Délégué général de Place publique, Thierry Brochot détaille la stratégie de son parti pour les prochaines élections municipales et métropolitaines : refus d’alliance avec La France insoumise sauf en cas de menace d’extrême droite, ancrage dans les majorités de gauche et promotion d’une démocratie locale plus participative.
Interview
Lyon Bondy Blog : Pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter ?
Thierry Brochot : Je m’appelle Thierry Brochot, je suis le délégué général du parti Place publique, le parti co-présidé par Raphaël Glucksmann et Aurore Lalucq.
L.B.B : On va revenir sur les propositions de Jean-Luc Mélenchon récemment à Lyon, qui ont choqué une partie de la France et votre responsable politique Raphaël Glucksmann. Est-ce que le leader de la France Ia France Insoumise ne va pas trop loin ?
Thierry Brochot : Il y a une expression en anglais qui s’appelle « DOG Whitsle » , qui désigne des signaux qui sont incompréhensibles du grand public mais s’adressent à une partie spécifique de la population. Le fait que Jean‑Luc Mélenchon ait déformé à deux reprises des noms à consonance juive, dont celui de Raphaël Glucksmann, ressemble à « un sifflet de chien » , un message subliminal envoyé à une certaine partie de la population.
L.B.B : Vous faites parti de la gauche unie pour les municipales, notamment dans la métropole lyonnaise. Au second tour, une éventuelle alliance avec LFI serait-elle une ligne rouge à ne pas franchiser ?
Thierry Brochot : La consigne est très claire, Raphaël Glucksmann l’a répété à plusieurs reprises : il n’y aura pas d’alliance avec La France insoumise, ni au premier ni au second tour, sauf en cas de risque de bascule à l’extrême droite.
L.B.B: À Grenoble, comment les choses peuvent-elles se passer ?Laurence Ruffin (Les écologistes-PS) créditée de 33% et en tête dans les sondages, la France Insoumise à 10% et Place Publique et DVG à 8%, comment vous se passer les négociations pour le second tour?
Thierry Brochot : D’abord, les sondages ne sont pas le résultat de l’élection. Il faudra se poser au soir du premier tour, regarder les résultats et, si Laurence Ruffin est en tête de la gauche, examiner la proposition qu’elle pourra faire. L’équipe de Romain Gentil, qui ne se résume pas à Place publique mais rassemble aussi des citoyens, des associations et d’autres partis politiques, verra comment elle reçoit cette offre.
Journaliste : Quelles sont les ambitions de Place publique pour ces municipales au niveau national ?
Thierry Brochot : Pour Place publique, c’est un dispositif complètement inédit. Lors des municipales de 2020, nous avions seulement quelques dizaines de candidats ici ou là. Au cours du mandat, de nombreux élus nous ont rejoints et nous comptons aujourd’hui environ 450 élus municipaux. Nous avons désormais un dispositif de grande ampleur pour rejoindre les majorités de gauche dans un certain nombre de communes où nous n’étions pas présentes, tout en conservant les quelques mairies que nous détenons, comme le 20ᵉ arrondissement de Paris, Saint‑Brieuc, L’Haÿ‑les‑Roses et d’autres.
L.B.B : Depuis 2024, comment a évolué le nombre d’adhésions à Place publique ?
T.B : Il a plus qu’augmenté, il a explosé. Nous sommes passés d’environ 2 000 adhérents avant les élections européennes à environ 11 000. Cette croissance s’est produite en trois mois autour des européennes de 2024.
L.B.B : Pour ces élections municipales et métropolitaines, disposez-vous donc de nouvelles troupes fraîches pour mener le combat politique ?
Thierry Brochot : Exactement. Nous avons démultiplié le nombre d’adhérents et, mécaniquement, le nombre de candidats présents sur les listes.
L.B.B: Présentez-vous des listes partout en France ?
Thierry Brochot : Dans toutes les régions et pratiquement tous les départements, il y a des listes sur lesquelles figurent des membres de Place publique, des candidats présentés par le parti. Il y en a dans les principales villes, dans toutes les préfectures et dans toutes les communes de plus de 40 000 habitants, avec très peu d’exceptions.
L.B.B : Quels sont les trois axes que la Place publique veut défendre pour ces élections ?
Thierry Brochot : Place publique est un parti de gauche, qui participe à des syndicats, coalitions et rassemblements de la gauche démocrate et écologiste. Un de nos points forts, c’est notre positionnement pro‑européen et social‑démocrate, c’est‑à‑dire une gauche de gouvernement. Enfin, un axe très fort de notre identité est la co‑élaboration et la participation citoyenne : nous voulons être en pointe sur les conseils de quartier, les budgets participatifs et, plus largement, l’association de nos concitoyens à la décision publique.
L.B.B : Plusieurs candidats aux municipales ont refusé de participer à des débats publics. Pour Place publique, le débat est pourtant central. Faut-il remettre le débat public au cœur de la démocratie française ?
T.B : Oui, forcément. C’est toujours bon de débattre et de se parler. Quand des candidats refusent les propositions des médias d’organiser un débat, ils écorchent un peu la démocratie. Nos concitoyennes et concitoyens ont le droit de savoir et de voir les candidats échanger sur des thématiques et confronter leurs projets.
L.B.B : Pour conclure, avez-vous un dernier message à adresser à vos militants et plus largement à la population ?
T.B : Place publique va prendre toute sa place pour conserver un maximum de villes dans le giron de la gauche démocrate et écologiste. Nous prenons également toute notre part pour lutter contre les idées que nous jugeons néfastes de l’extrême droite et assumerons toutes nos responsabilités





