Aujourd’hui on parle de la responsabilité sociale des universités et du Community organizing avec Adrien Roux et David Bodinier de l’association ECHO (Espace pour des Communautés et Habitants Organisés).

echosKesako le Community organizing ? Littéralement, une organisation d’alliances citoyennes. Concrètement, le but est d’envisager différemment la participation des jeunes dans les quartiers. On peut le transcrire par : « faire agir plutôt qu’agir », un petit parallèle avec l’éducation populaire.

Adrien Roux et David Bodinier sont engagés dans   l’association ECHO (Espace pour des Communautés et Habitants Organisés), qu’ils ont monté à huit en 2010. L’objectif est d’expérimenter cette forme de mobilisation sociale, inédite en France. Et de créer une Alliance Citoyenne qui rassemble une grande diversité d’organisations dans l’expression et la défense des intérêts collectifs de la cité. Contrairement à l’approche participative qui permet l’expression des avis individuels, les méthodes de Saul Alinsky (écrivain et sociologue américain, auteur notamment de l’excellent Manuel du travailleur social) visent à organiser les habitants pour qu’ils agissent collectivement sur les décideurs publics, les bailleurs, les entreprises privées… Il cite un exemple : les poubelles s’entassaient dans le quartier. Plutôt que de lancer une pétition, ils ont vidé les poubelles et en ont rempli le bureau d’un décideur. Lamentable, inacceptable, leur a-t-on dit. Mais ça a marché. Plus de poubelles qui s’entassent.

Le conflit comme point de départ de l’action

Des espaces de paroles, dits « one to one » (en face à face), permettent de laisser s’exprimer les désirs, et surtout les colères des individus pour identifier les problématiques communes à résoudre. Pour défendre les intérêts collectifs, la confrontation serait donc mieux que la négation du conflit. Il insiste sur le fait d’utiliser la colère comme point de départ de l’action. Tiens c’est marrant, il nous dit ça tout calmement.

Adrien Roux souligne qu’il s’agit d’organiser la pression citoyenne, de permettre des règles du jeu équitables, face à des lobbys puissants. Concrètement, au début de l’action sur Grenoble, ils ne sont pas allés voir les travailleurs sociaux mais les « leaders » sociaux, sur lesquels se base le community organizing. « On voulait s’immerger dans les quartiers. On a déambulé dans les rues. On a vraiment essayé de connaître de fond en comble le territoire, à partir de ce que vivent les gens », relate-t-il. On utilise ces fameux leaders au détriment des travailleurs sociaux. « Ils sont en conflit d’allégeance », confie-t-il. Allégeance envers les gens qu’ils sont censés aidé. Et allégeance envers les institutions qui les paie. Il pondère son propos : « Ils ont un rôle important malgré tout ».

Sebastien Gonzalvez

Journaliste plurimédias.
Rédacteur en chef à @BondyBlogLyon
@HorsDesClous
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