TGI de Lyon, 14ème chambre, comparutions immédiates.

Ali* a 20 ans, est né à Oullins et habite à Brignais chez ses parents. Il a été incarcéré le 21 septembre et est libérable le 14 mai 2016. Il est escorté par des policiers et est positionné derrière la vitre.

Le président du tribunal : « Vous êtes accusé d’avoir, le 3 septembre 2015, soustrait chez un particulier une télévision, un ordinateur, des vêtements et une machine à laver. » Ali, est entré par effraction, par la fenêtre, en forçant le volet roulant. La victime n’est pas présente.
Le président : « — Des empreintes ont été retrouvées, sur la fenêtre. Il s’est avéré que ce sont les vôtres. Reconnaissez-vous les faits qui vous sont reprochés ? — C’était bien moi, j’ai pris tout sauf la machine à laver. Ça c’est pas moi ! — Qu’avez-vous fait du butin ? — J’ai tout revendu à la place du Pont — Qu’avez-vous à ajouter ? — C’est pas de ma faute, j’entendais des voix — Que disaient-elles ? — Fait ci ! fait ça ! »
Ali est déjà connu des services de police : en 2012, vol par ruse en réunion. En 2013, outrage et rébellion à un agent. Et en 2014 : 3 mois ferme pour outrage et 9 mois ferme recel de vol. Il est sorti en août 2014 et a été interné en psychiatrie jusqu’au 1 septembre 2015.

Au tour du procureur : « Monsieur se souvient des faits, mais n’est pas en mesure d’entrer dans le détail. Ce qui est suffisant pour savoir qu’il est coupable. Il faut que l’on ne prenne en compte ses problèmes psychologiques. Le tribunal appréciera. » Celui-ci demande trois mois ferme, à aménager avec le juge d’application des peines (JAP).

L’audience est suspendue, les juges délibèrent. Une demie-heure plus tard, le prévenu est condamné à deux mois ferme, avec obligation de suivi psychologique en prison et à la sortie.

Au suivant.

*Le prénom a été modifié