public local commençait même à s’agacer de la quatrième expulsion, cette fois-ci pour Estel Menana. Mais un bel arrêt de Pauline Leythienne sur le jet de 7 mètres qui s’en est suivi a relancé l’équipe. Après quelques minutes marquées par la tension et les fautes et ponctuées de deux autres jets de 7 mètres, Vaulx menait 12-11 et ne serait plus repris au score du match.

Malgré une organisation peu à peu plus solide derrière, l’ASUL peinait à creuser son avance, notamment à cause d’imprécisions dans les passes et le jeu offensif. Côté octevillais, Michèle Takamoud tentait de prendre les choses en main en réduisant le score à 14-13, mais Nina Brkljacic lui répondait coup pour coup en inscrivant le but de 15-13. La capitaine vaudaise, qui montait en puissance, se montrait rassurante pour son équipe.

Sentant Octeville proche d’égaliser, Vaulx demandait un temps mort à la 25ème minute. Coaching gagnant, puisque de 15-14 à cet instant, les bleues sont rentrées au vestiaire cinq minutes plus tard avec une avance un peu plus confortable de trois buts. L’écart aurait pu être plus grand si elles n’avaient pas pêché en contre-attaque, à l’image notamment de Louison Boisorieux qui manquait un face-à-face avec la gardienne normande.

Score à la mi-temps : 18-15.

À la pause, les supporters vaudais étaient mitigés mais confiants. « Ça pourrait être mieux. C’était plutôt mou et assez brouillon au départ », glissait une spectatrice. « Elles sont crispées, elles jouent à domicile et c’est le premier match. Mais elles étaient sur la bonne voie en fin de mi-temps », ajoutait une autre.

« Les nombreuses exclusions ont compliqué la tâche, notamment les deux pour une de nos joueuses clés [Maïlys Sochay, ndlr], déplorait un supporter. Mais les recrues se sont bien intégrées ». S’il n’imaginait pas son équipe perdre, il pronostiquait une seconde période serrée. Les trente minutes suivantes lui donneront raison.

Rapidement sanctionnée, Maïlys Sochay était sous la menace d'une disqualification. Mise à l'abri sur le banc par son entraîneur durant une bonne partie du match, sa capacité à titiller la défense adverse a parfois manqué aux Vaudaises. Crédit Alexis Demoment / Lyon Bondy Blog.

Rapidement sanctionnée, Maïlys Sochay était sous la menace d’une disqualification. Mise à l’abri sur le banc par son entraîneur durant une bonne partie du match, sa capacité à titiller la défense adverse a parfois manqué aux Vaudaises. Crédit Alexis Demoment / Lyon Bondy Blog.

Incapables de creuser l’écart…

Le début du deuxième acte prenait rapidement la tournure d’une bataille de gardiennes. Pauline Leythienne et Anaïs Harel sortaient chacune de belles parades. Mais c’est un coup du sort qui a mis un terme à ce duel à distance : à causes de douleurs au genou, la gardienne octevillaise fut contrainte de sortir après seulement quelques minutes. Bien qu’elles continuaient à payer leur fébrilité sur les ailes, les Vaudaises sont parvenues à creuser l’écart grâce à l’efficacité en contre d’Estel Menana.

À 25-20, les augures commençaient à être vraiment bons pour l’ASUL. Mais le sursaut de Ndona Bassarila est venu rappeler que les visiteuses n’avaient pas dit leur dernier mot. La n°9 normande réduisait la marque à deux reprises, déjouant la défense vaudaise avec des tirs de loin. En réduisant la marque à 26-23, elle poussait Vaulx à prendre un temps mort.

Alors qu’il leur restait une quinzaine de minutes à tenir, les Vaudaises revenaient avec de meilleures intentions, à l’image de Nina Brkljacic, toujours très impliquée. Continuant sa bonne série, elle inscrivait sur un jet de 7 mètres son septième but de la soirée. Mais après quelques minutes seulement, c’était aux visiteurs de prendre un temps mort pour casser le rythme ; les Octevillaises en ont profité pour signer une bonne série, passant de 28-23 à 28-26.

… Les Vaudaises assurent leur avance

La fatigue a peu à peu commencée à se faire ressentir des deux côtés et les tirs sur les poteaux ou hors du cadre se sont multipliés. La fin du match a été marquée par le retour de Maïlys Sochay, qui, malgré la menace d’une troisième sanction synonyme de carton rouge, a donné beaucoup de fil à retordre à la défense octevillaise. En pénétrant la ligne adverse et provocant plusieurs fautes, elle a soulagé son équipe loin d’être à l’abri d’un retournement de fin de match.

C’est seulement à trois minutes du coup de sifflet final que le sort semblait réellement scellé. Alors qu’Octeville encaissait coup sur coup l’exclusion de deux minutes pour Ndona Bassarila et le jet de 7 mètres qui s’en suivait, Pauline Leythienne sortait dès l’action suivante un arrêt de classe sur un jet de 7 mètres de Fanny Jean-Batiste. À 31-28, la tension et les assauts d’Octeville montaient sur le terrain, tout comme l’ambiance dans le public vaudais. Après un point arraché désespérément par Octeville à 15 seconde de la fin, l’ASUL achevait en réussite avec un but sur le buzz de Maïlys Sochay, à l’image de sa fin de match maîtrisée.

À quelques minutes de la fin, Pauline Leythienne réalisait un arrêt décisif face à Fanny Jean-Batiste. Crédit Alexis Demoment / Lyon Bondy Blog.

À quelques minutes de la fin, Pauline Leythienne réalisait un arrêt décisif face à Fanny Jean-Batiste. Crédit Alexis Demoment / Lyon Bondy Blog.

« Ouf ! »

Après le match, c’est le soulagement côté vaudais. « Ça a été laborieux, déclare l’entraîneur Romain Conte. Il y avait de la tension, cette équipe [d’Octeville, ndlr] est toujours difficile à jouer ». Pour Nina Brkljacic, la capitaine, la pression retombe : « ouf ! Ça n’a pas été simple. Mais on a assuré l’essentiel : avec la nouvelle formule [passage de 12 à 16 équipes, ndlr], il faut absolument gagner. Notre objectif cette année, c’est les playoff. On ne peut pas monter en D1 parce qu’on n’a pas le statut VAP [« voie d’accession au professionnalisme », ndlr], mais on va prouver qu’on le mérite ».

Pour Octeville, la déception est forcément grande. « On n’a pas été efficaces en deuxième mi-temps, regrette l’entraîneur Mickael Moreno. On a manqué plusieurs occasions de revenir à -1. On a rendu trop de ballons et on a été crucifié sur les moments chauds ». « C’était compliqué, souffle Anaïs Harel, la gardienne normande, sortie en cours de match. On savait quoi faire, mais c’était difficile. On était soudées, mais on s’est trop précipitées. Mon genou ? C’est une vieille blessure. On a plusieurs blessées, ce retour est difficile. Je suis quand même fière de l’envie et la détermination de l’équipe, même s’il n’y a pas le résultat ».

En bref :

D2, première journée : l’ASUL Vaulx-en-Velin bat le HB Octeville-sur-Mer 32-29.

MVP : Estel Menana (Vaulx-en-Velin) et Michèle Takamoud (Octeville-sur-Mer).

 

Alexis Demoment
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Alexis Demoment

Rédacteur en chef du Lyon Bondy Blog, ex-rédacteur en chef du Journal International. Réalisateur du webdoc « Humanité Clandestine ». Aime le journalisme de terrain, d’analyse et d’investigation.
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