Paolo s’est rendu à l’une des répétitions du groupe d’habitants de Bron qui participera à la Biennale de la danse 2010 en septembre.

Je suis allé voir au gymnase à Bron, la deuxième répétition générale pour la biennale de la danse 2010. Mourad Merzouki, de la compagnie Käfig, dirige la chorégraphie qu’entreprendront, le 12 Septembre prochain, plusieurs habitants de la ville de Bron. Une présence discrète, mais assurée, devant cette foule, et voilà la répétition lancée. Un peu de fouillis (les premiers rangs suivent, ceux du fond voient mal les mouvements) mais un grand plaisir à regarder des hommes et des femmes de tous âges essayer ensemble de créer des mouvements, se souriant, se fatigant, se regardant.

« La Biennale de la Danse est une belle occasion de se rassembler et de faire la fête » me dit Sadia Fouchet, la mère de la petite Ambrine, qui participe, à 12 ans, à son premier défilé. Sadia est venue encourager sa fille, mais aussi regarder le déroulement de la répétition. Plusieurs de ses amies sont quelques rangs devant. « Elles se sont inscrites volontairement ? » – « Mais bien sûr! Il y en a même une qui participe pour la seconde fois. Elles sont très heureuses de pouvoir participer à ce genre d’évènement, à leur âge en plus ! » me répondit-elle gentiment. Car c’est la troisième fois que la compagnie Käfig est chargée d’orchestrer la marche, toujours sous l’impulsion de l’Espace Albert Camus, qui aide grandement à l’organisation. Malheureusement, pas de costumes, mais une ambiance chaleureuse.

Nathalie Perret, chargée de l’action culturelle à la mairie de Bron, est présente, avec des collègues, pour faire en sorte que ces heures de répétitions se déroulent bien. Avec quelques centaines de participants, la tâche est rude. Elle m’explique l’engagement de la mairie et les moyens utilisés pour intéresser les habitants. Tout d’abord, il convient de rappeler qu’au début, le défilé se déroulait dans chaque agglomération, jusqu’à ce que le choix de faire défiler tout le monde dans le centre de Lyon soit prit. « Ca permet à de nombreuses personnes de se déplacer vers le centre, même des gens qui n’y vont jamais, et le jour J, de voir toutes ces communes ensemble, c’est assez émouvant » me dit-elle.

Le défilé dépend de l’engagement des habitants, et il faut par conséquent aller les chercher et rendre attractif ce projet. Par quels moyens? « Tout d’abord, nous avons, comme pour les biennales précédentes, été démarcher dans les collèges de Bron, car attirer des enfants sensibilise aussi et considérablement les parents. Pour cette année, nous avons trouvé un moyen original : quand les parents viennent chercher le bulletin scolaire lors des réunion parent-professeurs, nous avons donné des documents sur la biennale. » Ce moyen a bien fonctionné : un collège, présent depuis 6 ans, puis enfin deux autres ont été conquis, et ont permis d’attirer beaucoup de monde. « Et toutes ces tranches d’âge différentes, comment sont-elles amenées à participer ? » – « Dans un premier temps, si les adultes voient qu’un grand nombre d’enfants participent, ils sont d’ors et déjà intéressés, et le projet semble de fait sérieux, carré. Ensuite, ils sont bien sûr invités à se porter volontaires. Et ça marche! Me répond Nathalie. En plus, c’est aussi l’occasion de travailler avec Mourad Merzouki, très apprécié à Bron. »

Seul bémol, la faible participation d’hommes. En effet, les trois quarts des participants sont des femmes. « C’est normal, la danse attire moins les hommes, mais cette année, je suis agréablement surprise par la participation de nombreux garçons, collégiens surtout. Mais concernant les adultes… peu d’hommes répondent présent. » Ambre, en classe de troisième, a décidé de participer, c’est la première fois qu’elle va défiler pour la biennale, et en est très fière. « C’est un belle occasion, et puis travailler avec Mourad, c’est génial ! » me dit-elle. La jeune fille a plusieurs amis qui participent, et a même reconnu des voisins de cinquante ans passés. Entre deux mouvements, elle se fait recadrer par une femme d’âge mûr, ce qui est assez drôle à voir. « C’est ce qui fait la richesse d’une ville comme Bron », ajoutera enfin Nathalie Perret. « L’engagement des habitants, pour la biennale, est notre plus belle réussite et on sent l’esprit de groupe, de communauté. Les quartiers difficiles de Bron sont mêlés aux beaux quartiers par l’intermédiaire des habitants, et ici, pas de souci d’origine ou de différence sociale, tout le monde a le même objectif, et rares sont les évènements qui permettent cela. »

Paolo Kahn

La rédaction

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