Mercredi 6 Mars 2013, au lendemain de la mort du président vénézuélien Hugo Chavez, les militants et sympathisants socialistes ainsi que les ressortissants latino-américains sont venus saluer une dernière fois leur “héros”. Un hommage émouvant, une minute de silence et des chants révolutionnaires ont réveillé la place des Terreaux à Lyon. L’évènement n’a été que brièvement évoqué dans les médias locaux. Le Lyon Bondy Blog revient sur l’évènement.

chavez lyon

Nombreux sont ceux qui ont répondu à l’appel fait par le leader du front de gauche, Jean-Luc Mélanchon, lors de son discours télévisé en hommage à Hugo Chavez. Il a notamment sollicité partout en France un rassemblement pour faire honneur à la figure emblématique du socialisme. Chavez, qui a succombé à un cancer contre lequel il a lutté pendant près de deux ans, meurt trois mois après sa réélection.
Pendant que les uns brandissent avec fierté les drapeaux rouges du socialisme, les autres entonnent des cris révolutionnaires. Dans les regards se traduit le choc encore présent du deuil qui commence. Les mots de Mélanchon prennent tous leurs sens devant cette assemblée “Ce qu’il est ne meurt jamais“.

Un hommage au “comandante”

Un jeune homme, au regard vif et plein d’entrain, attire l’attention de la foule et commence un discours : ” (…) j’imaginais un peu ce qu’on put ressentir mes camarades à l’époque où Jaurès était mort en France… c’est un personnage historique qui vient de mourir…un tribun du peuple qui s’est mis au service d’une révolution pour le peuple et par le peuple”. Par ses mots, il exprime sa gratitude et rend hommage à Chavez. Par la suite, il évoque le devoir du militant socialiste et chaviste, qui est de défendre la mémoire du “comandante”, puis il dénonce les attaques des médias occidentaux (surtout américains) qui “salissent” l’homme et ses actions. Il s’agit pour lui, de ne pas rentrer dans la propagande anti-chavez mais au contraire de militer pour “rétablir la vérité historique, montrer les avancées sociales, la prise de pouvoir du peuple pendant 15 ans”. C’est le moment pour eux de rendre hommage à la révolution bolivarienne : pour une jeune militante, Chavez est le premier à avoir critiqué “le diable dans sa propre maison” en parlant des américains, et à avoir posé “la première pierre de la révolution bolivarienne”. Elle est fortement applaudie par la foule. “C’est une grande perte, Chavez nous a rendu notre dignité, la dignité de toute l’Amérique Latine, il nous a donné envie d’être nous” ajoute une autre personne. L’émotion est vive et chacun veut commémorer l’homme qu’était Chavez et le remercier pour son combat. Pierre-Allain Millet, adjoint PCF au maire de Vénissieux, présent et ému prononce ces quelques mots :
Quand j’étais jeune, je n’avais pas compris… le socialisme ou la mort, je pensais qu’on avait le pouvoir, mais non, il nous laisse pas le choix… c’est le peuple du Venezuela qui va nous montrer sa force aujourd’hui et ce que Chavez lui a apporté”.

Hugo Chavez, le bilan et l’avenir

Les personnes présentes dans cette assemblée mettent en avant le bilan de Chavez, son charisme et son fort caractère. Selon eux, le “comandante” a rendu la dignité aux peuples vénézuéliens mais il a surtout changé la politique et a révolutionné la gauche en Amérique latine. Pour Gustavo, un vénézuélien résidant en France depuis 8 ans, l’action de Chavez est importante : il se souvient du Venezuela sans Chavez et des changements survenus après sa prise de pouvoir, notamment pour la classe ouvrière. Il parle du “souffle d’espoir” pour les plus démunis et le combat pour améliorer leur vie.
Selon lui, le clientélisme cache aussi une réalité plus dure, celle de la répartition des classes. Gustavo trouve que le clientélisme est un juste retour des choses pour le peuple face à la grande bourgeoisie vénézuélienne qui l’a longtemps opprimé. Il ajoute aussi que cette bourgeoisie en grande majorité réside aujourd’hui à Miami aux États-Unis. Il remercie Chavez, d’avoir su se servir de la richesse pétrolière pour faire marcher l’économie du pays.
Les uns comme les autres étaient surtout là pour rendre un dernier hommage à Chavez et soutenir le peuple vénézuélien face au challenge présidentiel qui se présente à eux dans 30 jours, le 14 Avril 2013, date prévu pour les nouvelles élections.

Mariama Hassani

Étudiante en Science Po à Lyon 2, la politique et les médias m'ont toujours attirée, le journalisme une vocation pour moi. Venant d'une ville très cosmopolite comme Marseille et vivant à Lyon, c'est une richesse de pouvoir transmettre le message des personnes par la voie de mes écrits.