Lucile Morel : “ La gauche doit reprendre sa place à Bron”

Conseillère municipale d’opposition et figure de l’alliance de la gauche à Bron, Lucile Morel revient sur son parcours, l’union de la gauche, ses priorités pour 2026 et son regard sur le mandat du maire sortant Jérémie Bréaud (LR).

À 36 ans, Lucile Morel est engagée dans la vie politique brondillante depuis 2008, lorsqu’elle est élue conseillère municipale sur la liste d’Annie Guillemot à seulement 19 ans . Aujourd’hui conseillère municipale d’opposition, fonctionnaire territoriale et jeune mère, elle mène une alliance de gauche plurielle pour les municipales de 2026, avec l’ambition de réduire les inégalités, d’adapter la ville au changement climatique et de renforcer la prévention et le lien social dans tous les quartiers.

Entretien avec Lucile Morel candidate pour le gauche unie pour les élections municipales 2026 sur Bron :

Lyon Bondy Blog : Est-ce que vous pouvez vous présenter pour les électeurs de Bron qui ne vous connaissent pas forcément ?

Lucile Morel: Je suis conseillère municipale à Bron depuis 2008, élue à 19 ans sur la liste d’Annie Guillemot, puis réélue pour le mandat 2014-2020, et depuis 2020 je suis conseillère municipale d’opposition au sein de l’alliance des partis de gauche. Nous sommes six élus du Parti socialiste, une élue communiste, deux élus écologistes et une élue Génération·s . A côté de cela, je suis brondillante depuis 32 ans, investie dans de nombreuses associations, fonctionnaire de la fonction publique territoriale et jeune maman d’un enfant de presque 3 ans.

L.B.B : Au niveau national, les forces de gauche s’affrontent, notamment entre Insoumis et socialistes. Localement, à Bron, pourquoi n’y a-t-il pas d’accord avec les Insoumis ?

Lucile Morel : Les insoumis appliquent aujourd’hui des décisions nationales qu’ils déclinent dans toutes les communes. De notre côté, nous n’avons jamais fermé la porte, toutes les discussions sont possibles avec LFI, mais ils ont annoncé leur candidature en premier et partent seuls au premier tour, nous verrons bien ce qu’il adviendra par la suite.

L.B.B: La mairie a basculé à droite en 2020 avec l’élection de Jérémie Bréaud. Quelles sont vos grandes priorités pour 2026 ? Donnez-nous vos trois axes principaux de campagnes

L.M : Le premier axe, c’est la réduction des inégalités et la prise en compte de tous les citoyens de la ville : Bron est marquée par une forte mixité sociale, avec des quartiers très pauvres comme Parilly et d’autres très favorisés, c’est cette diversité qui a toujours fait l’identité de la commune. Le deuxième axe, c’est l’adaptation au changement climatique, avec un plan de rénovation et d’isolation thermique du parc immobilier communal – écoles, gymnases, stades, bâtiments anciens – pour apprendre à vivre avec des canicules qui se répètent d’année en année. Enfin, le troisième axe, c’est la sécurité et la tranquillité publique par la prévention, en mettant des moyens dans les centres sociaux, maisons de quartier et associations, afin de reformer des acteurs de terrain et de proximité.

L.B.B : Concrètement, que voulez-vous dire par « remettre de la proximité » en matière de sécurité ?

L.M : Aujourd’hui, on voit des baisses de subventions énormes pour beaucoup d’associations et de structures comme les maisons de quartier ou les MJC, certaines ayant dû licencier, augmenter leurs tarifs ou même fermer, comme une maison de quartier aux Genêts. Pour nous, la prévention de la délinquance passe par ces cadres éducatifs et associatifs qui offrent aux jeunes un autre chemin que la délinquance. Il faut associer ce travail avec une police municipale visible, accessible grâce à des permanences dans les quartiers et une présence jusque dans les périphéries de la ville.

L.B.B : Vous parlez aussi de « rendre la police aux habitants ». Qu’est-ce que cela signifie ?

L.M : Cela signifie que les habitants doivent percevoir la police municipale comme un service proche d’eux, qui les soutient et qui est facilement joignable, et non comme une institution lointaine. Cela peut passer par des permanences de la police municipale dans les quartiers, mais aussi par des médiateurs, des animateurs et des professionnels de la jeunesse formés à la prévention, notamment dans les secteurs jeunes et les structures d’animation.

L.B.B : Bron dispose d’un tissu sportif très dense. Le sport peut-il être un levier d’émancipation et de bien-être ?

L.M : Le sport porte des valeurs fortes : le bien-être, le sentiment de liberté, l’idée qu’il est possible de se réaliser, de gagner mais aussi d’apprendre en perdant. Dans le sport, il y a des règles du jeu, l’importance de participer, le partage entre coéquipiers ou avec les adversaires, et les clubs brondillants ont pleinement un rôle à jouer sur ce volet éducatif et citoyen.

LBB : Quels sont, selon vous, trois points positifs du mandat Bréaud et trois points à améliorer ?

L.M : Tout n’est pas à jeter dans ce qu’a fait Jérémie Bréaud, et ce qui a bien fonctionné, nous le conserverons, mais en l’abordant autrement ; la Fête des animaux, par exemple, est une bonne idée qu’on pourrait réorienter vers des enjeux climatiques et alimentaires, en parlant du cycle du lait, de la semaine du goût, plutôt que de rester sur un aspect uniquement « bling-bling ». En revanche, nous regrettons une approche de la culture comme simple consommation, illustrée par la disparition de la Fête du livre, un événement de renommée nationale qui créait du lien intergénérationnel et associait maisons de quartier et centres sociaux ; même si tout n’est pas directement de sa faute, la fermeture d’une maison de quartier ou l’arrêt d’un événement majeur relèvent de la responsabilité politique du maire

La rédaction

Crée en 2008, la rédaction du Lyon Bondy Blog s'applique à proposer une information locale différente et complémentaire des médias traditionnels.

Voir tous les articles de La rédaction →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *