Ce mercredi, des professeurs des collèges et lycées de Vénissieux et des parents d’élève se sont réunis. Ce n’était pas pour un pique-nique, mais pour dénoncer la précarité des établissements scolaires, qui devient très problématique

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Il est 14h, et une foule commence à s’amasser devant la piscine Auguste Delaune de Vénissieux : une trentaine de personnes sont présentes. Ces gens, ce sont des professeurs et des parents, et ils n’en peuvent plus. Auparavant, certains se sont déjà réunis pour discuter des conditions des établissements scolaires dans lesquels évoluent les enfants. Et ce jour-là, ils décident de protester.

Gabrielle Leflaive est professeure d’histoire-géographie au collège Louis Aragon. Et là-bas, rien ne va plus. Une classe de troisième va être supprimée, alors que les élèves sont en surnombre. Le personnel d’éducation est trop peu nombreux pour pouvoir gérer les tensions, déjà présentes.
De plus, le bâtiment en lui-même pose de gros problèmes. Le collège date du début des années 70, mais il n’a jamais été rénové. Les murs et les plafonds sont bourrés d’amiante, au point que le sol en soit recouvert de poussière. Aucun accès handicapé n’a jamais été ajouté, et faute de place, des cours de sports ont lieux dans le hall, alors que d’autres élèves y passent.
« Nous sommes allés plusieurs fois au rectorat, et pas que le collège Louis-Aragon. Ils nous écoutent à peine, nous disent qu’ils pensent à nous mais qu’ils ne peuvent rien faire. ».  La situation dure ainsi depuis des mois, et au-delà des professeurs, ce sont les enfants qui sont touchés, et perturbés dans leur éducation. Même si ces derniers ne le remarque pas forcément.

L’éducation des jeunes en sursis

Depuis novembre dernier, la professeure de SVT du collège Elsa Triolet n’est plus là. Et elle n’a toujours pas été remplacé : cela fait donc près de quatre mois que les collégiens n’ont plus cette matière en cours. Pendant le rassemblement, une maman prend la parole. Parent délégué, elle  a déjà demandé de l’aide auprès du rectorat. Et pareil, rien.

« Cela fait des mois que ma fille n’a plus SVT. Le rectorat m’a dit qu’il prendrait ça en compte, mais ça ne veut rien dire. Que fera ma fille l’année prochaine, elle aura un programme différent, plus de travail ? Nous autres parents d’élèves ressentent un véritable sentiment d’abandon de la part de l’éducation. Heureusement, j’ai pris des cours du soir pour ma fille. »

Mais la question de remplacer le professeur reste toujours sans réponse. « Ils nous ont dit qu’on aurait peut être quelqu’un fin juin. Une autre professeur du collège a heureusement pu donner quelques cours, mais ce n’est pas assez pour les élèves. Et les professeurs n’ont pas forcément le temps de s’occuper d’autres classes.

Les collèges ne sont pas les seuls établissements scolaires touchés par de nombreux problèmes. Les enseignants des différentes écoles se sont regroupés sous un collectif, afin d’avoir une meilleure chance se faire entendre. En attendant, la maire de Vénissieux, Michèle Picard (PCF) participe à quelques rassemblement, ainsi que quelques autres élus, souvent parents aussi.

La rédaction

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