Lundi 5 décembre, Boris Vallaud a donné une conférence de presse au Palais du travail de Villeurbanne pour présenter son projet de « Nouvelle gauche », futur Parti socialiste, et rencontrer ses partisans.

À la suite de la cuisante défaite de la présidentielle et des législatives, l’ancien PS se renomme « Nouvelle gauche » et essaye de mobiliser ses électeurs pour donner une force extérieure au parti, qui ne représente que 31 sièges à l’Assemblée nationale. Député de la 3ème circonscription des Landes, Boris Vallaud a 30 ans et tente de s’imposer dans l’hémicycle, s’opposant à des projets comme ceux de la réforme du Code du travail ou de la suppression de l’ISF.

Un Parti socialiste détruit

Pris en sandwich entre la France insoumise à gauche et En marche à droite, le parti qui comptait 314 sièges en 2012 est isolé à l’Assemblée avec son effectif divisé par dix. Boris Vallaud décrit un parti « rongé par la défaite et par la culpabilité ». Pour lui, le PS est un « vieux parti qui ne fait plus parti [du] nouveau monde ». Le PS se serait reposé sur les « lauriers gagnés du XXème siècle » et aurait reçu une « bonne baffe électorale ». Où sont passés les défenseurs du Code du travail ? Où sont passés les créateurs de la loi des 35 heures ? « On a perdu la main au tournant de la mondialisation », analyse-t-il. Boris Vallaud a deux combats : rassembler des électeurs, mais aussi trouver des partisans. Le parti est vide et les députés ont peur.

Représenter une gauche socialiste pour « combler un vide »

Pour le député des Landes, la Nouvelle gauche est la dernière trace de la gauche face aux 309 sièges de la République en marche. Les 17 sièges de la France insoumise et les 16 sièges de la Gauche démocrate et républicaine semblent à ses yeux ne pas faire le poids. Contre « un monde sans débat qui émerge », la Nouvelle gauche se doit alors d’être « une opposition responsable, intransigeante, et imaginative ». Pour l’instant marginale et minoritaire, la Nouvelle gauche se bat à coup d’amendements, presque tous refusés au Parlement : « sur 102 amendements déposés, seuls 2 sont passés », déplore M. Vallaud. Le vent souffle sur le parti. Le PS ressent d’après lui un besoin de « réconciliation », et veut que tous au Parlement « acceptent de douter » pour renouer le dialogue.

Combattre la République en marche

La réconciliation ne semble cependant pas être à l’heure de demain. La colère persiste dans une assemblée où « on n’a pas le meilleur de la droite avec le meilleur de la gauche, on a le pire de la droite ». La République en marche serait le nouveau « parti des riches » à combattre, qui « privilégie les emplois des grandes entreprises, dévalue la qualité des mini jobs, réduit l’accès égalitaire des études supérieures ». La suppression de l’ISF et des contrats aidés ne passe pas. Boris Vallaud veut « un délibéralisme pour prendre la mondialisation en main ».

Une volonté poussée par le désespoir

Le PS semble avoir un désir de nouveauté en présentant ce parfait antagoniste à la figure d’Emmanuel Macron. Trentenaire et dynamique, il symbolise le besoin de jeune et du neuf pour la Nouvelle gauche. Les socialistes reviennent tête basse vers la population, sans vraiment savoir comment lui parler pour présenter leurs excuses. Les militants « ont eu le sentiment d’avoir été ballotés » pendant le dernier quinquennat, regrette l’un d’entre eux dans la salle. Certains français ont le souvenir d’un PS qui n’est pas allé jusqu’au bout de ses devoirs. La Nouvelle gauche marque aujourd’hui le besoin d’espoir de reconstruction. « Nous avons besoin de cet optimisme », conclut le futur chef du parti.