Desperate Rom’s Life 1.1. Un quotidien précaire

Deuxième volet des aventures de Safir et Stéphane dans un camp de Roms de l’agglo. Cette semaine, on parle des baraques, des petites maisonnettes faites de bric et de broc, et dont la solidité laisse à désirer.

enfants camps roms
Narchissa 6 ans, sœur de Romika 3 ans, ainsi que leurs cousine Mia 3 ans et demi, mangent un sandwich.

« La baraque » est le terme utilisé par la communauté pour définir l’habitation. Celle-ci est une petite maisonnette faite de matériaux trouvés dans ou à côté des poubelles comme des palettes ou des planches en bois, des tuiles cassés. Parfois le tout est entouré de papier mâché pour une isolation plus importante. Ces habitations pourraient s’effondrer et provoquer des blessés. Tel a été le cas pour la famille Serjiu qui, après une expulsion, a du squatter un autre camp et construire une habitation dans la précipitation.

L’expulsion étant intervenue le matin, le père de famille Roméo devait construire une «  baraque » avant que la nuit tombe, pour que ses cinq enfants, Roméo junior 3 semaines, Romika 3 ans, Narchissa 6 ans, Argantina 9 ans et Maline 12 ans (notre interprète exclusif) puissent y dormir à l’abri d’un orage qui menaçait d’éclater à tout moment. L’habitation n’aura tenu que quelques jours suite à cette précipitation. Cela dit ce recyclage pour la construction des petites maisons de fortunes a un intérêt public. Il permet en quelque sorte d’alléger les charges des citoyens sur les ordures ménagères qui en effet restent à la charge des habitants du quartier.

Les enfants s’occupent de l’eau

N’ayant pas d’eau courante à leur disposition, l’hygiène laisse à désirer. En ce qui concerne l’approvisionnement en eau, les enfants de 5 à 12 ans ont un rôle quasi exclusif. Leur va et vient est quasi incessant tous les jours de 17h à 22h. De manière générale, ils prenaient des bidons qu’ils trimbalaient sur une poussette, ou un autre engin du même genre, pour pouvoir se déplacer plus facilement avec leurs petites mains jusqu’au point d’eau le plus proche. Ce dernier est une bouche à incendie qu’ils avaient démonté pour qu’elle leur délivre de l’eau.

Le reste du temps, les enfants s’occupent comme ils peuvent avec des jouets cassés qu’ils ont trouvé, comme par exemple une trottinette à laquelle il manquait une roue. Tous les enfants étaient pieds nus dans un camp jonché de boue et de verre cassé. Les enfants de moins d’un an se déplaçaient nu, à quatre pattes, pleins de boue ou de poussière de la tête aux pieds à force de trainer. Nous avons noté aussi que l’une de leur occupation était de faire la manche devant les boutiques situées près du camp, suscitant l’inimitié des commerçants. En effet plusieurs enfants âgés entre 3 et 13 ans se donnaient souvent rendez-vous devant un tabac situé à moins de 100 mètres du camp pour mendier en s’amusant. Contrairement à ce que l’on peut dire, s’agissant de ce camp, cette initiative émanait strictement des enfants et d’aucun adulte. La preuve de cela réside dans l’utilisation des fonds résultent de la mendicité. Ces deniers servant strictement à l’achat de bonbons ou de boissons fraiches durant les grandes chaleurs d’été.
Dès lors une question nous vint à l’esprit « mais que font les parents ?» Ils vaquaient à d’autres occupations…

Le précédent volet de notre dossier sur le camp de Roms :
Desperate Rom’s Life 1.0. Un premier contact fort en impressions

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