À 3 jours des présidentielles, Nicolas Dupont-Aignan est crédité aux alentours de 4% par les sondages. En 2012, il avait obtenu 1,79%. Rencontre avec son porte parole Damien Lempereur afin qu’il nous explique le programme de Debout la France.

Comment voulez-vous développer l’éducation dans les quartiers populaires?

Nous n’avons pas réellement de programme précis pour les quartiers, car l’école républicaine est censée s’appliquer sur tout le territoire. Après, bien sûr, il y a la réalité du terrain, avec de très fortes inégalités, voire des injustices entre les jeunes étudiants. Nicolas Dupont-Aignan propose de mettre fin aux frais scolaires annexes et notamment les frais de l’enseignement supérieur et des concours. On ne veut pas qu’il y ait une discrimination par l’argent comme on peut en voir aujourd’hui avec les prépas privées. Du coup, on veut installer une bourse sur concours qui permettra de favoriser les élèves qui travaillent. Le but est de renverser cette idée d’égalitarisme qui tire vers le bas plus qu’autre chose. Et pour les élèves en difficultés, développer un accompagnement personnalisé. Par la même occasion, Nicolas Dupont-Aignan veut doubler le nombre d’heures d’apprentissage du Français, afin de permettre aux jeunes citoyens de mieux s’intégrer dans la société. Mettre en place aussi des mesures contre le harcèlement à l’école et faire du harcèlement scolaire une grande cause nationale. Il ne faut absolument pas supprimer des fonctionnaires dans l’Éducation nationale et revenir à une école républicaine. L’école est un facteur d’intégration pour tous les citoyens.

Quelles mesures mettre en place pour l’emploi, et surtout celui des jeunes ?

Les plus touchés par le chômage sont les seniors et les jeunes. Dans nos quartiers populaires, il y a un gros taux de chômage. Tout notre projet est de relocaliser l’emploi, faire en sorte que tous les emplois partis à l’étranger reviennent dans notre pays en réduisant l’impôt sur ces sociétés. Nous voulons alors cibler les entreprises voulant embaucher en France et non en Chine ou en Inde… Une autre mesure, pour les marchés publics, nous savons très bien que dans les quartiers, il y en a énormément. Nous voulons que 75% d’entre eux dans une collectivité soit réservé aux entreprises locales. Il faut exonérer  pendant 5 ans les charges sociales des entreprises si elles prennent un chômeur de longue durée. Nicolas Dupont-Aignan souhaite mettre à la tête de Bercy un dirigeant de PME, pour arrêter avec tous les technocrates qui ne connaissent pas la réalité du travail pour faire remonter la société civile à la tête de l’ État. De plus, nous sommes en faveur de l’apprentissage, il ne faut pas lésiner sur les moyens. Nous devons valoriser les métiers manuels. Il y a eu une tendance un peu idéologique de dire que ce n’est pas bien d’être plombier, boulanger, boucher alors qu‘en fait c’est magnifique. En plus, ce sont des emplois impossible à délocaliser. Il est nécessaire de mettre en place un véritable parcours de la deuxième chance afin que les  jeunes sans qualification puissent alterner entre formations et  expériences. Une sorte de sécurité sociale du travail pour que les jeunes se forment, apprennent un métier et puissent travailler. On ne peut pas laisser des gens pendant 5 ans, 10 ans, sans expérience professionnelle.

En France, 6 millions de personnes vivent aujourd’hui avec une défiance, comment les accompagner dans leur handicap ?

Nous avons peut-être le meilleur projet handicap, il a été écrit par un sympathisant lui-même handicapé. Il y a une loi qui a été votée en 2005, elle a été complètement détricotée, il faut déterminer un agenda, un plan d’action avec les associations, les collectivités, les entreprises afin de la faire appliquer. Garantir une prise en charge par l’Éducation nationale dés 3 ans est très important ainsi qu’augmenter le nombre d’IME (Institut Médicaux Éducatif) notamment dans les quartiers populaires. Cela passe par la révision du dispositif d’insertion. Aujourd’hui, si vous rencontrez des parents d’enfants handicapés, ils vous diront que c’est l’enfer administratif, il est donc nécessaire de simplifier les procédures. Quand vous avez un enfant handicapé, c’est déjà tellement de travail, si en plus c’est l’enfer pour remplir les formulaires… Entre salariés valides et handicapés, il est nécessaire de favoriser le co-voiturage et revaloriser l’AAH (Aide aux Adultes Handicapées). Nicolas Dupont-Aignan veut une meilleure prise en compte de la santé des aidants, c’est-à-dire le personnel médical.  On est dans un pays qui ne parle pas des sujets importants comme le handicap alors que cela touche des milliers de personnes.

Vous êtes contre la Gestion pour autrui (GPA), que répondez-vous à ceux qui ne peuvent concevoir sans ?

Nous sommes contre la GPA que l’on considère comme l’esclavage du ventre des femmes. C’est de l’achat d’enfants à des femmes pauvres, en Thaïlande ou en Inde par exemple. On utilise des femmes comme des objets, qui acceptent pour de l’argent. Pour nous, il faut maintenir la position de la loi dans le cadre de la position actuelle. C’est une démarche qui est totalement choquante. De plus, aujourd’hui, il y a l’adoption autorisée pour tout le monde.

Quelles sont les positions de Nicolas Dupont-Aignan vis-à-vis de L’État Islamique et de la politique internationale à mettre en œuvre ?

Lutter contre l’État Islamique est une priorité pour tout le monde en France. Aujourd’hui, toutes les mesures n’ont pas été prises. Nous voulons revenir à une politique étrangère gaullienne afin de défendre les intérêts de la France dans le monde et avoir un message pour le monde. On voudrait que le France retrouve cette parole forte et qu’elle ne se résigne pas à seulement suivre les États-Unis.  Quand il y aura un désaccord avec les USA, Nicolas Dupont-Aignan le dira. Mais cela sera avec toutes les puissances pour travailler en faveur de la paix. Mais c’est vrai que tout ce qui s’est passé en Syrie n’est pas, à mon avis, très productif puisqu’on a vu une situation catastrophique qui perdure. En soit, il faut travailler avec tout le monde et dire quand on n’est pas d’accord.

Avec Bachar el-Assad aussi?

Non, pas travailler avec Bachar el-Assad, mais avec la Russie, l’Iran ou les États-Unis avec toutes les grandes puissances qui peuvent agir dans la région. La France a sanctionné la Russie ces dernières années, nous avons rompu les discussions avec elle alors qu’on aurait peut-être eu besoin d’elle pour intervenir dans le conflit. Mais pour faire plaisir aux États-Unis nous avions arrêté de travailler avec russes. À Debout La France, nous ne souhaitons pas de positions idéologiques dogmatiques et il faut un travail de diplomatie avec les autres.