La prison j’y connais rien. Je connais juste un mec qui y est allé et qui m’a raconté ; et une meuf aussi, qui y est allée et que je n’ai jamais revue. De toute façon dans ta vie, t’en connait forcément un (ou une), si ce n’est pas toi qui passera la muraille un jour. Mais ça, c’est parce qu’on est tous un peu curieux.

Le complexe du corbeauAvec tout ce qui se raconte, on a tous envie de zieuter un peu derrière le mur. Je crois que le mieux placé pour regarder, c’est encore le mec tout en haut sur le mirador. Lui, c’est celui qui est un peu entre les deux. Il observe attentivement le paysage vers l’intérieur et l’extérieur.

La prison, un service public.

C’est drôle quand on y pense : de toute l’histoire, le mur est fait pour s’abriter, se protéger contre l’extérieur. Les murailles et remparts permettent de s’isoler mais aujourd’hui l’isolement n’est pas réservé à tous les citadins, bien que l’on ait tous une chance pour gagner un ticket d’entrée. Disons que le concept de prison, c’est la création d’un centre de clôt pour confiner les individus jugés dangereux ; alors qu’avec la citadelle, ce sont les gentils citadins que l’on protège. Un usage inverse du mur.
Et si un accusé ne risque plus le bagne, sa peine peut le pousser jusqu’aux portes du pénitencier. Géographiquement, on ne peut pas dire que ce soit bien loin (par rapport à Cayenne), pourtant cela reste un lieu d’exclusion. La privation de liberté est un service public. Lorsqu’une personne est jugée dangereuse ou nocive pour la société, celle-ci se voit mise au banc, ou plutôt au placard, déchue de ses droits civiques …

Même le personnel se plaint des conditions

Alors le tribunal, instance de la justice, peut juger une personne inapte à vivre dans la société ; et le nouveau détenu purgerait-il sa juste peine dans une zone de non-droit ? Toutes ces conditions, même les personnels pénitentiaires s’en plaignent.
Eux réclament plus de sécurité. Et bien qu’ils ne disposent pas de droit de grève, ils mènent quelques actions comme c’est le cas en ce moment même à Sequedin, dans le Nord. Des surveillants venus au compte-goutte de toute la région ont répondu à l’appel d’une intersyndicale lundi dernier. Ils ont bloqué toute l’institution pendant plusieurs heures : pas d’extractions, pas de livraisons, ni de parloirs. Ils ont déposé devant la porte de l’établissement des pneus et des palettes en bois, auxquels ils ont mis le feu. On n’en parle pas beaucoup mais je vous jure que c’est vrai. Comment cela a-t-il était possible ? Et bien ces surveillants étaient en repos, en congés annuels ou prenaient leur service l’après-midi. Ils ont même décidé de reconduire une journée d’action ce mercredi 15 mai ; C’est un mouvement de protestations du personnel, après une vague de suicides des détenus.

Finalement quand on parle de prison, tout ce qui se raconte ne donne vraiment pas envie. Mais imaginez une société l’on s’inquiéterait des prisons que lorsqu’il y a un évadé qui court dans nos rues. Ce n’est pas le cas, si ?
Soit, si chacun préfère rester du bon côté du mur, il parait dangereux de s’y désintéresser. Enfin je dis ça, je dis rien… mais il ne faudrait pas que l’on fonce tous droit dans le mur.